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élémentaire. Ici c'est le climat qui est le remède; s'il est bon, pourquoi le changer ? N'est-ce pas un non-sens? Aucun médecin, je suppose, ne voudrait apporter une pareille inconséquence dans le maniement des agents ordinaires de la thérapeutique: pourquoi donc la réserver pour les agents climatériques ? Je ne puis saisir la raison de cette faute, à moins qu'elle ne provienne delà division vulgaire des stations en stations d'hiver et stations d'été. Quoi qu'il en soit, mon principe et ma pratique sont autres : déterminer r adaptation; s'il est possible, maintenir le malade dans la région choisie aussi longtemps que Vohservation en démontre les bons effets, et qu'il ne surgit aucune contre-indication : voilà toute ma méthode. Une expérience déjà longue me permet de croire qu'elle est vraiment la bonne, et que, si elle n'est pas constamment efficace, elle est du moins toujours utile, et toujours supérieure à l'illogisme aveugle des pérégrinations saisonnières.
Cette méthode, que j'appellerai méthode de la résidence FIXE, par opposition à la pratique ordinaire de la résidence variable, n'est pas seulement avantageuse, elle est d'une absolue nécessité dans le traitement par les climats d'altitude. Il ne s'agit point ici, en effet, de station d'hiver ou de station d'été; il s'agit de l'influence du milieu raréfié et de l'ensemble des conditions climatériques associées à ce milieu; c'est-à-dire qu'il s'agit d'un remède, dont l'action est lente mais certaine lorsqu'il est indiqué, et l'application de ce remède ne doit sous aucun prétexte être interrompue, tant qu'on en peut constater des effets réellement utiles. Je ne vois pas d'inconvénient notable, si l'on observe les transi-
lions ménagées dont j'ai si souvent affirmé la nécessité, à ce qu'on permette au malade de passer chaque année, soit au printemps, soit en été, un à deux mois dans la résidence de sa famille, à condition pourtant que cette résidence n'appartienne pas à une contrée franchement méridionale; mais c'est là l'extrême limite de mes concessions pour ce traitement spécial; je préfère toujours qu'on évite même cette interruption passagère, et par suite je conseille tout d'abord la visite faite par la famille au malade.
11 n'est pas impossible de concilier l'application de mon principe avec une certaine variété dans la résidence : si, sans changer de région, sans avoir à passer par la plaine, le malade peut gagner une localité dont les conditions climatériques soient réellement similaires à tous les points de vue, il peut très bien, si cela lui agrée, profiter de cette éventuahté. Non seulement le déplacement, ainsi entendu, ne présente aucun inconvénient, mais, rompant pour deux ou trois mois la monotonie du séjour, il offre le précieux avantage d'une distraction salutaire, et d'une satisfaction morale toujours désirable. Malheureusement, cette possibilité n'est pas réalisée par toutes les stations de mon premier groupe, il s'en faut; car entre toutes les résidences qui le composent, je ne connais que Davos et l'Engadine qui permettent une pareille migration dans les conditions précises où elle peut être autorisée, c'estcà-dire sans changement excessif dans la pression du milieu atmosphérique. Si nous prenons en effet Davos comme point de départ, nous voyons que de cette localité, dont la hauteur est de 4556 mètres, on peut, sans
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quitter un instant les altitudes comprises entre 1200 et i850 mètres, se rendre sans fatigue à Wiesen, àParpan, à Miïlilen, à Churwalden; ou, mieux encore, dans l'une des stations de la liaute-Engadine, Saint-Moritz, Samaden, Pontresina, Campfer, Silvaplana ou Sils-Maria.
L'hygiène et le confortable spéciaux, et véritablement exceptionnels, des établissements de Davos seront retrouvés dans les hôtels de l'Engadine; et la cure climatérique ne sera pas un instant interrompue, vu l'analogie remarquable des conditions atmosphériques de la saison d'été dans toutes ces localités diverses, qui appartiennent en somme à la même région que Davos. Cet ensemble sans pareil permet donc d'associer le déplacement estival des malades, s'ils le désirent, avec une continuité réelle, et non pas apparente, du traitement auquel ils sont soumis.
En dehors de ces deux ordres de faits, je n'admets aucune interruption dans la cure par le climat d'altitude de 1500 mètres et au delà.
Lorsqu'il s'agit de prophylaxie, le traitement doit être maintenu jusqu'à production d'une restauration constitutionnelle parfaite: un an suffît en général, lorsque l'obligation de la prophylaxie n'est imposée que par les conditions individuelles du sujet; dix-huit mois, deux ans peuvent être nécessaires, lorsque la nécessité de cette lutte préventive est dictée par une influence héréditaire.
