DIRECTION GÉNÉRALE
traitement climatérique chez les phthisiques; la seconde a trait aux conditions d'ordres divers que doit remplir une station médicale, à quelque groupe qu'elle appartienne.
Sur la première de ces questions, direction générale DU TRAITEMENT CLIMATÉRIQUE, je m'éloigue de la pratique ordinaire. Cette pratique peut être résumée en trois mots: variabilité saisonnière de la résidence; voilà la formule. Une résidence pour l'été, une autre pour l'hiver, souvent encore une troisième pour le. printemps, et une quatrième pour l'automne, voilà la méthode, si toutefois il est possible de qualifier de ce nom une manière de faire qui ne peut être inspirée que par l'indifférence, la routine ou le scepticisme.
Je ne pense pas qu'aucune erreur puisse être plus préjudiciable aux malades, et je cherche en vain la cause, ou seulement le prétexte, des pérégrinations successives qu'on leur impose. Poussé par la fatalité qui le domine sous forme de prescription, le malheureux patient se traîne sans répit d'une station à une autre; à peine commence-t-ilà ressentir les bienfaisants effets du repos dans une résidence appropriée, que les exigences trop rapidement renaissantes de la mutation des saisons l'en chassent impitoyablement; il faut qu'il parte, il faut qu'il recommence ailleurs le pénible et souvent dangereux labeur de l'acclimatement; et il va ainsi, et il va toujours de contrée en contrée, victime errante de la phthisie et de la tyrannie médicale, jusqu'au moment où le flot qui l'emporte, le rejetant par un dernier effort, vient le faire misérablement échouer comme une épave abandonnée dans quelque hôtellerie de hasard. Heureux
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encore s'il n'est pas contraint dans ses derniers jours à un nouveau voyage, que l'on ne manquera pas de justifier par de spécieux raisonnements, mais dont la cause réelle est le désir coupable de prévenir l'adjonction d'une unité au tableau nécrologique de la station ! Appliqué de la sorte, le traitement climatérique n'est
plus qu'une formalité, une succession de promenades
plus ou moins bien choisies, plus ou moins nuisibles; il
perd toute valeur thérapeutique.
Et pourtant ce traitement est réellement puissant et efficace, mais à la condition qu'il soit dirigé par d'autres
principes que la formule stérile du chaud l'hiver, et du
frais l'été, et qu'il soit appliqué suivant une tout autre méthode. C'est à quoi je me suis efforcé depuis nombre
d'années, et mon expérience de chaque jour a confirmé
la justesse de mes vues.
Pour moi, Messieurs, le traitement climatérique se
réduit tout entier à une question d'adaptation individuelle, et le problème est le suivant : déterminer, au moyen des enseignements de l'observation, au moyen des documents écrits, et avant tout au moyen de la connaissance personnelle des localités, quelle est la résidence la plus convenable pour un malade donné, voilà l'adaptation ; puis, du moment que cette adaptation est démontrée juste par un commencement d'expérience, s'y tenir imperturbablement aussi longtemps qu'il est possible, voilà le moyen d'obtenir dans leur plénitude les effets salutaires que cette résidence peut produire. Celte loi, qui est mienne, est une révolution complète dans la climatolhérapie; et pourtant, quoi de plus rationnel, de plus simple, je dirai presque de plus