‹ Cure marine de la phtisie pulmonaireChapitre 60 sur 101 · LAC · texte numérisé non relu

LAC

î^aurey et Juge

Ginestras

Letôt du Loup

Jatigut et Piarille

Le Barrail

Logis de Grave

Ronde

La Claire

Sémaphore

Sausignouse

Junka

Jean Petit

Ronon

De l'Ane

Du Flamand

Vieille Église

Là ne se bornent pas les effets salutaires des forêts à essences résineuses.

La présence de forêts, dans une contrée, purifie Tairpar le dégagement d'oxygène et la destruction d'acide carbonique. « Les végétaux sont pour ainsi dire des alambics qui distillent Tair et le dépouillent de son excès d'acide carbonique » (G. de Mussy). Combien à ce point de vue la vaste forêt littorale du Sud-Ouest, doit présenter d'avantages ! 11 est inutile d'y insister. 11 me paraît autrement important, de rappeler sa pauvreté en micro-organismes, démontrée par mes recherches personnelles, et exposées

dans un des précédents chapitres. La climathérapîe ne saurait oublier ce point.

C. — Mais les forêts de pins maritimes, que nous venons de voir agents de préservation contre les vents, agents régulateurs de la température et de l'humidité, agents d'assainissement, agents purificateurs de Fair, sont-elles, en d'autres termes, des agents curateurs? Nous le pensons, tout comme les auteurs cités au début de ce chapitre.

Théoriquement, l'efficacité des forêts de pins, dans les affections des voies respiratoires, n'a rien de paradoxal, bien au contraire. Les heureux effets de la térébenthine dans le traitement des affections de l'arbre aérien, sont trop unanimement reconnus pour qu'il soit nécessaire d'y insister. Des cliniciens tels que Stokes, Graves, Trousseau et Pidoux l'ont préconisée avec conviction et succès. Malheureusement, la préparation pharmaceutique la plus importante de la série balsamique, l'huile essentielle de térébenthine, ne peut être administrée à raison de ses déplorables effets sur les voies digestives.

Mais placer le malade au sein d'une atmosphère à pression barométrique maximum, imprégnée d'émanations térébenthinées, portant au maximum l'amplitude inspiratoire, n'est-ce pas le mettre dans les conditions les plus propices à l'aspiration des principes volatils de la térébenthine, sans danger pour ses voies digestives, et avec bénéfice, par action tonique directe, pour sa muqueuse broncho-pulmonaire ? Cela est si vrai que beaucoup de médecins ont recours, dans les appartements de leurs malades, à des atmosphères résineuses artificielles. Tout le monde connaît la goudronnière sous ses multiples formes.

Dans la forêt littorale des dunes de Gascogne, rien d'artificiel. C'est la nature qui enveloppe le malade d'une atmosphère bienfaisante. De chaque arbre, entaillé au flanc, s'écoule son propre suc qui, poisseux et odorant, se

Lalbsqui. — Phtisie pulmonaire, il

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concrète en larmes transparentes. Soumises à Faction directe des rayons solaires, ces larges larmes d'or dégagent les émanations balsamiques qui imprègnent l'air, s'y révélant très manifestement à l'odorat. Ces senteurs balsamiques, plus particulièrement appréciables dès les premiers jours du printemps, s'accentuent encore davantage au moment de la floraison des pins.

Bon nombre de médecins et de malades accordent, non sans raison, une certaine valeur thérapeutique à cette floraison, et choisissent de préférence cette époque pour une cure au littoral forestier de la France. Quiconque a vu cette floraison du pin maritime, sait en quelle prodigieuse abondance, le pollen s'échappe des fleurs mâles, colorant tout d'une impalpable poussière jaune, la terre, les plantes «t l'eau; véritables nuages que les vents emportent parfois à des distances considérables, et que les eaux de précipitation abattent sur des contrées, qui surprises de ces pluies colorées, longtemps inexpliquées, croyaient aux pluies de soufre.

En tant que thérapeutique, la floraison des pins vaut-elle par elle-même ? Je ne le pense pas. Elle vaut parce qu'elle est liée au travail d'activé germination que subit l'arbre dans toutes ses parties, à cette époque ; germination exagérant le fonctionnement des cellules spéciales préposées à la sécrétion oléo-résineuse des conifères, et qui déversée en plus grande abondance dans les canaux vecteurs, en active la circulation. Aussi toute la plante en est-elle imprégnée. Outre la plaie du tronc qui ruisselle, l'écorce fine des jeunes branches, les aiguilles nouvelles, les écailles vertes des fleurs en sont gorgées. Le pollen, comme les autres parties de la fleur, se poisse de cette substance, aussi, en s'épandant en nappes invisibles au sein de l'air attiédi de la forêt, le sature-t-il de son arôme.

