FORME ANATOMIQUE
gue la phase initiale de la tuberculose pneumonique.
Les développements qui précèdent me permettent de passer rapidement sur les causes qui, d'un point de vue général, rendent la PiiTHisiE pneumonique plus particulièrement accessible à la curabilité ; il suflira de lesrésumerànouveau. Cette formede phthisieestle plus souvent acquise et primitive, ou bien elle est liée à la scrofule, et participe alors au bénéfice virtuel conféré par cette éliologie spéciale; les accidents extra-pulmonaires sont nuls ou tardifs, les lésions sont ordinairement unilatérales ; elles demeurent longtemps ou définitivement limitées à l'étendue qu'elles ont envahie, au moment de l'attaque initiale.Voilà les circonstances favorables ; mais il va de soi qu'elles n'existent que dans la tuberculose pneumonique qui arrive à la phase de chronicité. Durant sa première période, cette forme présente au contraire un danger de chaque instant ; elle peut tuer dans cette période aiguë de l'explosion sans que l'acuité ait été un instant interrompue, constituant alors une forme aussi grave {plilhisie galopante) que la granulose miliaire aiguë, dont elle est le représentant exact dans l'histoire clinique du gros tubercule, ou tubercule pneumonique. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette question de marche, lorsque nous étudierons le traitement de cette < )rme. Mais, je le répète, lorsque la maladie permet l'établissement de l'état de chronicité qui fait laphthisie proprement dite; lorsque, d'autre part, les conditions cidessus indiquées sont exactement réalisées, cette forme est celle qui me paraît présenter l'éventualité la meilleure au point de vue de la guérison possible ; dans cette situation relativement favorable, il n'y a plus à compter
JACCOUD. i
qu'avec l'éLat général du patient, et avec les poussées secondaires, pneumoniques ou granuleuses, adjonction malheureusement trop fréquente, et qui, dans un espace de temps très court, peut modifier du tout au tout l'évolution de la maladie. Yous trouvez dans cet exposé la justification du pronostic tout spécial que j'ai précédemment assigné à la tuberculose pneumonique ; ce pronostic a ceci de particulier qu'il est au début plus grave que dans toutes les autres formes, la granulose miliaire aiguë exceptée, tandis que dans les phases postérieures à l'explosion aiguë, il est moins grave que dans l'une quelconque des autres modalités.
La plupart des faits de guérison, absolue ou relative, qu'il m'a été donné d'observer (je vous en ai cité précédemment de remarquables exemples), appartiennentàla \forme pneumonique de la tuberculose, et je trouve là une confirmation positive des idées que je viens de vous ■'exposer au sujet de la curabilité respective des deux formes.
Cela dit, je dois vous mettre en garde contre une grave erreur d'interprétation, qui aurait pour effet d'exagérer au delà de toute vérité, je dirai même de toute vraisemblance, la possibilité de la guérison pour la phthisie pneumonique. La tuberculose pneumonique (pneumonie et bronchopneumonie tuberculeuses) n'est pas la seule maladie, qui, avec un début aigu, donne lieu à des lésions persistantes du parenchyme pulmonaire ; il faut tenir compte de la bronchopneumonie simple, laquelle, dans sa forme subaiguë et dans sa forme chronique, est caractériséepardes altérations, dontles signes stéthoscopiques présentent une étroite analogie avec ceux des pneumonies