LAITS MÉDICAMENTEUX
lïiùle à la nourriture quotidienne d'une vache 80 grammes de poudre d'os calcinés, chaque litre de lait renferme de 2 à 3 grammes de phosphate de chaux tribasique ; peutêtre même ce chiffre est-il au-dessous de la vérité, car Daremberg, dans une communication orale qu'il a bien voulu me faire, m'a déclaré qu'en opérant sur des chèvres, et en leur faisant absorber chaque jour 80 grammes de poudre d'os et 10 grammes de sel marin, on arrivait à avoir 10 grammes de phosphate dans un litre et demi de lait, ce qui représente un peu plus de 6 grammes et demi par litre. Il est possible que cet écart tienne surtout à la diversité de l'espèce animale, mais il résulte de ces données que, sans compliquer aucunement le régime thérapeutique du malade, on peut, au moyen des laits phosphatés de vache ou de chèvre, le soumettre, en cas de besoin, à une médication phosphatique à dose efficace .
La même méthode vous permettra de remplir au moyen du lait iodé l'indication qui se présente dans la phthisie scrofuleuse, lorsque vous ne pouvez réussir à faire tolérer l'huile de foie de morue en quantité suffisante. La glycérine répond bien, alors comme toujours, à l'indication de l'hypotrophie qui est commune à toutes les phthisies; mais, si l'on s'en tient là, l'indication causale particulière issue de l'origine scrofuleuse de la maladie sera négligée au grand détriment du malade ; le lait iodé vous offre le moyen de remplir cette obligation importante, sans troubler, sans compliquer l'ensemble du traitement.
J'en ai fini. Messieurs, avec les indications constantes et variables des périodes apyrétiques de la phthisie
l'J8 TRAITEMENT DE LA PHTUISIE COiMMUNK.
- lenLc ou commune, et nous devons maintenant envisager les phases fébriles de la maladie.
De même- que l'apparition de la fièvre marque une nouvelle étape dans l'évolution de la tuberculose, de même elle introduit dans la situation thérapeutique une modification constante; car cette fièvre doit être traitée, et cela constamment, imperturbablement. La lièvre est par elle-même un processus de consomption; c'est là, vous le savez, un de mes principes fondamentaux; conséquemment, quoique la fièvre ne soit ici qu'un élément symptomatique, il n'en est pas moins nécessaire, urgent, de la combattre. En délivrant le malade de la fièvre, vous le soustrayez à un travail de dénutrition rapide qui, abandonné à lui-même, va précipiter la consomption; de plus, vous diminuez la durée de l'interruption dans le traitement fondamental; enfin, vous sauvegardez les fonctions gastriques, et vous prévenez, au moins dans la mesure du possible, le développement d'un état dyspeptique qui est trop souvent définitif. Donc la fièvre doit être traitée; cette obligation est à mes yeux l'une des plus impérieuses de la thérapeutique dans la phthisie pulmonaire.
Mais pour diriger au mieux ce traitement, pour apprécier avec exactitude et ses effets et la situation du malade, il est essentiel de bien connaître les diverses ORIGINES DE LA FIÈVRE chcz les tubcrculeux. C'est en effet une bien grande erreur que de lui attribuer toujours la même signification, et de se borner dans la pratique à cette notion presque aussi stérile que vague : il y a de la fièvre. Ici plus que jamais, il faut recourir aux lumières de l'analyse pathogénique. Permettez doncque je