Mais que la tourmente survienne et précipite, en tourbil-

Ions serrés, les amas polliniques, alors le malade doit se précautionner, sous peine de respirer de véritables poussières.

En résumé, la floraison des pins, salutaire lorsqu'elle se produit dans les conditions du calme ordinaire au printemps, doit être surveillée, si des tourmentes, heureusement exceptionnelles, troublent l'atmosphère de nos bois, précipitant dans Tair, en quelques heures, les semences m&les destinées à s'y répandre en quelques jours.

Pratiquement, l'observation démontre l'efficacité des forêts de pins maritimes. Elle avait frappé les médecins du littoral des Landes, déjà bien avant qu'il fût question de climathérapie dans nos contrées. Jean Hameau, Pereyra, G. Hameau, A. Lalesque « avaient remarqué de tout temps que les résiniers, dont les familles habitent constamment la forêt, sont sujets à peu de maladies, moins encore aux maladies pulmonaires » (G. Hameau). Sur douze cents ma* lades, A. Lalesque n'a vu que trois phtisiques. El cependant, à l'époque où furent relevés ces faits (1835), quelle triste existence était celle du résinier, et que de conditions favorables, sa déplorable hygiène créait à l'éclosion de la tuberculose pulmonaire. « On appelle résiniers, des hommes qui sont commis à l'exploitation des pins. Ces individus habitent constamment les bois, ils se logent dans de chétives cabanes en planches, couchent sur la dure, ne mangeant que du pain noir ou du seigle, du lard, des poissons fumés et salés, des sardines de Galice, et ne boivent que de l'eau, la plupart du temps d'assez mauvaise qualité : elle a le goût, disent-ils, de la racine du pin. Tous les huit jours, ces hommes sortent des bois pour venir passer le dimanche à la Teste au sein de leur famille. 11 est assez commun que ce jour-là soit un jour de profusion. Après la parcimonie la plus dure observée toute la semaine, ils font alors des excès qui vont jusqu'à la débauche. Aussi mal \êtus que mal nourris, ces individus ne se déshabillent

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jamais pour se mettre au lit, que forme un grabat des plus durs et des plus rustiquement construits. Commençant leur ouvrage avant le lever du soleil, ils vont chaque jour nupieds, à travers la rosée dont sont couverts les herbes et les épais buissons de la forêt, suivant des sentiers pratiqués par eux seuls pour aller & chaque pin, du ressort de leur industrie. Une fois que le soleil a fourni la moitié de sa course, ils rentrent pour apprêter et prendre leur maigre repas, et s'éloignent immédiatement après qu'ils l'ont pris pour recommencer leurs travaux, jusqu'à ce que le jour expiré ne leur permette plus de les continuer. Après cette description de leurs pénibles labeurs et leur pitoyable alimentation, on ne sera pas surpris de les retrouver généralement pâles, hâlés, maigres, terreux, presque imberbes, petits et débilités, porter de bonne heure tous les signes d'une vieillesse précoce » (A. Lalesque).

Aujourd'hui, comme autrefois, la cabane du résinier ignore la phtisie, bien que les contacts de ces ouvriers soient plus fréquents et plus continus avec le reste de la population. Que si cette immunité relative de résinier reUNvc en majeure partie de son habitat au sein d'une ntmosphère & la fois térébenthinée et bactériologiquement purts il ne faut pas oublier que les conditions climatiques dans lesquelles il vit, contribuent à cette immunité relative, ("omme Lauth pour l'altitude, nous pouvons dire iM)ur Talmosphère marine et forestière : « Je prétends que le climat (i lui seul peut nous expliquer l'absence, la rart^té de la tuberculose. »

IW ces longs développements, il résulte que les tiv^intagos du voisinage de l'Atlantique se doublent pour U Imiute littorale girondine et landaise, des avantages de U prt'sence d'une vaste forêt de pins maritimes : la climakhortipic y trouvant les ressources d'une cure à la fois iiMriu9 ol forestière.

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