DEUXIÈME PÉRIODE OU DE RAMOLLISSEMENT
45 cas. — Caractérisés par le signe stéthoscopique, en quelque sorte caractéristique de cette période : le râle sous-crépitant ou muqueux, allant jusqu'au craquement humide, accompagné, dans des proportions variables, de respiration soufflante ou affaiblie, d'une matité marquée, de toux retentissante, etc.
A. — Guérison.
9 cas. — Ayant donné les résultats suivants : Pesées : 2 cas, inconnues.
5 cas, de 6 à H '',400 d'augmentation.
Durée de séjour: un à quatre ans.
Durée de la guérison : seize mois à cinq ans. Voici trois observations de ces malades guéris :
Observation XXV. — Ramollissement du sommet droit. — Induration du sommet gauche, — Trois séjours. — Durée du premier séjour : sept mois. — Augmentation de poids : 8 kilos. — Amélioration^ puis guérison remontant à trots ans.
Homme, né en 1863, taille : i"',8i. Système pileux, blond roux, très abondant, système musculaire très peu développé. Père mort d'une dyspepsie (?) à Tàge de quarante ans; mère délicate, névropathe et rhumatisante. Aïeuls de souche paternelle (ruraux) vigoureux. Aïeuls maternels (urbains) : grand-père délicat, mort vieux d'un cancer de Testomac ; grand'mère vigoureuse, enlevée très vieille par des accidents diabétiques. Une tante maternelle, qui a des ressemblances physiques et morales avec le malade, a eu, étant jeune, des accidents hémoptoïques graves ; vit encore.
Enfance passée à Paris. Appétit faible, croissance très rapide avec études fréquemment interrompues et complètement arrêtées en 1879, époque à laquelle un médecin des hôpitaux de Paris, constate de la respiration rude des deux sommets pulmonaires et conseille le Midi (impossibilité).
Juin 1887. Toux sèche, petit mouvement de lièvre tous les soirs, sueur la nuit, Le 15, première hémoptysie surabondante. A la suite, petite toux sèche, fréquente, avec dyspnée; douleur sur le devant de la poitrine. Poids : 58*^,500, crachats teintés pendant un mois.
Un séjour à Cannes, du 14 novembre 1887 à la fin mars 1888, améliore le malade qui, à la fin de sa cure, pèse 61 kilos.
1888. En mai, pendant un séjour à Paris, deuxième hémoptysie abondante, pendant trois jours, entraînant une grande faiblesse. Grande sensibilité au froid. Transpirations nocturnes régulières, toux, expectoration bacillaire^ dyspnée intense. Sensation de pesanteur à droite, vers la base.
En juillet^ séjour à la campagne. Continuation des moiteurs, de la toux, et de Texpectoration jaune verdàtre ; difficulté extrême pour parler et pour marcher, surtout pour monter. L'état ne s'améliore qu'en septembre: diminution de la moiteur, mais toux toujours intense, tantôt grasse, tantôt sèche, nerveuse, laryngée. L'état général s'améliore très lentement.
A la fin septembre et jusqu'au mois de mai, le malade ne quitte pas la chambre.
En novembre, poids : 64 kilos, et depuis lors le poids augmente régulièrement de 120 à 130 grammes par jour, jusqu'à arriver, à la
260 GLIMATHÉRAPIE.
fin de 1889, à 79 kilos, soit une augmentatioQ de 20 kilos sur le poids de yu{7/e( 1887.
1889. Eu janvier, troisième hémoptysie peu importaDie; et quatrième hémoptysie àla/?n de juillet. Le malade a perdu 2 kilos.
Fin octobre, arrivée à Arcachon.
Fièvre quotidienne vespérale oscillant de SS"" à 38%2. Peu d*appétit, sueurs nocturnes appréciables, expectoration muco-purulente abondante, bacillaire, dyspnée très facile.
