UE LA FIÈVRE
VOUS rappelle sommairement les conclusions nouvelles auxquelles l'observation m'a conduit; ces conclusions ont été développées dans la partie pathologique de cet enseignement, je ne m'attache plus ici qu'aux types fondamentaux.
A un moment quelconque de la maladie, la fièvre peut | être liée aux formations granuleuses primitives ou secondaires dont les poumons sont le siège ; celte fièvre est souvent la plus précoce de toutes; dans l'immense majorité des cas, elle est intermittente, quotidienne, à accès vespéral dont les trois stades sont plus ou moins nettement accusés ; le déclin a lieu dans la nuit, bien avant le matin. Par exception rare, l'accès a lieu le matin de bonne heure, et c'est à l'exploration du soir qu'on trouve le minimum thermique de la période de vingt-quatre heures; c'est une variété du type inverse, qui est assez fréquent dans la granulose mihaire aiguë. Cette forme p eut être rémittente, c'est-à-dire subcontinue avec une forte rémission matinale, mais cela ne se voit guère que dans les formations granuleuses secondaires, c'est-à-dire à une époque avancée de la maladie. En raison de son origine, j'appelle cette fièvre, fièvre de granulation ou de j tuherculisation.
A un moment quelconque de la maladie, la fièvre peut être liée au développement de foyers pneumoniques ou bronchopneumoniques, tuberculeux ou simples ; celte fièvre est subcontinue, à maximum vespéral; elle dure autant que l'inflammation intercurrente ; elle ne s'éloigne guère par ses caractères de la fièvre symptomatique d'une bronchopneumonie primilive. C'est la fièvre d'inflammation.
A partir de la période du ramollissemenl tuberculeux, deux autres éventualités pyrctogènes viennent s'ajouter aux précédentes : la fièvre peut être liée au travail ulcéralif plus ou moins rapide qui aboutit à la formation des cavernes; elle est subcontinue à ascension vespérale comme la précédente; il m'a paru que les rémissions matinales y sont moins accusées, mais en somme je n'ai pas pu saisir de caractère différentiel notable et constant entre ces deux formes ; il est facile, en revanche, de les distinguer par l'examen stéthoscopique, dont les résultats sont fort dissemblables dans les deux cas. J'appelle cette fièvre fièvre d' ulcération ou d'excavation.
Enfin, du début de la phase de ramollissement jusqu'à la fin de la maladie, en passant par la période cavitaire, la fièvre peut être liée à la résorption des produits dont la nécrobiose, les sécrétions bronchiques et caverneuses encombrent le poumon; ces éléments sont pyrétogènes, la fièvre à laquelle ils donnent lieu est à la fois la plus fréquente et la plus redoutable de toutes par sa durée, car elle est indéfinie si elle n'est pas combattue ; elle peut être intermittente à accès vespéral, ou intermittente à type double quotidien, le premier accès ayant lieu vers onze heures ou midi. Mais elle est le plus communément rémittente avec une chute matinale qui ne ramène pas le chiffre thermométrique normal, mais qui est souvent assez marquéepourqu'ilyaitunécartd'un degré et demi à deuxdegrés entrelatempérature du matin etcelledu soir. Dans l'une et l'autre variété, intermittente et rémittente, il peut y avoir un frisson ou quelques frissonnements au début de l'ascension vespérale, et la fin du paroxysme est ordinairement accompagnée de sueurs abondantes.