C. — Aggravation
12 cas. — Tous, sauf un, sont relatifs à des adolescents chez lesquels les accidents généraux : fièvre, amaigrissement, prenaient, dès le début, une intensité invincible, et devançaient, d'un laps de temps plus ou moins long, les signes locaux.
Parmi ces douze malades, je relève plus particulièrement :
7 cas. — La maladie prenait la forme galopante et, malgré toute cure d'air, tout séjour variant de trois à huit mois, se terminait par la mort, soit dans la station, soit peu de temps après le départ.
2 cas. — L'aggravation s'arrête par un séjour à Cannes.
i cas. — L'aggravation s'arrête, et la guérison définitive survient après plusieurs cures à Madère, comme l'indique l'observation XXIV ci-après.
Les pesées sont rarement pratiquées lorsque l'état du malade s'aggrave. La perte de poids n'est que trop évidente, mais la donnée précise me manque. Cette lacune regrettable me paraît difficile à combler avec la clientèle des stations d'hiver.
Observation XXIII. — Tuberculose pulmonaire double des sommets. — Conglomération, — Durée du séjour: six mois. — Perte de poids: 1*^,350. — Aggravation,
Petit garçon, sept ans. Malade depuis un an, par la répétition de bronchites, se localisant aux sommets.
A la fin de 1889, contracte Tinfluenza qui détermine une double poussée congestive aux deux sommets, surtout en arrière, dont il n'est pas encore guéri. En outre, un léger mouvement fébrile, vespéral quotidien, suivi de transpirations nocturnes, avec amaigrissement, décident Tenvoi de Tenfant à Arcachon.
A rarrivée, le 7 février 1890, il présente les signes physiques suivants : les deux fosses sus-épineuses, surtout la droite^ sont le siège d*une matité nette, avec résistance au doigt et percussion douloureuse ; la respiration obscurcie, présente, comme caractères anormaux, des bouffées de râles secs.
L'enfant quitte Arcachon à la fin de juin. Chez lui, les résultats habituels de la cure forestière ne se sont pas fait sentir; on constate que le mal s'est aggravé. C*est surtout dans le dernier mois du séjour, que Taméliorationacessé de se produire, comme le traduit le résultat des pesées :
Février. 27^700. Mai. 28S000.
Mars. î28^200. 5 juin. 26^GoO.
Avril. 28\i00. 25 — 26^350.
Depuis les premiers jours de mai, Tappétit a fléchi, la toux est plus fréquente, la fatigue générale plus prononcée. De temps en temps le soir, petite poussée fébrile (38%2 à 38^,4), avec moiteur appréciable. L'enfant souffre du côté droit, au sommet en arrière. Dyspnée facile quand il court.
L'auscultation est moins, satisfaisante, et les deux sommets pulmonaires, surtout le droit, en arrière, sont le siège de craquements secs, et de quelques craquements humides, vers la partie externe de la fosse sus-épineuse. Faciès pâle, anémié.
En somme, après une légère amélioration, lente, pénible, Tenfant se trouve, depuis un mois, sous le coup d'une nouvelle poussée tuberculeuse.
Perdu de vue depuis son départ.
Observation XXIV. — Induration pulmonaire, circonscrite, sousclaviculaire droite. — Poussées congestives successives dans les deux poumons. — Durée du séjour: six mois. — Perte de poids: 2 kilos. — Aggravation, — Guérison ultérieure, remonte à dix ans.
Jeune homme de dix-sept ans. Mère morte accidentellement, mais de santé délicate. Père bien portant et robuste.
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Au moment de Tarrivée (décembre 1885), présentait les signes physiques suivants: submatité très circonscrite sous la clavicule DROITE, dans une étendue équivalente environ à celle d*une pièce de cinq francs. En ce point, Tauscultation révèle, au moment des inspirations profondes, quelques râles humides à bulles moyennes. l>ans tous les autres points des surfaces pulmonaires, le murmure vésiculaire se perçoit pur de tout mélange, si ce n*est au somhct GAUCHE, ^n an^ière^ où. dans la région interscapulo-vertébrale, on perçoit un peu de rudesse avec respiration soufQée. Toux peu fréquente.
f^lat général satisfaisant : absence de lièvre, de transpiration, l>on sommeil, bon appétit.
15 janvier. Recrudescence de la toux, légère oppression le soir, coïncidant avec quelques malaises généraux mal définis.
l.e ii jantier^ nécessité d appliquer un grand vésîcatoire au sommet hJKon^enamère, Tauscultation ne laissant aucan doute sor ren\iihissement de ce sommet par une poussée congestive^ entrée rapidement en résolution, mais laissant des reliquats perceptibles plusieurs mois apK^.
Il> /îrrwr. Douleur vers la base du côté droit, en arrière, d'abord iH'U intense, augmente sensiblement jusqu'au 23. Ce jour-là« elle est asseï vive pour arrêter Tamplitude respiratoire.
