I. — Vapeur d*eau. — Ses deux étals : invisible, visible
IJ. — État ]iygri*oiiiétriqae. — A. Moyennes annuelles, saisonnières, mensuelles. — Climat atlantique, climat d^humidlté moyenne. — B. Régime saisonnier (automne, hiver), mensuel. — Climat atlantique, climat à rég^ime hyg^rométrique stable.
III. — Marche nycthéraérale de Tétat hygrométrique. — Courbe hygrométrique normale. — Courbe modifiée par la pluie.
IV. — Pluies. — Valeur climatique exacte. — A. Moyennes udométriques annuelles, saisonnières, mensuelles. — B. Ré^me ou mode de répartition des pluies. — Importance de dissocier les jours d'observations udométriques des jours de pluie proprement dits. — Moyenne des jours d'observations udométriques et des jours de pluie réelle. — Intensité et durée comparées des chutes d*eau saisonnières, mensuelles.
— Classincation des jours d'observations udométriques d'après l'intensité. — Répartition nycthémérale de la pluie.
V. — Action de la pluie sur la température : élévation, uniformisation.
— Effets des pluies nocturnes.
L'air renferme toujours en suspension une certaine proportion de vapeur d'eau, sous deux états différents : invisible ou vapeur d'eau proprement dite ; visible ^ constituant alors une série d'hydro-météores, dont le plus important est la pluie.
La vapeur d'eau contenue dans Tair joue un rôle considérable en climatologie. Même à Tétat invisible elle fait 2\ la terre un manteau protecteur qui la met à l'abri des grandes oscillations thermiques, c'est-à-dire des oscillations redoutables pour les malades. L'air possède ainsi un pouvoir diathermane moindre. De ce fait l'intensité des rayons trop ardents du soleil, de même que le rayonnementy c'est-à-dire l'émission de chaleur que font vers les espaces célestes, la terre et les corps qui la peuplent, sont très atténués. En un mot la quantité de calorique à perdre est modérée, aussi bien que la quantité de calorique à recevoir. De telle sorte que si la terre n'était enveloppée d une couche de vapeur d'eau, la chaleur du jour serait excessive, même aux latitudes Nord, tandis que les nuits, par suite du rayonnement, seraient très froides, même dans les pays tropicaux. D'ailleurs nous avons des exemples très connus de ces grandes oscillations thermiques, tenant sinon à labsence, du moins à la très faible quantité de vapeur deau de l'atmosphère. Dans le Sahara, le sol n'est-il pas de feu, le vent de flamme, et les nuits n'y atteignent-elles pas un degré de froid extrêmement pénible à supporter? Après des journées très chaudes, la nuit il gèle, et il se forme de la glace. Aussi dans toutes les contrées où l'air est très sec, les oscillations du thermomètre sont très étendues. C'est le cas pour la station de Davos, aujourd'hui célèbre à juste titre; le jour, grâce à l'absence presque absolue de vapeur d'eau, la température au soleil est assez élevée pour que les malades puissent déjeuner dehors, alors que la neige les entoure,
La loi inverse est tout aussi exacte. Dans les régions basses et chaudes, au voisinage de la mer en particulier, où le degré de vapeur d'eau se rapproche bien davantage du point de saturation, les oscillations diurnes et nocturnes du thermomètre sont peu étendues, presque insensibles.
On est même en droit de se demander, si la saturation hygrométrique de l'atmosphère de la haute mer n'est pas, en grande partie, l'origine de son uniformité thermologique. C'est une règle générale, en météorologie, que la quantité de vapeur d'eau tenue en suspension dans l'air, ou état hygrométrique, que la pluie, soient augmentées par le voisinage de la mer.
ÉTAT HYGROMÉTRIQUE
L'état hygrométrique de l'air, c'est-à-dire son humidité relative ou fraction de saturation, la seule qui intéresse la climathérapie, est soumise à des oscillations annuelles, saisonnières y mensuelles que nous allons étudier.
k. — Etude des moyennes de l'état hygrométrique.
Moyennes annuelles. — Dans tous les tableaux qui concernent cette question de l'humidité relative de l'air, l'état hygrométrique est représenté en centièmes. L'état hygrométrique 100 indique que l'air est à son maximum d'humidité relative : l'air est saturé. L'état hygrométrique 85, signifie que l'air contient 85 pour 100 de la quantité maximum de vapeur d'eau qu'il pourrait contenir à la même température.
Ceci établi, donnons les moyennes annuelles de nos diverses stations du littoral atlantique ( i ) :
(1) La station de La Coubre ne figure pas dans cette partie de notre travail, car avant 1893, il n'y était pas fait d'observations hygromé-
Bresl 8o,7
Vannes 84,3
Arcachon 77,0
Si nous voulons savoir comment qualifier, d'après ces chiffres, Tétat hygrométrique du littoral atlantique, il faut nous remémorer la classification des climats, établie par Hermann Weber. D'après cet auteur un climat est :
Très sec au-dessous de 55 p. 100
De sécheresse moyenne. . entre 55 et 75 p. 100
l)*humidité moyenne — 75 et 90 p. 100
Très humide — 90etl00p.l00
Nous voyons par là, que le littoral atlantique est compris dans la catégorie des climats d'humidité moyenne, la station la moins humide (Arcachon 77,0) se rapprochant du terme inférieur de cette catégorie, et la station la plus humide (Brest 85,7) s'éloignant peu delà limite supérieure.