S'agit-il delà maladie confirmée dans les phases, dans les individualités, et dans les formes qui indiquent le traitement par le climat d'altitude, aucune limite constante ne peut être assignée à sa durée; il doit être fer-
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mement prolongé, sous réserve des inlerruplions temporaires dont j'ai parlé, tant que le malade en éprouve de bons effets, et qu'il ne survient aucune des contre-indications qui ont été signalées dans mon étude générale. L'adaptation est juste, elle est favorable, il faut la maintenir; quoi déplus évident?
Passons à l'applicalion de ma méthode au groupe des climats de plaine.
On pourrait croire que cette application se heurte alors à de véritables impossibilités, par la raison que les stations de ce groupe, appartenant toutes à la classe de stations diles hivernales, présentent au printemps, et en été surtout, des conditions thermiques qui s'opposent à la prolongation de la résidence. Les difficultés ne sont point en réalité aussi grandes. Pour quelquesunes de ces stations, la région considérée dans son ensemble offre, dans la saison chaude, la ressource de mutations à courte distance, qui permettent aux malades d'échapper à l'action de la thermalité estivale trop élevée, tout en se maintenant en somme dans la même zone cliraatérique. Madère, entre toutes les stations de notre hémisphère, réalise au mieux cette heureuse condition. Les localités riveraines de l'extrémité orientale du lac de Genève avec les sites de hauteurs variables qui les dominent; Méran, dans le Tyrol, Lugano en Suisse, avec les régions d'exposition et d'altitudes diverses qui les entourent, la remplissent également d'une manière plus ou moins satisfaisante.
Il semblerait au premier abord que Pi se avec les Apennins à ses côtés; que Pau avec les vallées pyrénéennes dans son voisinage immédiat; que la Riviera
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médilerrancenne avec ses localités alpestres peu éloignées, olTrent également toutes facilités pour la résidence prolongée. Virtuellement, cela est incontestable, mais dans la réalité de l'application pratique, il n'en est pas ainsi. Pour des raisons diverses, ces stations ne permettent pas de prolonger le séjour d'hiver jusqu'à la fin du printemps; et quand vient le moment de les quitter, rien n'est prêt encore pour la réception des ma^ lades dans les localités qui pourraient leur servir de résidence durant la saison chaude. Cette lacune dans la continuité de la succession enlève à ces régions l'avantage qu'elles pourraient présenter, au point de vue du séjour annuel. Il est bien facile, assurément, de remédier à cet état de choses, et je ne doute pas que cela ne soit fait quelque jour; mais pour le moment, ces contrées ne peuvent être mises au même rang que les précédentes, en ce qui concerne ma méthode de la résidence fixe.
Lors donc que l'individualité du malade et la forme de sa maladie me laissent toute liberté pour le diriger vers ces stations privilégiées, qui, sinon par elles-mêmes, au moins par leur voisinage immédiat, sont conciliables avec une résidence de toute l'année, je m'empresse de le faire, car cet avantage est à mes yeuxune considération de premier ordre; et l'énumération précédente vousprouve que, même en me limitant par cette condition, j'ai encore le choix entre des régions fort dissemblables, qui répondent à des indications bien différentes. Voilà donc une grande classe de faits, dans laquelle l'application de mon principe ne rencontre aucune difficulté sérieuse, quoiqu'il s'agisse de mon second groupe de climats.
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Restent les cas, fort nombreux assurément, dans lesquels l'état des malades impose le choix de. stations de plaine, qui ne présentent pas les mêmes ressources en ce qui concerne la saison chaude; il s'agira par exemple de l'Algérie, de l'Egypte, ou de la Sicile. En cette circonstance, je renonce à la résidence prolongée, et cela pour deux raisons que voici. Pour les malades dont l'état réclame, à l'exclusion de toutes les autres, l'une des stations méridionales que je viens de nommer, cette indication est vraiment dominante, donc je dois m'y soumettre. En second lieu, j'ai le moyen de tourner la difficulté : en effet, pour mon second groupe de climats, qui comprend, vous le savez, la totalité des stations dites hivernales, l'infraction à mon principe de la résidence uniformément prolongée n'a pas à beaucoup près les mêmes inconvénients que pour mon premier groupe, parce que dans les stations de plaine, nous n'avons point à compter avec l'élément modificateur par excellence, tant pour le mal que pour le bien, c'est-à-dire avec l'abaissement de la pression barométrique; par suite, il est possible, il est facile, par un choix judicieux delà thermalité et de l'exposition, de trouver une résidence estivale qui continue en quelque sorte, sans écart notable, l'action climatérique de la résidence d'hiver ; et le déplacement imposé par la saison chaude est sans influence fâcheuse, parce que la dérogation à ma règle est en vérité plus apparente que réelle. Vous voyez donc que dans ces conditions déterminées, moyennant les précautions indiquées relatives à l'isothermie, et n'ayant pas à me préoccuper de la raréfaction de l'air, je puis, sans rien compromettre, sans rupture violente