Sommets mauvais. ATauscultation on perçoit : Poumon droit, sous la clavicule^ un foyer de râles sous-crépi tan ts fins qui s'étend vers Taisselle, contourne la ligne axillaire etarrive, en continuité directe, jusque dans la fosse sous-épineuse et à la base du poumon, qui sont le siège de râles sibilants et de craquements humides, à grosses bulles. Poumon gauche, la fosse sous-clavière et la fosse sus-épineuse sont légèrement indurées.
Sous Tinfluencede lacured*air, mise rigoureusement en pratique jour et nuit, Tamélioration ne tarde pas â se produire. C'est ainsi (c'est le malade qui parle) qu'au bout de trois semaines, et presque subitement, l'expectoration diminue dans des proportions d'au moins ®/,oi et devient presque nulle.
L'appétit, qui ne s'est pas démenti une seule minute, a produit un tel retour des forces et de l'embonpoint que l'augmentation de poids est de 5^,500. Et lorsque à la fin de mai, le malade quitte Arcachon, le bénéfice total est de 8 kilos.
Les surfaces respiratoires se sont non moins notablement améliorées, le sommet du poumon gauche a repris presque en entier sa perméabilité, tant en avant qu'en arrière. Quant au poumon droit, les trois zones autrefois sièges de craquements humides, ne sont plus envahies que par des craquements secs, et les râles sibilants n'existent plus. De longues marches sont possibles sans aucune dyspnée, comme sans fatigue, l'expectoration est absolument nulle depuis plus de deux mois.
1891. L'hiver de 1890-91, nouveau séjour dans la forêt d'Arcachon, de/în novembre à fin mai,
1892. De même pour l'hiver de 1892-93.
Pendant tout ce laps de temps, le malade a vu son amélioration se maintenir, s'accentuer, et cela presque sans aucun accident notable. Les étés se passent à la campagne.
A la fin du dernier séjour, l'état général ne laissait absolument rien à désirer. L'augmentation de poids ne s'était pas démentie.
Quant à Tétat local, il est encore possible de percevoir dans les fortes inspirations quelques craquements secs, très légers, disséminés,rares,et les anciens foyers de ramollissement sont simplement le siège d'une respiration sèche.
Depuis lors, Tamélioration ne s'est pas démentie, et le malade parait guéri^ car depuis trois ans, il n'a jamais plus ni toussé, ni craché, et n'a jamais arrêté son travail assez pénible, mais accompli en plein air (agriculteur) ; et depuis sa première cure, M. X... n'a pas cessé l'aération continue de jour et de nuit.
Observation XXVI. — Congestion et ramollissement de la fosse sus-épineuse droite, — Deux foyers de pleurésie sèche. — Cinq séjours successifs, — Amélioration^ puis guérison, remonte à six ans.
Homme, trente et un ans, sans antécédents tuberculeux. Tempérament arthritique et nerveux.
A l'âge de douze ans, pleurésie du côté droite dont il se remet complètement.
Bien portant jusqu'à Tâge de vingt-cinq ans, se marie et prend une occupation très chargée, qui l'oblige à changer complètement d'existence, et, pendant quatre ans, à mener une vie aussi occupée que sédentaire.
Dès la première année de cette vie, M. X... est atteint de dilatation de Testomac, bientôt compliquée de dyspepsie intestinale, qui va toujours augmentant, sauf quelques rares répits, concordant avec le repos des vacances et une vie en plein air.
En décembre 1889, à vingt-neuf ans, l'état s'aggrave. Dénutrition très prononcée, au point que le malade se voit dans la nécessité de renoncer à ses affaires.
A cette époque régnait (notamment dans la région habitée par M. X...) une forte épidémie d'influenza. Très débilité, très moralement déprimé par la cessation de ses affaires, le malade prend la grippe, et peu de temps après on constate de la congestion pulmonaire^ limitée au sommet droit.