Alausoultalion, on ce point, frottements pleai>^tiqnes légers, pleuw^io s<Kiie. Cette poussée, quoique drM>Bscrite et lentement $iir\^nue. s'accompagne d une réaction générale peu vire, mais deissitttv : fièvre vespc^rale legy^re s«^ traduisant par qnelqnes frissons «rraliquf^ une le^^re céphalalgie, de la courhatnre. sentùnent de chaleur, a>'ec de petites transpirations, et une élévation tbmnomêtrique à ^S'^^ Lk tou\ etst plus fréquente,
I AT^iL Hémoptysie, surrenne le sAîr, après le reftts, au HKvnettt oà le malade montait $e coAcher. Riien ne pouvait Cure prexMir cet a<>ctdent : le malade mliait très stensùUemeat mienx depnts qta«tqne temps. L >\pectoratit\n a ele brssqve^ d «n saag x^tme^U s|MLmenv ^vat la qnannV rendne e<4 evalnee i nn x«m. A Tan^cnllatK^, je n>wttx>e ïin fox^er ie oonces^cva pnlmcmave, $)tiie Âafts la ^t$$^ Mvif^-r/ni^nAfff 7^*^tk sqkt ime M«»dne ê^puTnle«le à la so^i^aoe 4e la {ax^me âe '>4 mr.m Pas depà»Momè»e$ iyvaotkmnei>s : <\>»^gesUo* iMi^si^-e.
IV^d 3e j*^nrs ^qaf&sent fw^w rï"iva:tc eji xranàe |iaràe^ <«s 4«»ordrrs< ma^ la wçiAa f«lm.*«Da^â*e )rsi^ j^ar cène nMiveQe
poussée ne retourne pas absolument à Tétat normal ; certaines nuances, certaines modifications, délicates mais appréciables, du murmure vésiculaire, témoignent de la poussée congestive. A la suite de cet envahissement, un fait à noter est la recrudescence et la persistance d*une toux forte, déchirante, laryngée, spasmodique.
S7 mai. Dans la nuit du 26 au 27, le malade est subitement pris d*un point de côté, au-dessous et en dedans du mamelon droit, avec dyspnée intense, toux sèche, quinteuse, surtout provoquée par les déplacements. Matité dans toute la moitié inférieure du poumon, tant en avant qu'en arrière, avec absence du murmure respiratoire, et conservation des vibrations thoraciques.
Le 27, au soir, fièvre intense, k 41°, somnolence, subdéiirium, dyspnée encore plus marquée, matité absolue, souffle doux, pas de râles. Je porte le diagnostic de pneumonie lobaire tuberculeuse.
Le 28, au matin, Tauscultation fait percevoir des râles souscrépitants à grosses bulles, la disparition du souffle, du point de côté, Tatténuation marquée de la dyspnée ; le thermomètre marque 38°, tous signes qui font abandonner le diagnostic de pneumonie lobaire pour celui de congestion massive et active, donnant lieu d'ailleurs à une légère irritation pleurale, indiquée par la présence d'une très mince lame de liquide.
31 mai, La résolution commence à se faire. Puis ensuite marche avec rapidité. Chaque jour, Tair pénètre plus avant dans les alvéoles pulmonaires, et les râles, les frottements-râles disparaissent.
9 juin. Les râles humides ont presque entièrement disparu. La fièvre, qui a persisté jusqu'à ce jour, a une tendance très marquée à la délitescence matinale. Le matin, le thermomètre marque 37°,5, mais le soir, oscille encore aux environs de 39°. Appétit bon, digestion facile, retour des forces, sommeil, diminution marquée de la toux.
Voici Tétat actuel du malade, quinze jours, avant son départ, et après un séjour de six mois : Poumon droit, en avant^ submatité, respiration rude, craquements humides et craquements secs dans toute la région sous-clavière ; en arrière, dans la fosse susépineuse : souffle marqué, près du rachis, absence du murmure respiratoire ; dans la fosse sous-épineuse, murmure respiratoire très affaibli, très lointain, avec des frottements et des râles humides à bulles fines disséminées. Poumon gaucue : en avant^ sous la clavicule, submatité, avec respiration puérile et rude ; en
Lalbsqui. — Phtisie pulmonaire. 17
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arrière^ dans la fosse sus-épiaeuse : submatité, souffle expiratoîre fort, avec résooaDce marquée de la voix et légère augmentation des vibrations thoraciques; dans la fosse sous-épineuse, quelques Ilots de râles Ans.
Le malade n'a maigri que de 2 kilos.
En résumé, nous voyons que la maladie a marché par poussées successives, que chaque poussée a été plus violente que la précédente, mais aussi, que toutes ont rapidement rétrogradé. Toutefois, après chaque accident, il s*est fait dans chaque point frappé, une lésion permanente, peu profonde pourtant, mais assez étendue en certaines places. Le poumon gauche, sain au début, n'est pas resté indemne de toute atteinte.
Les crachats sont bacillaires.
Depuis lors, ce malade après plusieurs cures à Madère, a parfaitement guéri.