COMPLEXITÉ DES ÉLÉMENTS DE DÉTERMINATION
bains, douches, inhalations, pulvérisations, appareils pneumatiques; enfin vous ne pouvez négliger la question des installations matérielles qui attendent les malades, tant pour l'habitation que pour la nourriture ; si leur séjour doit amener un changement dans leurs habitudes à cet égard, il faut que ce soit un changement en bien. S'il n'en est pas ainsi, si le baigneur est soudainement privé du confort auquel il est accoutumé; si, par suite de l'exiguïté des locaux, il est obligé par surcroît d'user des bains à des heures incommodes qui abrègent son sommeil; s'il doit être soumis à des inhalations en commun, 'pratique coupable contre laquelle je m'élève de toutes mes forces, parce qu'elle est aussi dangereuse que répugnante; vous pouvez être certains que la cure, quelque bien indiquée qu'elle puisse être d'ailleurs, sera en somme plus nuisible qu'utile.
Il ne suffit donc pas de catégoriser les eaux par groupes fondés sur l'analogie de composition; s'il ne fallait que cela, la tâche serait relativement facile, car on peut arriver sans labeur excessif à établir le parallélisme des groupes chimiques et des groupes pathologiques; mais il faut bien davantage, puisque les éléments multiples d'appréciation que je vous ai énumérés, impliquent la connaissance complète des diverses unités qui forment le groupe. Quand le médecin a déterminé ce dernier, il a fait quelque chose, mais il n'est qu'au début de la solution qu'il poursuit; il doit après cela déterminer, par une sélection non moins éclairée, l'unité la plus convenable dans le groupe choisi ; cette seconde étape de son jugement ne le cède point en importance à la première; en effet, dans nombre de cas, il peut être
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aussi nuisible en se trompant d'unité dans le groupe, qu'en se trompant de catégorie chimique. Déterminez, par exemple, pour un malade l'opportunité des eaux sulfurées sodiques; puis, sans vous préoccuper des autres circonstances, envoyez-le à Amélie-les-Bains, alors que son organisme requiert les conditions climatériques de Cauterets; vous lui ferez plus de mal ou moins de bien que si, vous trompant dégroupe minéral, vous le dirigez sur la Bourboule, dont l'altitude est comparable.
Vous pouvez apprécier par là la diversité et la filiation logique des appréciations successives qu'implique le choix d'une eau minérale. Fixer le groupechimique, voilàlepremier point; cette première solution vous la tirezd'unepart du malade, c'est-à-dire de son histoire entière, actuelle et antérieure, éclairée par celle de sa famille, et d'autre part, des enseignements fournis par l'expérience sur l'adaptation des groupes d'eaux aux divers états pathologiques locaux et constitutionnels, et aux divers modes de la réaction individuelle, sous l'influence de la même maladie. Cette donnée acquise, vous avez à fixer l'unité dans le groupe choisi; cette seconde solution vous la tirez encore du malade, c'est-à-dire de sa constitution, de son excitabilité, de ses habitudes, de sa résidence avant et après la cure, des effets qu'il a pu ressentir à l'oc- • casion de déplacements antérieurs, des particularités symptomatiques de sa maladie, de l'état du cœur et des vaisseaux, et, d'un autre côté, des connaissances plus ou moins complètes que vous possédez sur les diverses stations du groupe, notamment sur leurs conditions climatériques, et sur l'action plus ou moins excitante de l'eau. Alors vous pouvez conclure et formuler votre jugement;