FORME ANATOMIQUE
tuberculeuses; ces états peuvent engendrer à la longue une véritabloconsomption ;ilspeuventêtreditScà ce point de vue, des états phthisiogènes; mais il n'est pas moins vrai qu'ils sont étrangers à la diatlièse tuberculeuse et à la pbthisie telle qu'elle est aujourd'hui définie ; il n'est pas moins vrai qu'ils ont une gravité moindre que les états pncumoniqùes tuberculeux, et si l'on méconnaît cette distinction, on comptera bien à tort au profit de la tuberculose pneumonique des faits favorables, qui appartiennent en réalité à la bronchopneumonie simple, subaiguë ou chronique.
Dans la partie pathologique de ces Leçons nous avons longuement étudié cette obligation particulière du diagnostic, je n'y reviens pas; je vous rappelle seulement qu'elle est entourée de nombreuses difficultés, puisqu'elle ne peut recevoir aucune lumière certaine et sulfisante, ni de la marche initiale de la maladie, aiguë à son début dans les deux cas, ni des signes stéthoscopiques, ni même des conditions pathologiques qui ont pu précéder immédiatement les accidents pulmonaires ; la rougeole, la coqueluche en effet peuvent également produire la bronchopneumonie simple et la tuberculeuse; toutefois la situation est un peu plus nette, lorsque la maladie antécédente est la fièvre typhoïde ou la diphthérie, ces deux affections étant ordinairement l'origine d'une bronchopneumonie simple. Dans bon nombre de cas, le diagnostic pourra être aidé par la considération du siège des lésions, les pneumonies tuberculeuses ayant pour les lobes supérieurs une prédilection qui est étrangère aux formes simples; mais ce caractère différentiel n'est pourtant pas absolu, de sorte qu'en résumé les éléments
vraiment importants du diagnostic ne peuvent être fournis que par les antccédenls de famille, par les antécédents individuels (scrofule), par la présence ou l'absence des signes révélateurs de la dialhèse innée ou acquise, par la disposition lobaire du foyer initial, laquelle, sans y être constante, est exclusivement propre à la tuberculose pneumonique, par la fréquence et l'abondance des hémoptysies qui manquent d'ordinaire dans les formes simples, enfin par la rapidité de l'état de consomption qui est beaucoup plus précoce dans les formes tuberculeuses.
Telles sont à grands traits. Messieurs, les multiples obligations du diagnostic relatif aux pneumonies tuberculeuses; ces obligations, je crois les avoir scrupuleusement et exactement remplies à propos des faits que je vous ai présentés comme exemples de guérison ; dans ces faits, du reste, il s'est toujours agi de la disposition lobaire qui est la plus caractéristique ; et sous le bénéfice de ces explications, je n'ai rien à retrancher de mes propositions sur la curabilité de cette forme de phthisie.
Après cette digression nécessaire qui préviendra, je l'espère, toute confusion, nous devons revenir à l'examen des conditions qui influent sur la curabilité de la phthisie pulmonaire, et envisager à ce point de vue quelques-uns des principaux symptômes de la maladie. C'est de quoi nous nous occuperons au début de notre prochaine séance.