VENTS
Les vents concourent pour une part importante aux effets physiologiques d'un climat. Detweiler, Blumenfeld, professent cette opinion, que les vents, surtout s'ils sont violents, ont une action défavorable sur l'état des malades.
« L^action des vents violents sur l'organisme est double : mécaniquement, ils portent préjudice à la respiration et empêchent les inspirations profondes, circonstance qui est capable d'augmenter d'une façon dangereuse la soif d'air du phtisique. » Cette influence mécanique défavorable du vent, n'est pas à craindre dans la partie forestière du littoral, si remarquablement abritée.
Le second mode d'action des vents, plus important que le premier, est subordonné à leur état de sécheresse ou d'humidité. Nous avons vu dans notre étude d'anémologie que les vents dominants du littoral océanien sont ceux de la région Ouest (0-NO-SO). Ils ont des qualités propres, qui dépendent des surfaces balayées avant d'arriver au contact de nos côtes. Si les souffles du Nord, de l'Est sont généralement froids et secs, si les souffles du Sud sont chauds, ceux de l'Ouest sont tièdes et humides. Tièdes, parce qu'ils se sont réchauffés, tout à fait au large, en léchant le vaste foyer du Gulf-Stream ; et sur le littoral même, en balayant les eaux chaudes de la côte landaise ; humides parce qu'ils emportent avec eux dans leur course les vapeurs émanées de l'Océan.
Par ce double caractère de tiédeur et d'humidité^ ces vents d'Ouest sont un des bienfaits de notre littoral. Leur degré hygrométrique est ici tout spécialement important, car, grâce à cet état d'humidité, les vents ont une action
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sur les surfaces respiratoires, essentiellement différente de celle que subissent les stations voisines des montagnes ou d'un littoral à climat continental: action de l'air sec et de Tair humide, que nous connaissons déjà, mais que le vent porte à son maximum. Des montagnes couvertes de neiges en hiver, descend un vent froid qui, dans la plaine, se réchauffe, en perdant de la vapeur d'eau. Si bien, qu'après un court trajet dans la vallée, ce vent sec est avide de vapeur d'eau et la soustrait aux plantes, aux êtres vivants qu'il rencontre. Cette action desséchante s'exerce non seulement sur le sol, sur les plantes, mais encore sur la peau et la muqueuse respiratoire de l'homme et des animaux.
Le contraste, entre les effets physiologiques des vents dominants du littoral atlantique et du littoral méditerranéen, confirme la distinction, déjà établie entre les deux contrées, par la formule climatologique. Aux vents tièdes et humides de l'Océan, s'opposent, sur les bords de la Méditerranée, des vents froids et secs, d'où des actions physiologiques de sens contraire. Le mistral, « par sa sécheresse, provoque sur les êtres vivants, une évaporation intense qui entraîne une sensation de froid particulièrement désagréable ; les personnes nerveuses en sont affectées d'une façon toute spéciale » (Stéphan).
Cette action physiologique des vents secs de la Méditerranée, nous la trouvons plus nettement affirmée par Daremberg : « Au moment des grands vents, il ne faudra pas oublier que la sécheresse provoquée par le mistral, a un excellent effet sur certains malades, mais en a de désastreux sur d'autres, si Ton ne prend pas la précaution d'étendre dans leur chambre des linges mouillés, ou de faire bouillir de Teau, dès que Thygromètre descend à 60°. Grâce à cette pratique, j'ai évité à des phtisiques bien des accidents, et surtout des hémoptysies. Les grands vents
d'Est et de Sud-Est, énervent les phtisiques, augmentent la toux, les quintes et la difficulté de Texpectoration ; la morphine et les bromures rendent de grands services dans ces cas. »
Nous voyons ainsi l'action physiologique bien différente du vent sec ou humide. Dans le premier cas, augmentation de la fréquence respiratoire, delà fréquence du pouls, pouvantallerjusqu'à l'hémoptysie, rénervement,rinsomnie des malades. Dans le second cas, au contraire, apaisement nerveux, apaisement respiratoire, et, comme nous le verrons plus loin, diminution des tendances hémoptoïques.
Donc, sur le littoral atlantique, l'action de cet élément météorologique est encore d'ordre sédatif ou calmant.