ETHER
Disons, tout de suite, que lemploi de cet anesthésique, du moins en l'absence de combinaison avec un autre gaz, est peu aimé des anglo-saxons. Certains auteurs s'élèvent même contre l'association curare-éther.
En France, l’éther est encore prépondérant, aussi, est-ce là que nous avons pu tailler notre plus grande expérience. Toutes nos observations, ou presque, reposent sur l'emploi de ce gaz, seul ou avec un peu de protoxyde, et nous pensons que lostracisme dont on à frappé cette association n'est pas justifié,
En réalité, tout cela vient de ce que les auteurs se sont rapidement aperçus que les accidents, en particulier la paralysie du diaphragme, étaient plus fréquents par la pratique de léther que par celle des autres gaz (Cole — 28). Mais on s’aperçut, aussi, que le problème pouvait se résoudre par une question de doses : l'éther a déjà un pouvoir curarisant qui, ajouté à celui du curare, aboutit à une curarisation trop profonde si l’on n’y prend garde.
En effet, Gross et Cullen (63) montrent que, chez le chien endormi à l’éther, la réponse du muscle gastro-crémien à une excitation électrique du nerf ou à l'injection intraartérielle d’acétyl-choline, est bien plus faible que si la narcose est faite avec du cyclopropane ou du chlorure d’éthyl. Par contre, si l'on injecte de la prostigmine, là réponse est nettement renforcée. Cela permet de couclure que cet anesthésique possède un réel pouvoir curarisant. F
Schallek (135) pense même qu'il s’agit d’une («synergie » entre les deux corps : leurs effets concommittants seraient, en effet, de 1/3 plus élevés que la somme de leurs effets séparés.
La solution, au point de vue clinique, est la diminution de la dose classique de curare, en présence d'éther : tous les auteurs sont d'accord pour réduire à 1/3 de sa valeur habituelle la quantité nécessaire.
CHLORURE D’ETHYLE
Ce gaz est presqu'unanimement condamné pour un emploi prolongé : s’il donne un sommeil rapide et un réveil assez simple (bien que souvent très agité), il fait courir, comme le chloroforme, un gros danger de syncope cardiaque et provoque une fâcheuse tendance à la contracture.
Néanmoins, certains auteurs s'en sont montrés Satisfaits (Griffith = 57). Cependant, Cullen (33) insiste bien sur le fait que, si, évidemment, on peut obtenir, avec le curare, le relâchement que contrarie le chlorure d’étyle, c’est aux prix d’une dose bien plus élevée : partant, les paralysies du diaphragme sont « plus fréquentes, plus marquées et plus longues », et, même si le malade est
House
placé dans un milieu richement oxygéné, il y a de grosses difficultés à vaincre la cyanose.
Sauf exception, la méthode semble donc peu à tenir.
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BARBITURIQUES
L'emploi de l’anesthésie intra-veineuse, avec des barbituriques du type (€ Evipan » ou «Pentothal » ne semble pas encore jouir, en France, d'une grande faveur.
Mayer-May, dans son livre récent, la condamne assez vivement : é
€ L’anesthésie intra-veineuse restera donc limitée aux opérations de très courte durée, permettant 4: rester au-dessous de la zone dangereuse, s'adressant à un sujet bien portant, dépourvu de tares, non choqué, n'ayant pas saigné, et n'étant diminué en aucune façon. »
Cela explique le peu d'enthousiasme que nous avons rencontré auprès des chirurgiens pour essayer là combinaison curare-barbiturique, et la nécessité où nous sommes de laisser entièrement la parole aux anglo- SAXONS.
Dans l’ensemble, ils se montrent très satisfaits de la combinaison, et, non pour la Simple Cinduction » mais pour des opérations de longue durée. Les deux substances, en effet, semblent avoir des propriétés complèmentaires intéressantes.
Davidson et Letton (39) estiment que la dose de pentothal peut être diminuée de 19,3 %.
Sœur Borromea (18) signale que l'on peut n’employer que la solution à 1 % au lieu de la solution classique à 2 1/2 %, et avoir, tout de même, une excellente relaxation.
Mais, d’un autre côté, il semble qu'en présence de barbiturique, la quantité nécessaire de curare puisse être légèrement diminuée : Adams (1) déclare, en effet, qu'il peut être donné à petites doses et par injections plus espacées. Certains auteurs, tels que Gross et Cullen, y voient même le résultat de propriétés (curarisantes » du barbiturique, analogues à celles dont nous avons parlées pour l’éther. |
Tous les auteurs signalent un petit inconvénient de l'association : c’est le précipité blanc qui se forme lors-
qu'on met en présence le curare et le pentothal: ce précipité serait soluble dans un excès de la solution du barbiturique (Cole = 27).
“Baird (T) à mis au point un mélange » optimum qui peut rester stable pendant 14 jours, et dont les proportions sont les suivantes
Pentothal sodique (sol. 2 1/2 %)..….. 18,5 cc JUDO CFA MERE PARA PERS 159700.
RACHI-ANESTHÉSIE
Cette association semble avoir été peu retenue par les auteurs.
Caril, Deaver et Philips (25) ne l'ont guère employée que pour terminer leur intervention, chez des malades fatigués, dont l’anesthésie spinale était épuisée trop tôt. Whitacre et Fisher (155) emploient le «blocage spinal », en conjugaison avec le cyclo-propane : lorsque la relaxation est insuflisante, ils complètent avec le curare. Cole (27); lui aussi, ne s'en sert que pour fermer la paroi, à la fin d'une rachi défectueuse ou trop courte,
I ny à done là, qu'une indication tout à fait particulière et qui ne Saurait être prônée en méthode.
Nous avons vu, qu'à part quelques modes d'anesthésie pour lesquels l'association du curare semble peu dé- Sirable (chi. d'éthyh ou discutable (rachi), la variété des méthodes peut être grande, On pourra s'étonner qu'aucune allusion ne soit faite au CHLOROFORME exclusion quasi-complète de ce gaz, de l'arsenal anesthé- Sique, à l'étranger, ne nous à pas permis de trouver. ne fut-ce que quelques lignes, sur sa combinaison avec le curare, Nous n'avons pas été tentés, devant la rareté de ses indications et ses dangers respiratoires inhérents, de lessayer avec un produit dont le seul danger est, aussi, d'ordre respiratoire.