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CHAPITRE III

L — Climat atlantique ou marin : sédatif et tonique. — Climat méditerranéen ou continental : excitant et tonique.

II. — Synonymies erronées : action excitante ou tonique; sédative ou débilitante. — Confusion qui en résulte.

Lies climats, envisagés quant aux effets qu'ils produisent, peuvent se grouper sous quatre chefs principaux et bien distincts : climats sédatifs, débilitants, toniques, excitants.

Auquel de ces groupes appartient le climat du littoral atlantique ? Quelle est sa formule physiologique ?

Au cours des deux chapitres précédents, nous avons analysé le mécanisme par lequel les éléments constitutifs du climat marin atlantique, produisent leurs effets physiologiques, et étudié Tordre auquel appartiennent ces effets. Nous savons les actions isolées de chaque élément ; mais ces actions se combinent entre elles, s'actionnent mutuellement, aboutissant à une résultante d'ordre général, qui peut se résumer en quelques lignes. Nous avons relevé des phénomènes d'ordre sédatif, se traduisant par le calme de la circulation générale, par l'apaisement du système nerveux central, avec cessation de toute excitation et retour du sommeil, par la diminution de la toux, par un

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moindre effort inspiratoire, par une satisfaction plus complète du besoin de respirer. De même nous avons relevé des phénomènes d'ordre tonique^ se traduisant par des combustions actives, complètes, succédant aux combustions languissantes, par le retour intégral des fonctions digestives avec sa conséquence (comme nous rétablirons plus loin), augmentation du poids des malades.

En somme, par la synthèse de tous ces effets, nous aboutissons à la formule physiologique : le climat marin atlantique est sédatifs tonique et, pouvons-nous ajouter, flwqo/iywe. Sauf ce dernier caractère, introduit en climathérapie par la doctrine pastorienne, c'est bien la formule à laquelle arrivent Hermann Weber, G Sée. « On peut en un mot, dit ce dernier auteur, considérer ce climat comme calmant, et en même temps fortifiant. »

Quoique ayant étroitement serré l'étude des éléments propres à nous donner la formule physiologique recherchée , nous n'avons reticontré chemin faisant, aucune condition, aucun fait, nous amenant à la formule du climat marin : climat excitant. N'est-ce pourtant pas ainsi que le qualifient la majeure partie des médecins? Que de nos confrères redoutent l'excitation du voisinage de la mer pour leurs malades ! Peter, comme tant d'autres, n'a-t-il pas écrit « que les tuberculeux excitables doivent éviter le séjour trop près de la mer, dont l'influence directe peut devenir l'occasion d'une excitation presque fébrile, fâcheuse à la tuberculose » ?

A vrai dire, ces auteurs font allusion aux stations de la Méditerranée. C'est qu'il y a là, en 'effet, une confusion que nous faisions pressentir dans les conclusions de notre chapitre : Formule Ciwiatologique^ lorsque après avoir différencié, au point de vue météorologique, le climat atlantique ou marin, du climat méditerranéen ou continental^ nous disions qu'il ne fallait ni assimiler, ni

confondre les effets de ces deux régions littorales de la France.

Aux formules climatologiques différentes, correspondent des formules physiologiques différentes.

A la formule climatologique : climat continental, née de la sécheresse de Tair, de Tinstabilité hygrométrique et thermométrique, de la prédominance des vents continentaux, de Fabondance de lumière solaire, de la sérénité presque constante du ciel, est subordonnée la formule physiologique : Climat excitant. Cette double formule : climat continental, climat excitant, caractérise le littoral méditerranéen.

A la formule climatologique : climat marin, née d'une température constante, d'un état h ygomé trique élevé et stable, d'une forte pression barométrique, de courants aériens humides et marins, d'une sérénité du ciel moins constante, est subordonnée la formule physiologique : climat calmant. Cette double formule : climatmarin, climat calmant, caractérise le littoral atlantique.

Un de ses facteurs climatiques serait cependant susceptible d'en troubler la formule physiologique : l'intensité du vent. Du moins la formule, climat calmant, est-elle entière pour toute la partie littorale, si merveilleusement abritée par les forêts et les dunes des côtes girondines et landaises.

Une autre confusion, qui pour être classique, n'en est pas moins regrettable, fait attribuer au climat marin des effets excitants, par assimilation de l'action excitante^ à l'action fortifiante. Ces deux actions, « on les confond si bien, que ces désignations accouplées sont employées indifféremment Tune pour l'autre » (Jaccoud).

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11 y a là plus qu'une confusion, il y a une erreur fondamentale, car ces deux actions sont absolument opposées, tant par leur mécanisme que par leurs effets. Tandis que Faction excitante est relative à l'état du système névrovasculaire et à Tirritation des voies respiratoires, l'action fortifiante définit l'étatde la nutrition et des forces. « L'action excitante, dit Jaccoud, se traduit par l'agitation physique et morale, par une impressionnabilité exagérée jusqu'à être pénible, par de l'insomnie rebelle, souvent par de la céphalalgie, par l'accélération ou la variabilité du rythme respiratoireetcirculatoire,enfin par des signes non douteux d'irritabilité laryngo-bronchique, » toutes manifestations qui sont à l'opposé de celles que nous avons déduites pour le climat marin.

Quant à l'action fortifiante proprement dite, elle n'a rien de commun avec les effets précédents. « Sous son influence l'excitabilité de la muqueuse aérienne reste ce qu'elle était auparavant, l'irritabilité de la muqueuse aérienne n'est nullement accrue, mais le malade éprouve un sentiment d'entrain, de vigueur morale; ce sentiment répond à un changement réel que démontre l'aptitude journellement augmentée pour l'exercice musculaire, l'accroissement de Tappétit, des digestions, de l'intégrité de l'assimilation, l'activité tranquille de l'hématose achevant de caractériser cet état que traduit enfin, d'une façon non douteuse, l'augmentation des forces et du poids du corps » (Jaccoud).

Ne sont-ce pas là tous les effets fortifiants du climat marin, dont quelques-uns peuvent d'ailleurs être atténués ou accentués par Faction sédative de ce même climat? Mais ils ne sont pas son apanage, et se produisent, tout aussi bien, quoique par un mécanisme différent, sur le littoral méditerranéen.

Nous arrivons ainsi à la formule physiologique suivante :

Climat méditerranéen, excitant et tonique.

Climat atlantique, sédatif et toniqpie.

Nous voyons également, par cette formule, qu'un climat peut être à la fois sédatif et tonique, et pensons en avoir fourni la preuve rigoureuse. Cette conclusion ne peut sembler paradoxale qu'en vertu d'une confusion analogue à celle que nous venons de combattre, et qui assimile indifféremment l'action sédative et l'action débilitante^ et fait synonymes ces deux termes. Ici encore, nous invoquons l'autorité du professeur Jaccoud qui a si magistralement mis au point cette importante question. « Voyez Madère, dit-il, c'est le climat sédatif par excellence, est-il débilitant? Pas le moins du monde ; il est au contraire plus fortifiant que débilitant. »

Tel est le cas pour le littoral atlantique.

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