‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 29 sur 95 · HYGIÈNE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE

conduites, l'assimilation semble insuffisante, si la constitution ne se fortifie pas, si la calorificationse fait mal, il faut instituer une médication tonique au moyen des sirops d'iodare de fer et de quinquina, et des substances hydro-carbonées, facilement combustibles, dont l'huile de foie de morue est le type. Chez ces enfants, aucune indisposition ne doit être négligée; on aura soin surtout de ne pas laisser s'éterniser les dérangements intestinaux, qui aggravent infailliblement la débilité que l'on veut combattre. — Il va de soi que les éludes doivent être différées, qu'il faut y procéder avec de grands ménagements, et les faire faire dans la maison paternelle ; nous retrouverons bientôt cette question.

Ces préceptes hygiéniques sur lesquels j'appelle votre plus sérieuse attention, concernent l'enfance; ils constituent en quelque sorte la première étape de la prophylaxie dans les cas trop rares où elle peut faire son œuvre au complet, c'est-à-dire dès la naissance. Les règles dont je vais maintenant vous entretenir sont pour tous les dges, pour toutes les éventualités; j'estime que ces mesures sont toutes également nécessaires pour le succès; malheureusement, les plus importantes d'entre elles sont précisément celles dont l'application rencon- Irc les plus sérieux obstacles.

La première condition du maintien et de l'accroissement de la force organique est la respiration d'un air pur incessamment renouvelé; l'importance unique de ce pabulum vitœ estde connaissance antique, il serait puéril d'insister sur ce fait. Par suite je n'hésite pas à formuler

le précepte suivant : tout individu chez lequel, pour une jaccoud. 8

raison quelconque, le développement du tubercule est considéré comme probable, doit résider à la campagne aussi longtemps que persiste la débilité constitutionnelle suspecte, et que l'âge particulièrement redoutable n'est pas heureusement franchi. Cette résidence doit être permanente, et maintenue l'hiver aussi bien que l'été ; l'air des villes n'est pas meilleur dans la saison froide, tout au contraire, et les chances de refroidissement, du moment qu'on rejette la méthode du confinement, ne sont pas plus grandes à la campagne qu'à la ville; l'avantage est donc indiscutable, et il n'y a pas d'autre moyen de remplir cette obligation fondamentale du traitement prophylactique, vie dans un air pur toujours renouvelé. Il va sans dire qu'on doit se conformer plus rigoureusement que jamais aux règles de l'hygiène touchant l'habitation, elle doit être exempte de toute humidité, en situation élevée relativement aux terrains environnants; la personne qui est en cause ne doit point habiter le rez-de-chaussée, et les chambres qui lui sont affectées doivent de toute nécessité être exposées au midi. La chambre à coucher ne sera occupée que pendant la nuit, et soumise durant le jour à une aération permanente que restreindront uniquement les temps pluvieux; en hiver la température de cette chambre au moment du coucher ne dépassera pas douze à quinze degrés centigrades. Je ne vous recommande pas le précepte américain qui impose l'ouverture des fenêtres pendant la nuit, même dans la saison froide; mais dans l'été je vous conseille de faire tenir ouverte la fenêtre de la chambre voisine dont la porte de communication restera largement béante;

KGSGIÈNfl. 115 vous avez simplement à éviter que le lit soit directement exposé au courant d'air provenant du dehors.

En toutesaison,lemalade,oupourmieuxdirerindividu qu'il s'agit d'empêcher de le devenir, portera de la 11anelle sur le tronc et sur les membres supérieurs, il sera chaudement vêtu sans surchage, même en été il aura soin de se couvrir davantage dans les heures de la matinée, mais vous interdirez absolument l'usage des écharpes épaisses autour du cou, des cache-nez, des capuchons qui emprisonnent la tête; cette habitude est funeste, elle est une cause incessante d'angines, de laryngites et de trachéo-bronchités. — L'alimentation substantielle sera dirigée d'après les règles que je vous ai indiquées il y a un instant, mais il est sage de ne pas recommander une uniformité monotone qui conduirait infailliblement au dégoût et à la perte de l'appétit. Tant que les fonctions digestives sont en parfait état, vous ne craindrez pas d'introduire dans le régime une petite proportion d'aliments gras et féculents. Les moments des repas doivent êtres fixés de telle sorte qu'il s'écoule au moins deux heures et demie entre la fin du repas du soir et le moment du coucher; du reste, il convient que ce repas soit toujours moins copieux que celui de midi. Je prescris toujours en pareille occurrence l'usage du lait chaud bu au moment delà traite, à raison de deux bols par jour, au moins, l'un le matin à jeun, aussitôt après la douche dont je vais vous parler, l'autre dans l'après-midi à dislance convenable du souper; vous n'avez à consulter que le goût du malade quant au choix à faire entre le lait de vache, de chèvre ou d'ànesse;ces deux derniers pourtant sont moins longtemps acceptés sans répugnance, ce

qui est une considération importante; si vous faites choix du lait de vache, vous ne perdrez pas de vue les précautions qu'imposent les faits relatifs à la transmission de la tuberculose par le lait de cette origine, et vous aurez à renseigner les intéressés sur la nécessité d'une surveillance constante des conditions hygiéniques des animaux, notamment en ce qui concerne la propreté de l'étable, l'alimentation partielle par des fourrages frais, et la vie en plein air prolongée aussi longtemps que la saison le permet.

Avec ces prescriptions fondamentales relatives à l'habitation, au vêtement et au régime, votre rôle n'est point achevé, et vous devez régler avec la môme sollicitude le mode journalier de la vie. Je n'insiste pas sur la durée du séjour au lit qui ne doit jamais excéder sept à huit heures au plus, aussitôt après le lever qui doit être matinal, vous recommanderez une douche froide sous forme de pluie accompagnée du jet; très courte d'abord, vingt à trente secondes au plus pour commencer, la durée pourra être portée, graduellement à une minute et même un peu davantage; vous vous réglerez pour ce point sur la facilité de la réaction; la douche sera immédiatement suivie d'une forte friction sèche, et aussitôt habillé l'individu en traitement, après avoir pris une ou deux lasses de lait, fera une marche non interrompue, qui ne sera pas assez prolongée pour amener un sentiment de fatigue. Cette pratique hydrothérapique est un des moyens les plus puissants de la restauration organique qui est le but de vos efforts; en outre elle constitue le meilleur préservatif contre les chances de refroidissement, et elle maintient dans les fonctions de la

Page 1