DIRECTION GÉNÉRALE
de l'accommodalion établie, concilier l'applicalion indirecte de mon principe avec l'intérêt des malades qui ont besoin de passer l'hiver dans les stations méridionales incompatibles avec un séjour d'été.
Je dois vous dire, du reste, que l'application du principe nouveau que je défends n'exige pas constamment la même rigueur, en ce qui concerne les stations de plaine, que j'envisage seules en ce moment ; une importante distinction doit être formulée, qui est basée sur l'origine et la résidence ordinaire des malades. Ceux qui appartiennent aux régions tempérées peuvent passer l'été et le commencement de l'automne dans leur pays, en ayant soin de s'arrêter, pendant les mois de transition d'avril et de mai, dans une région intermédiaire, s'ils ont habité durant l'hiver l'une des stations les plus méridionales du groupe. En ces circonstances, cette manière de procéder ne cause aucun dommage réel; pour une raison quelconque, ces malades sont arrivés au moment où les chmats de montagne sont interdits; ils n'ont plus rien à espérer que des climats passifs purement conservateurs, et par suite, l'abandon printanier de la résidence d'hiver n'équivaut point pour eux à la suspension dangereuse d'un traitement véritablement actif.
Quant aux malades qui ont leur habitation ordinaire dans les contrées septentrionales, je considère le rapatriement semestriel comme un grave inconvénient en raison du contraste trop accentué des conditions météorologiques; du moment qu'il est jugé nécessaire que ces individus passent l'hiver dans l'une des régions qui forment le groupe des stations basses, il faut les maintenir toute l'année sous une influence climatérique de
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même ordre, sous peine de leur faire perdre tous les avantages de leur séjour, et souvent aussi de voir s'aggraver rapidement tous les accidents.
Pour les malades originaires des contrées méridionales de notre hémisphère, la situation est autre; c'est la fin du printemps, l'été et le commencement de l'automne qu'ils doivent passer dans les régions tempérées de l'Europe, et l'expérience ne m'a démontré jusqu'ici aucun inconvénient à leur retour dans leurs foyers pendant la saison d'hiver. Enfin, pour les habitants de l'autre hémisphère, on ne doit pas omettre de tenir compte du renversement des saisons : pour eux, la saison chaude, qui serait nuisible par l'excès de température, correspond à notre hiver; c'est donc pendant cette période-là qu'ils doivent séjourner dans les stations de nos contrées, et c'est à la fin du printemps qu'ils doivent rentrer dans leur pays, s'ils le désirent; ils y trouvent alors la saison dite fraîche, qui continue sans contraste notable les conditions cHmatériques dont ils ont joui durant leur expatriation. Toutefois, lorsqu'il s'agit de malades appartenant aux régions intertropicales , il est encore préférable qu'ils restent plusieurs années hors de chez eux, en raison du peu d'écart des températures d'été et d'hiver dans leurs contrées originelles.
Avant de quitter ce sujet, je dois vous signaler, pour la proscrire de toutes mes forces, une pratique qui tend à s'établir depuis quelques années, et qui consiste à envoyer les malades passer l'hiver dans l'une des stations de plaine, par exemple pour fixer les idées, dans l'une des localités de la Riviera méditerranéenne, et à
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les diriger pour l'été vers les stations les plus élevées du groupe des climats rigoureux, par exemple à Samaden, à Saint-Moritz, ou à Davos. Cette pratique, éminemment préjudiciable aux phthisiques, repose sur une conception erronée du mode d'action de ces deux ordres de climats; ils constituent, ainsi que je vous l'ai montré, deux traitements entièrement différents; pour mieux dire, deux traitements antagonistes, dont la conciliation est impossible. Ces deux traitements doivent malheureusement se succéder dans un trop grand nombre de cas, mais comme traitements alternants ils s'excluent sans réserve. Du moment que la période propice aux climats d'altitude n'existe plus, du moment que le malade est obligé d'en arriver aux climats doux de plaine, le changement doit être définitif en ce qui concerne les stations extrêmes du premier groupe; il n'y a plus de retour possible, pas plus en été qu'en hiver; la raison, c'est que les patients qui ont atteint la seconde phase du traitement climatérique ne peuvent subir sans aggravation certaine, sans accidents notables plus ou moins immédiats, des modifications aussi radicales et aussi répétées dans les conditions de l'hématose et de la mécanique respiratoire et circulatoire. Certes, on ne peut songer à maintenir toute l'année les malades de cette classe dans la localité même où ils passent l'hiver, c'est un point sur lequel déjà je me suis expliqué; mais le déplacement estival qu'impose la thermalité trop forte de la résidence d'hiver doit être renfermé dans les limites moyennes qui constituent un changement, et non pas étendu aux limites extrêmes qui créent une disposition climatérique ; pour l'élément dominant
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de l'allilude, le cliiiïre de 600 à 1000 mètres est le maximum que je concède, les transitions étant d'ailleurs convenablement ménagées; encore ce chiffre n'esl-il pas admissible sans réserve pour les malades qui ont passé l'hiver dans une station riveraine de la mer; il est au contraire parfaitement approprié, et peut même être quelque peu dépassé, s'il s'agit de personnes qui ont résidé dans une station hivernale présentant elle-même une certaine élévation, comme Méran ou la région de Montreux. — Quel que puisse être le motif qui l'inspire, question que je veux me garder d'examiner, la pratique que je viens de vous signaler est absolument condamnable.
J'arrive maintenant, Messieurs, à ma seconde question, celle qui est relative aux conditions que doit remplir UNE STATION destinée aux individus menacés ou affectés de pblhisie pulmonaire.
A quelque groupe que la localité appartienne, les conditions climatériques ne sont que l'un des éléments nécessaires pour lui conférer la valeur d'une station médicale; cet élément peut être jugé le plus important, soit, mais il ne peut suffire en aucun cas, et la négligence des autres circonstances expose le malade à de sérieux inconvénients, tandis qu'elle devient une source de déconsidération pour le médecin qui a conseillé, sans notions suffisantes, une résidence dont le climat est peut-être la seule condition louable. C'est sur ce terrain qu'apparaît dans tout son jour la supériorité du jugement fondé sur une connaissance directe et personnelle des localités. Je vous l'ai dit au début de