DE LA FIÈVRE DE RÉSORPTION
lade à l'occasion des mouvements; la gêne, au surplus, est fort médiocre, et il est permis d'en négliger l'éventualité.
Je vous recommande vivement cette méthode; aussi longtemps qu'on a dû faire ces injections avec des solutions additionnées d'acide, qui exposaient à des accidents inflammatoires sérieux, je comprends qu'on ait hésité à y recourir, mais la solution aqueuse de brom hydrate met à l'abri de toute crainte de ce genre, et elle vous offre une ressource précieuse que vous auriez grandement tort de négliger.
J'arrive à ma dernière forme de fièvre, à la fièvre de résorption. Elle peut se manifester dès le début du ramollissement, mais c'est à la phase de ramollissement ulcératif et à la période cavitaire qu'elle présente sa plus grande fréquence ; elle est alors de règle, elle est constante, c'est-à-dire qu'elle se montre, avec une ténacité et une continuité variables, chez tous les malades. Je vous ai dit les caractères propres de cette fièvre, et déjà, par là, vous pouvez la reconnaître ; vous la distinguerez en outre de la fièvre de tuberculisalion initiale par sa date plus tardive, et de la fièvre d'inflammation par la stabilitédes signes stéth oscopiques ; je m'explique : un phthisique, à la deuxième ou à la troisième période, est pris de lièvre; au début de cette fièvre, et dans les jours qui suivent, vous ne constatez aucune modification appréciable dans l'état des lésions, l'origine de résorption est par là même clairement établie. Les faits pathologiques, je m'empresse de vous le dire, ne se présenteront pas toujours avec cette simplicité satisfaisante; mais pourtant, si vous usez avec sagacité du critérium que je vous indique,
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celle méthode d'évaluation proportionnelle entre la fièvre et l'état local, aidée de la notion du caractère intrinsèque, vous permettra dans tous les cas la solution de cet intéressant problème palhogénique.
Cette fièvre de résorption est la plus' redoutable de toutes, c'est la fièvre type de l'état de phlhisie auquel elle est inhérente. La fièvre de tuberculisalion initiale a une durée limitée par les poussées granuleuses ; la lièvre des inflammations intercurrentes et de l'excavalion est bornée par l'achèvement du processus local; mais la fièvre de résorption dure indéfiniment, aussi longtemps qu'il y a des matériaux nuisibles à résorber, c'est-à-dire aussi longtemps que le malade. Ce n'est pas. tout: cette fièvre est de mauvaise nature. Les autres, comme toutes les fièvres, activent la consomption; celle-là amène avec elle la colliquation organique, celle-là est souvent le signal d'accidents intestinaux irrémédiables, en tout cas elle modifie complètement la situation du malade, qu'elle ne tarde pas à marquer de l'empreinte d'une destruction prochaine.
C'est assez vous dire, Messieurs, que cette fièvre doit être combattue avec une infatigable persévérance; on réussit ou l'on échoue, peu importe, il faut agir, agir énergiquement, agir toujours, on peut obtenir de l'insistance ce que l'on n'a pu obtenir de l'intervention initiale. Suivez ces préceptes, conformez-vous à ces principes, et vous aurez, comme je l'ai eue souvent, la satisfaction de voir céder enfin une fièvre opiniâtre, dont la terminaison assurera au malade une nouvelle période d'amélioration et de bien-être relatifs.
Sans doute cette fièvre peut être utilement traitée par