Aussitôt l'état aigu disparu (/înyawvier 1890), départ pour Cannes où « un mois après mon arrivée, probablement sous l'influence du vent violent qui ne cessait de souffler à cette époque, j'ai une nouvelle poussée congestive », occupant toujours le sommet droit, et se traduisant par les signes classiques :mati té, affaiblissement du murmure respiratoire, râles humides, fins, légère expectoration san-
262 CLIMATHÉRAPIE.
guinolente. Des bacilles sont constatés à l'analyse bactériologique des crachats.
1890. En mai^ le malade toujours très faible, amaigri, toujours toussant, quitte Cannes pour Montreux, où il passe près de deux mois, par un temps splendide, y reprend rapidement des forces, et quand les chaleurs viennent, gagne la montagne où il peut faire les mêmes excursions que les plus valides.
En août^ regagne le Nord de la France, en excellente apparence de santé.
En octobre^ sous Tinfluence des premiers brouillards et des premières pluies d'automne, nouvelle poussée congestive tuberculeuse.
En décembre, dès que la crise aiguë est terminée, « et sur les conseils de deux professeurs de la Faculté de Paris, je pars pour Arcachon, où j'ai retrouvé la santé », m'écrit le malade, à la fin de 1896, six ans après sa première cure, alors qu'il arriva porteur, non seulement d'un foyer congestif, mais de signes non douteux du passage de la première à la seconde période anatomique, comme en témoignaient, dans la fosse sus-épineuse, à la fin des inspirations profondes, des craquements secs, et des bouffées de râles sous-crépilants k grosses bulles.
De décembre 1890 à décembre 1896, a fait cinq longs séjours, dans la ville d'hiver d' Arcachon, y vivant, à ses deux derniers séjours, de la vie commune, se livrant à une dépense physique très active, montant à cheval et chassant, avec ardeur, sans que jamais laguérison se soit démentie. Ni toux, ni expectoration, ni manifestation morbide quelconque, sauf une seule fois en janvier 1892.
A cette date, alors que l'amélioration était des plus marquées, le malade subit un refroidissement manifeste, la nuit, dans une mauvaise auberge du département des Landes, où il était en excursion, refroidissement qui provoqua l'apparition d'une nouvelle petite hémoptysie, réveillant l'acuité du foyer primitif, et coïncidant avec une double poussée de pleurésie sèche, d'un diagnostic facile, siégeant, l'une à la base droite, en avant, l'autre à la base GAUCUE, en arnercy toutes deux sur une surface comparable à celle de la paume de la main.
La fièvre persista quinze jours, avec quelques légères sueurs nocturnes. Les crachats examinés contenaient quelques bacilles de Koch, rares, mais bien développés.
Depuis lors, plus rien. La guérison dure depuis six années entières.
Observation XXVII. — Ramollissement après congestion du sommet gauche, — Congestion du sommet droit, — Durée du séjour : dix mois en deux fois, — A la fin du premier séjour {deux mois), augmentation de poids : 4^,500. — Durée connue de la guérison : un an.
Jeune homme, vingt et un ans. Père et mère bien portants. Un frère atteint de tuberculose anale. Une sœur atteinte de bacillose pulmonaire à forme galopante.
Début insidieux, en janvier 1888, par petite toux, fréquente, en pleine santé apparente. L*auscultation a pour résultat la découverte, au sommet du poumon gauche (fosse sus-épineuse et région sousclaviculaire), d*un foyer de catarrhe congeslif. Pas de fièvre, bon appétit. Vésicatoires, arsenic, alimentation abondante, repos relatif en plein Paris. Nouvelle poussée, constatée le 25 février, sur le POUMON DROIT, congcstiou de la fosse sus-épineuse, avec dépérissement marqué, sans fièvre.
3 mars. Apparition de quelques malaises, un peu de fièvre, avec phénomènes de bronchite généralisée. La fièvre va en augmentant et les deux sommets, surtout en arrière, sont le siège d'une congestion manifeste, avec quelques expectorations sanguinolentes, bacillaires, et toux fréquente, courte, pénible, très souvent sèche. Amaigrissement marqué.
