PLAQUEMINIER
Le Diospyrofi Si-Tche Bunge, ou Plaqueminier du Japon, paraît être le type botanique des nombreuses variétés horticoles cultivées depuis des siècles dans FAsie méri-
Fig. 44. — Diospyros kaki.
dionale, au Japon notamment, et introduites depuis une trentaine d'années en Europe, principalement dans la région méditerranéenne.
D. costata, fruit orangé, globuleux, à côtes plus ou moins prononcées, gros, ordinairement sans pépins, une des variétés les plus connues et très répandues sur le littoral algérien.
D. Mazeli^ fruit orangé, globuleux, très voisin du précédent, à chair moins ferme avec de rares pépins.
D. Hatchuydy fruit rouge vif, gros, 0"*,30 de circonférence sur 0°*,09 de haut, à pulpe presque liquide, très sucrée, à pépins, très bon.
Rivière bt Lkcq. — Cultures du Midi. 21
Z). Kouroukouma tomate, fruit légèrement aplati et côtelé, de 0*,23 de circoûf^ence, à pépins, très bon.
D. Sûhntiy gros fruit, à pépins, bon.
D. Touroukou Kaki, fruit très gros, arrondi, rouge doré, très bon.
D. Tiodemon, fruit très gros de 0™,20 à 0'°,22 de circonférence, pulpe sucrée et ferme, chair presque noire à maturité, très productif. Un des meilleurs.
D. Guillaud ou Lycopersicum, un des plus gros fruits, dépassant 0"*,25 de circonférence, déprimé, forme et couleur de tomate, pulpe jaune brun, sucrée, sans pépins.
Beaucoup de variétés sont sans valeur et à fruits très petits, D. Kouroukouma ordinaire, lucida, etc. D. Perquiniana est même mauvais
Des espèces sont conseillées pour le séchage.
Toutes ces variétés se plaisent dans une grande zone provençale, remontant jusque dans le Gard et dans tout le climat marin de la côte africaine, même aux altitudes modérées.
En automne et au commencement de Thiver la maturité de ces variétés, un peu trop brusque, jette sur les marchés de la France une grande quantité de ces fruits, originaires de la Provence, où ils sont encore peu appréciés. Il en est de même en Algérie où ils ne peuvent prendre place parmi les articles d'exportation.
Périodiquement la fructification de ces arbres est considérable ; il convient, pour avoir de beaux fruits, d'en supprimer une grande partie dès leur formation.
Cueillir le fruit mûr et le laisser blétir sur tablette, en lieu sec. Sans maturité parfaite il est astringent, âpre et de mauvais goût.
Les Plaqueminiers de ce groupe sont des arbres de facile culture et de plantation à racines nues en hiver.
On gvefîe sur Diospyiy)s lotus, sujet très vigoureux, dont le plant provient de semis. On greffe en fente en pied ou ^r tige en février-mars et en écusson en juin-août.
Vtll. — Plantes finiltières indigènes.
Le climat méditerranéen convient mi^ux aux fruits à noyaux qu'à ceux à pépins, ces derniers ayant à supporter; surtout dans leur phase fructifère, les ardeurs et les sécheresses de Tété, contraires à leur nature.
Les fruitiers à noyaux, grâce à un hiver clément et à une précocité innée, en partie due à la variété, entrent vivement en végétation sous les premiers effets de la chaleur et de la luminosité printanières et parcourent rapidement leur phase de fructification avant l'arrivée des météores estivaux qui leur sont défavorables : quand ces derniers se manifestent, la plante a pour ainsi dire terminé son rôle économique.
Bien au contraire, les fruitiers à pépins dont les origines ne sont pas de milieux secs et chauds et qui ont besoin d'un délai plus long pour former leurs fruits, se trouvent dans une ambiance défavorable où dominent l'insolation vive, l'insuffisance de pluie et la sécheresse atmosphérique avec des vents brûlants. Dans l'Afrique du Nord ces fruitiers se trouvent à la limite extrême de leur aire géographique et ils y souffrent particulièrement de l'exagération actinométrique et du siroco qui parfois brûlent et dessèchent la végétation.
Dans le Midi, sans parler de sa partie ouest à végétation moins hâtive, l'arboricuUure fruitière s'est spécialisée avec raison dans la production en primeur des fruits à noyaux. Tous les efforts de la culture ont pour but l'obtention de fruits hâtifs, suffisamment mûrs et présentables le plus tôt possible dans la saison printanière. Cette grande région est bien servie par les maturités successives créées par les stades du climat marin, depuis le littoral jusque dans les plaines du Rhône, aux environs d'Avignon. Quoique entravée par le mistral dans la partie découverte du pays, la végétation des arbres à
basse tige, protégés par des abris, donne en moyenne des rendements satisfaisants de nature à justifier l'importance toujours croissante des vergers de cerisiers et de pêchers notamment.
Dans les parties les plus méridionales, on constate aussi Textension des cultures des vignes précoces, des Chasselas surtout, qui dans certaines expositions privilégiées produisent des raisins très précoces grâce à quelques abris ingénieux contre les cas de froid par rayonnement.