Avant H. Weber, le professeur Jaccoud classifiait les climats d'après l'étal hygrométrique, et reconnaissait qu'à 55, 60 et 65, un climat doit encore être dit sec ou modérément soc. Et, ajoutait-il, « c'est entre 70 et 80 qu'il faut chercher les limites désirables de l'humidité relative moyenne ; elle est trop faible au-dessous ; elle est excessive au delà du second ». Même avec cette échelle hygrométrique, un peu plus basse que celle de H. Weber, nous voyons, une au moins, des stations littorales, Arcachon, figurer dans le cadre des stations à humidité désirable.
Classer le climat du littoral atlantique, au rang de climat d'humidité moyenne, pourrait paraître paradoxal, si les chiffres précédents n'étaient des témoins irrécusables. iVest qu'en effet le degré d'humidité en a été exagéré !
triques. Disons simplement que pour les trois années 1893, 1894, 1895, la moyenne annuelle a été de 77,9 et que, pour ces mêmes années, on obtint à Arcachon la moyenne de 72,9.
Cette exagération n'a rien de surprenant, si Ton songe à la pénurie des documents hygrométriques, jusqu'à ces dernières années, au peu de ressources qu'ils présentent, et aux causes d'erreurs auxquelles ris sont soumis, à raison des conditions différentes d'instrumentation ou du temps d'observation. Pour n'en citer qu'un exemple, les auteurs classiques assignent à Arcachon, une moyenne annuelle de 90, alors qu'en réalité, des observations plus rigoureuses, plus précises, plus prolongées, donnent comme moyenne annuelle 77,0.
D'autre part, et a priot-i^ on a coutume de conclure à l'extrême humidité du littoral, dont les côtes sont soumises à l'énorme évaporation, fournie par la surface de la mer, évaporation d'autant plus active que la température de l'eau y est plus élevée. Cette interprétation est fausse. Les moyennes précédentes démontrent que, contrairement à toute supposition, l'état hygrométrique ne doit atteindre qu'exceptionnellement le degré de saturation. Cela tient « à ce que l'eau de mer, chargée de sel, fournit, à température égale, moins de vapeur d'eau que l'eau distillée » (Gavarret). En effet, un liquide salé n'émet qu'une quantité de vapeur d'eau égale à celle qui serait émise par une même masse d'eau distillée, mais plus froide de 3%5. Or, de nombreuses analyses ayant démontré le degré de salure assez élevée des eaux de la bande littorale, on comprend que l'évaporation y soit moins active qu'on ne l'avait supposé. Lombard dit bien explicitement, qu'à température égale, l'atmosphère des lacs d'eau douce est plus humide que celle de l'Océan.
Non seulement le littoral atlantique possède un climat d'humidité moyenne, mais encore sa moyenne hygrométrique annuelle se rapproche beaucoup « du point qui passe pour le plus favorable et qui serait entre 70 et 80 » (Arnould).
Moyennes saisonnières :
«TATli>3l*
Am>V5B
mncit
Brest I 87,2
Vannes 85,6
Arrachon 80,0
paiTntars
t-ri
D'après CCS moyennes, les saisons se classent dans l'ordre suivant, de la saison à état hygrométrique le plus élevé à la saison à état hygrométrique le plus bas : hiver, automne, printemps, été.
Pour toutes les stations du littoral, les saisons se classent dans Tordre précité. Une seule exception existe, Brest, dont l'état hygrométrique de l'été est supérieur à celui du printemps.
Nous voyons également dans ce tableau, que si des écarts sensibles se produisent à l'automne, au printemps, a l'été, entre la moyenne hygrométrique de ces diverses stations, par contre en hiver, la quantité de vapeur d'eau relative répartie à toute la bande littorale, est uniforme, à tel point qu'entre Brest, Vannes, Arcachon, l'écart hygrométrique n'atteint pas un centième.
Les moyennes saisonnières confirment la catégorisation du climat atlantique : climat d'humidité moyenne. Aucune des moyennes saisonnières n'atteint jamais le terme supérieur de cette catégorie, 90 p. 100; toutes, même, en restent assez distantes ; tandis que quelques-unes sont un peu audessous de la limite minimum assignée par Hermann Weber à cette catégorie.
Moyennes mensuelles. — Elles confirment la conclusion précédente. Comme pour les moyennes saisonnières, nous voyons des moyennes mensuelles s'approcher parfois
(Brest, Vannes), sans jamais l'atteindre, du chiff're 90 ; et d'autres moyennes, en nombre appréciable, osciller autour de 75.
STATMINS
Kl ,3
HS.A 79,5 66,0
Aii,7
NB,0 86,3
Brest
Vanaes
Arcachon . . .
Les mois les plus humides sont octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars. Four chaque station, ces mois se groupent dans un ordre quelque peu dilTérent, indiqué dans le tableau ci-aprés :
Claasifloatlon des mois par ordre décroissant d« la moyeniM da IstiP état hygrométrlqatt.