‹ Curarisation et AnesthésieChapitre 28 sur 69 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

Voyons donc, brièvement, les étapes chimiques qui ont permis d'aboutir à la connaissance exacte des formules chimiques des curares et à en dégager la Cfonction » (au sens chimique) que l’on croit responsable de leurs propriétés. Cela nous permettra de comprendre comment on est passé à la synthèse de produits curarisants. |

Les premiers examens chimiques furent faits, comme nous l’avons déjà signalé, par Boussingault et Roulin (20) en 1827, et, presqu’en même temps, par Pelletier et Pétroz (128) : ces auteurs se contentent d'obtenir des précipités bruts, à l’aide d'acide tannique.

Plus tard, CI Bernard signale, dans une note sur le QBulletin Général de Thérapeutique », en 1865 (13), Pobtention, par son élève W. Preyer, d'un produit cris tallisé qu'il appelle Ccurarine » et dont les effets physiologiques sont très supérieurs à ceux des curares bruts. Il en donne même la formule chimique :

GÉHEN s

et la rapproche de la Nicotine.

En 1897, Bœhm arrive à séparer des «extraits » jusque-là obtenus, deux fractions : la Qlævo-curiné ». inactive physiologiquement, et la (tubo-curine » hautement curarisante.

Ces travaux ont donné l'impulsion finale qui à conduit les chimistes modernes à établir avec sûreté, la constitution de ces différents corps.

Le premier, King, à obtenu, en 1935, une substance cristallisée très active, qu’il appelle (chlorure de d-tubocurarine », dont la formule brute est:

CO H O.N ct 88 4416 9 9

HE. WU

Ce corps, qui se présénte sous forme de cristaux transparents, donne une solution parfaitement stable.

Néanmoins, l'application clinique de ce produit n'a pas été immédiate. Il à fallu l (Intocostrin » de Wintersteiner et Dutcher, très riche en chlorure de d-tubocurarine, pour assurer la vulgarisation. Cette préparation, obtenue à partir de Chondodendron Tomentosum contient, en plus, un grand nombre d’alcaloïdes Cternaires » et (quaternaires » dont les activités physiologiques sont très variables.

Nous ne voulons pas entrer dans les détails de ces corps complexes, mais Signalons que l’on peut activer » ceux qui sont sans propriétés curarisantes. C’est ‘ainsi que la base ternaire que l’on obtient, à partir de la «d-chondro-curine », qu'elle soit sous forme d'iodure ou chlorure, acquiert une «lissive-action » trois fois supérieure à celle de la d-tubo-curarine. De plus, on arrive, par méthylation des groupes hydroxyphénoliques libres, de toutes les bases quaternaires, à rehausser considérablement le pouvoir curarisant, même pour le chlorure de d-tubo-curarine, déjà très puissant.

Actuellement, les procédés de laboratoire ont permis de vulgariser l'emploi du chlorure de d-tubo-curarine, présenté, pour le moment, sous deux formes : Intocostrin » et CTubarine »

On à pensé, en étudiant de près, la constitution chimique de ces Corps, pouvoir centrer, sur la fonction (Cammonium quaternaire », qu'ils contiennent tous, le pouvoir curarisant.

C’est en partant de cette idée que les Laboratoires de recherche de SPECIA, après étude d’une série de dérivés d’ammonium quaternaires, ont obtenu comme très intéressant, le

di-iodo éthylate de S'87 diquinoleyloxy 15 pentane

et, plus récemment, le

dihydroxy 1-2 (méthyl 2? phenoxy) -3 propane

Lés Anglais, de leur côté, sont arrivés au même produit de synthèse, qu'ils appellent CMyanesin » et qui a donné des résultats très intéressants entre les mains de Berger et Bradley (11).

MÉTABOLISME

Etudions, maintenant, le comportement biochimique du curare vis-à-vis de lPorganisme.

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