‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 60 sur 89 · DE LA GRANULOSE MILIAIRE AIGUË · texte numérisé non relu

DE LA GRANULOSE MILIAIRE AIGUË

sortie, fin juillet, le poids était de 33 kilogrammes. Revue en août, cette jeune fiUc nous a présenté une nouvelle augmentation de poids de 3 kilogrammes; en septembre, elle pesait 38 kilogrammes 1/2.

Cinq mois et demi plus tard, le 45 janvier 1880, j'ai revu cette personne et j'ai pu faire apprécier aux élèves de mon service la solidité de sa guérison; la force constitutionnelle avait pris un vigoureux développement, etle poids était de M kilogrammes; c'était encore une augmentation de deux kilogrammes et demi depuis le mois de septembre.

Tel est ce fait remarquable; je n en-ai pasobservé d'autre, mais il me semble qu'il suffirait, fût-ilunique,pour établir au moins la possibilité d'une guérison absolue dans la granulose miliaire aiguë.

Pour être exactement renseigné sur la totalité des éventualités favorables que présente cette forme de tuberculose, il faut tenir compte d'un autre mode d'évolution, qui sans être, à beaucoup près, aussi heureux que le précédent, est pourtant dans l'espèce un incontestable bienfait. Voici comment les choses se passent dans les cas auxquels je fais allusion. Après une durée de quelques semaines, le processus aigu cesse, la fièvre tombe, et la maladie, prenant des allures torpides, passe à l'état chronique, c'est-à-dire que la granulose aiguë fait place à la forme lente et commune de la phlhisie granuleuse. Tout danger immédiat estpar là conjuré, et le patient est rendu à la situation ordinaire des malades affectés de tuberculose chronique. J'ai observé trois exemples de cette mutation, qui,' eu égard à la léthalité rapide de la maladie, est une véritable guérison relative ;

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il s'est agi dans ces trois cas de la forme prolongccdite typhoïde, et je pense que c'est la seule qui autorise une pareille espérance; j'ai à peine besoin d'ajouter que chez ces trois malades les localisations encéphaliques, si communes dans la granulose diffuse, avaient manqué complètement.

En résumé, guérison complète, transformation en maladie chronique, telles sont les possibilités qui atténuent, dans une faible mesure, l'arrêt d'incurabilité absolue prononcé contre la forme aiguë de la tuberculose miliaire.

Dans le but de poursuivre avec quelque chance de succès cet heureux résultat, que convient-il de faire? Après les développements dans lesquels je suis entré relativement à la tuberculose pneumonique, quelques mots suffiront pour vous faire connaître utilement les principes et les moyens de ma pratique en pareille occurrence. Sans me préoccuper de la nature tuberculeuse de la lésion, sans me préoccuper de l'incurabilité ordinaire de la maladie, je traite durant tout son cours la granulose aiguë comme une maladie infectieuse, plus précisément encore comme une fièvre typhoïde hyperthermique- Abattre la fièvre, — diminuer la dyspnée, et combattre les lésions locales, — soutenir les forces, voilà mes trois indications fondamentales, j'y obéis sans relâche. Je rempHs l'indication tirée de la fièvre, non pas avec le sulfate de quinine, mais avec le bromhydrate, et surtout avec l'acide salicylique; ce médicament, vous le savez, joint à l'effet antithermique des sels quiniques une action antiseptique ou antifermentescible, comme vous voudrez l'appeler; action de première importance dans un

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