Le continent africain dont le climat sans extrêmes a une si faible étendue en profondeur, convient peu à cette arboriculture fruitière ; il est beaucoup moins favorisé que la Provence, même pour la production des fruits à noyaux. Dans le Nord de l'Afrique il n'y a guère de place pour l'exportation de ces produits, étant donné que les époques de maturité sont sensiblement les mêmes qu'en Provence, que la qualité est moindre et que l'emballage spécial nécessité par la traversée, ainsi que la durée et l'effet de celle-ci, constituent un désavantage.
Le séchage des fruits, abricots et prunes, ne semble pas constituer une opération économique à conseiller, en raison du peu de fertilité et de qualité de ces fruits et de leur bas prix secs sur les marchés. Certaines années d'abondance, dans le Vaucluse, pays des abricots de choix, ces fruits sont donnés aux animaux.
Les fruits à pépins ne sont guère à leur place dans le climat de l'Algérie et de la Tunisie, pays franchement importateurs de poires et de pommes.
En effet, l'Algérie importe annuellement sous la rubrique poires et pommes pour environ 350,000 francs de ces fruits.
Dans le Nord de l'Afrique, l'arboriculture fruitière n'a donc à envisager, pour les espèces à noyaux et à pépins, que la production destinée à la consommation locale, du reste insuffisamment alimentée et à des prix inabordables pour la masse des classes ouvrières.
Seules, quelques régions montagneuses du versant septentrional de l'Atlas, de la Kabylie et celle du cap Bon en Tunisie, à climat modéré, peuvent présenter des territoires relativement favorables à ce genre de fructification qui redoute absolument Faction du climat steppien. Si quelques-uns de ces fruitiers se montrent à la limite saharienne, leurs produits sont tout au plus bons pour le consommateur indigène : tels sont les abricots.
Quand les fruits du Cap et de l'Australie sont venus sur les marchés français pendant l'hiver, on a émis cette opinion irréfléchie que l'Algérie pourrait envoyer les mêmes produits aux époques semblables, oubliant que les régions précitées sont dans un autre hémisphère, à saisons inverses, que le Nord de l'Afrique cultivable n'est que le prolongement du domaine méditerranéen soumis aux lois saisonnières de l'Europe, et que plus au sud, par suite du brusque relèvement en Hauts-Plateaux, le régime hivernal égale celui du centre de la France.
Si la situation de ces espèces fruitières n'est pas en progrès en Algérie, où elles auraient pu cependant satisfaire dans une plus large mesure les besoins de la consommation locale, cela tient en grande partie à ce que toute l'expérimentation des végétaux depuis la conquête a été dirigée inconsidérément sur la flore exotique et que le plan du maréchal Bugeaud a été trop tôt abandonné. En effet, ce gouverneur agriculteur, connaissant déjà la diversité climatérique de l'Algérie, avait fondé les pépinières régionales dont la chute s'est produite au moment où des résultats pratiques commençaient à être acquis : ces premiers essais avaient démontré tout au moins le peu de résistance des cultures exotiques, détruites au premier froid.
On pensa ensuite, et c'est encore le programme actuel, faire rayonner les essais tentés aux portes d'Alger en en généralisant les résultats par leur application à tout le territoire algérien ; de là l'insuffisance et même l'absence
de tous renseignements sur l'état végétatif des arbres fruitiers dans chaque région y sur la détermination de la variété y convenant, sur l'influence du sujet, du grefîage et du surgreffage, de là le défaut de toute donnée sui' la création de variétés ou de races locales qui auraient pu être obtenues.
Consulter le Traité de la culture fruitière commerciale et bourgeoise de Ch. Baltft, Paris.
Les fruits à pépins, poilues, pommes, coings, framboises, etc., n'étant guère à leur place dans la zone envisagée ici, leur culture offre moins d'intérêt.
Les fruitiers, objets d'un commerce important, sont donc seuls à traiter avec plus de détails.
1. Abricotier, Armeniaca vulgaris Linck. — Rosacée- Amtjgdalée arborescente, quelquefois un gros arbre dans la région méditerranéenne, des terrains profonds, légère, chauds, sans humidité hivernale du sous-sol. Étant de floraison précoce, l'abricotier craint les intempéries printanières, surtout les gelées tardives, et ces incidents météoriques expliquent sa fructiflcation irrégulière.
L'arbre se signale par la hâtiveté de sa production : dès la deuxième année de plantation d'un arbre formé, la fructification est assez abondante.
Conduite de l'arbre à haute ou basse tige, suivant la violence des vents dominants : la taille, pratiquée seulement aux premiers âges, a pour but d'évider la tète et de lui donner la forme de gobelet, plus favorable à la belle coloration des fruits.
Multiplication, — Sauf quelques races qui se maintiennent à peu près par semis. Abricotiers Pécfipy Angoumois, AlbergCy les abricotiers sont multipliés par grefTe sur sujets plus vigoureux que le franc; les principaux