‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 23 sur 95 · TRANSMISSIB1L1TÉ DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

TRANSMISSIB1L1TÉ DE LA TUBERCULOSE

le développement de la phthisie, el qui indiquent par suite la nécessité du traitement préventif. Cette obligation est particulièrement impérieuse, lorsque l'individu affecté d'hémoptysie est à l'âge où la tuberculose se développe de préférence, et présente l'habitus organique qui caractérise la prédisposition à cette maladie.

11 ne faut pourtant pas compter absolument sur la présence de ces signes présomptifs, car l'hémoptysie d'origine traumatique a été plus d'une fois suivie du développement de la phthisie chez des sujets qui présentaient tous les attributs d'une constitution irréprochable.

J'arrive à une dernière donnée étiologique qui peut fournir, elle aussi, d'utiles indices à la prophylaxie, et qui est en tout cas bien digne d'intérêt, je veux parler de la traiismissib'ilité fie la maladie , et examiner par suite si dans l'appréciation qui nous occupe, il y a lieu de rechercher les éventualités de contagion auxquelles un individu a pu être exposé.

Aussi longtemps que la transmission expérimentale de la tuberculose n'a été établie que par la méthode de l'inoculation, on apu dénier à cesfaitstouteapplication rationnelle à la pathologie et à la clinique ; mais lorsque les expériences subséquentes de Villemin et de Chauveau eurent montré que l'ingestion des crachats de phthisiques pouvait avoir les mêmes conséquences que l'inoculation delà matière tuberculeuse ; lorsque les recherches de Klebs sur leseffets produits par l'absorption du lait de vaches tuberculeuses lui eurent permis de conclure : que ce lait produit la tuberculose chez différents animaux; — que cette tuberculose se manifeste d'abord par du catarrhe ^asii'o-intestinal, puis par l'affection tuberculeuse des

glandes mésenlériques, plus tard par la tuberculose du foie et de la raie, et enfin par une tuberculose iniliaire étendue des poumons; — que l'infection tuberculeuse par le lait peut être surmontée par un organisme vigoureux, et que dans ce cas des tubercules déjà formés peuvent guérir par cicatrisation ; — lorsque, dis-je, tous ces faits furent bien et dûment acquis, alors force fut bien de réfléchir, et de se demander ce qu'il fallait penser au vrai de la quiétude absolue inspirée par la notion classique de la non transmissibilitéde la maladie. Cette question était d'autant plus pressante, que déjà alors, je parle de la période de 1869 à 4874, l'observation, éclairée par les données expérimentales, permettait à Ullersperger, à Boineau, à Castan et à Weber de fournir des exemples probants de la transmission spontanée.

Quoique celte date soit encore bien rapprochée de nous, la démonstration de ce fait si important a acquis depuis lorsunebaseplus étendueet plus solide, aussi bien sur le terrain de l'expérimentation que sur celui de la clinique.

Quant au premier, si nous laissons de côté, comme dénuées d'application médicale, les recherches entreprises par Biffi et Verga, et par Senimer, au moyen des injections sous-cutanées et des injections intra-veineuses soit de crachats et de produits tuberculeux, soit de sang et de lait provenant d'une vache tuberculeuse (Semmer), nous nous trouvons en présence des expériences poursuivies par Tappeiner en 1877 et 1878, par une méthode qui rend les résultats incontestablement utilisables pour la pathologie. Avec des crachats de

Page 1