‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 93 sur 95 · DIVISION NOUVELLE DES CLIMATS DE PLAINE · texte numérisé non relu

DIVISION NOUVELLE DES CLIMATS DE PLAINE

serve faite des autres sources de jugement, conviennent à lous les malades, puisque les deux indications qu'ils remplissent sont présentes dans tous les cas; — les climats de la seconde série conviennent aux malades chez lesquels l'une des indications fondamentales est manifestement plus urgente que l'autre, de sorte que c'est, ou bien l'uniformité météorologique, ou bien l'action fortifiante, qui est le besoin dominant ; — les climats de la troisième série, par suite de leur caractère indifférent, semblent convenir dans les deux cas; mais, en raison de leur adaptation plus faible et moins précise, il est bon de ne les utiliser que lorsqu'on ne peut pas faire mieux.

Cette division nouvelle qui est mienne, et qui est fondée sur le rapport variable de l'action du climat avec les deux indications pathogéniques de la maladie, me paraît à la fois la plus féconde et la plus médicale ; certainement, il est rare qu'on n'ait à compter qu'avec ces deux indications; bien souvent d'autres éléments interviennent, qui pèsent d'un poids légitime sur la détermination, l'excitabilité ou le mode réactionnel par exemple, ou bien encore certains états constitutionnels, tels que le rhumatisme et la scrofule; mais il n'est pas moins vrai que ces indications contingentes ne doivent jamais être suivies au détriment des deux autres, et que celles-ci conservent en toute circonstance leur indéniable prépondérance. Dans ces cas à exigences complexes et parfois disparates, on est fréquemment obligé de renoncer à des climats qui seraient parfaitement appropriés aux obligations fondamentales, et de chercher une conciliation qui satisfasse aux nécessités multiples de la situation; mais cette conciliation ne doit

en aucun cas être achetée par la négligence ou la violation des indications primordiales. Il est donc légitime et logique, d'un point de vue médical, de prendre pour base de division des climats de plaine leur action respective sur la préservation locale et sur la restauration constitutionnelle.

Il me serait facile, après mon analyse des conditions climatériques nécessaires, de vous traduire par trois séries de noms les trois catégories que je viens d'établir ; je ne le ferai point cependant : d'une part, ce procédé est empreint d'un absolutisme qui ne saurait me convenir; d'autre part, cette énumération ne vous éclairerait pas d'une manière complète, puisqu'elle laisse en dehors d'elle toutes les indications secondaires. Je me bornerai donc à vous dire, que, d'après mes études et mon expérience, je considère comme types de ma première série, avecquelques nuances distinctives, Madère et Alger; — que dans la seconde, Méran, Montreux et Lugano sont des types de l'adaptation supérieure pour l'action fortifiante; tandis que Païenne et Catane sont des types de l'adaptation supérieure pour la préservation locale; — je vous citerai enfin Pise et Pau comme des types de ma troisième série. Gela soit dit simplement pour fixer vos idées.

Il convient d'ajouter que Madère et Alger, les deux types de ma première série, doivent aussi figurer dans la seconde, en raison de la dualité de leurs effets ; mais comme la puissance de leur action préservatrice locale est supérieure à la puissance de leur action tonique, ces deux stations occuperont dans cette seconde série une place différente selon le point de vue envisagé ;

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