15 mars. Jour de l'arrivée à Arcachon, on constate : Poumon GAUCHE, en avant: matité sur une hauteur de trois travers de doigt; bouffées de râles muqueux, avec sibilances et crépitations fines, humides, dans les inspirations profondes ; en arrière, mêmes signes, dans la fosse sus-épineuse. Poumon droit, en avant : respiration puérile ; en arrière, dans la fosse sus-épineuse, signes de condensation : sonorité( — ),vibrations thoraciques-j-i résonance vocale -j-» respiration 0, avec de très nombreux craquements fins, à la respiration suivant la toux.
L'amélioration s'accentue du jour au lendemain, avec une rapidité peu commune, sous l'infiuence de l'aération continue et du repos.
La toux cesse et disparaît en moins de cinq jours, la fièvre tombe, pour toujours, au dixième jour de la cure, et les pesées donnent les résultats suivants :
19 mars, 67^200. 29 avril, 71S550.
1" avnl. 70^150. 17 mai, 71S400.
15 avril. 71S200. 29 mai, 71S700.
Bénéfice : 4^500.
264 GLIMATiiÉRAPIE.
Le 5 juin^ au départ, les signes physiques sont ceux de condensation du lobe supérieur gauche, avec tendance scléreuse, obscurité respiratoire, et rudesse, tant en avant qu*en arrière.
Retour àArcachon,lei0oc/o6rei889,etséjourjusqu'aai*'jftitn 1890. L'amélioration s'y maintient, et s'y transforme en guérison. Le malade ne tousse pas une seule fois, ne crache jamais, et peut mener une vie physique assez active.
Le jour de son retour à Paris, il est examiné par un professeur de la Faculté, qui formule par écrit les résultats de son examen : « Disparition absolue de tout signe particulier aux deux sommets. Absolument aucun râle, ni dans la respiration tranquille, ni dans la respiration forcée. Il ne reste que la diminution de son et de respiration, en rapport avec l'organisation scléreuse du sommet. »
Bien que j'aie perdu de vue ce malade, un an après sa guérison, cette guérison est trop réelle, pour qu'on puisse objecter contre elle, sa trop courte durée connue.
B. — Amélioration.
24 cas — dont les résultats sont :
Pesées : 5 cas, inconnues.
19 cas, augmentation de 2 à 12 kilos.
Durée du séjour ; 3 à 14 mois — 1 cas, 4 ans. Durée de F amélioration : 6 cas, inconnue.
18 cas, de 3 mois à Sans.
Les observations suivantes pourront donner Tidée de ce que nous entendons par amélioration :
Observation XX VIII. — Ramollissement hémoptoîque des deux sommets. — Plusieurs séjours prolongés. — Augmentation de poids : i2 kilos. — Amélioration dure depuis deux ans.
Homme, trente-cinq ans, grand, fort, à large poitrine.
Père et mère en excellente santé. Du côté paternel, famille très nombreuse, pas un seul tuberculeux, quelques cancéreux. Le père, âgé de soixante-dix ans, jouit d'une excellente santé. Du côté maternel, famille également très nombreuse, oncles cardiaques et migraineux; un seul cousin est mort tuberculeux, avec une forme
congestive et hémoptoïque contractée peut-être dans les hôpitaux après un labeur prolongé.
Personnellement le malade, Thiver précédent, s'est beaucoup fatigué, et par fatigues professionnelles et par une certaine assiduité à des bals et des dîners fréquents, qui l'obligeaient à travailler, toujours très tard, afin de trouver le temps nécessaire à la direction d'une importante administration. Fait important à signaler, le malade a été très longtemps en rapport de voisinage, avec un employé tuberculeux, crachant sur le plancher depuis de longs mois, lorsqu'une désinfection bien tardive et bien insuffisante fut pratiquée.
Au mois d'août 1893, première hémoptysie, véritable surprise pour tout le monde, bien que, depuis trois mois, le malade fût sujet de temps en temps à quelques accès de fièvre, passés inaperçus de l'entourage, et dont le malade ne disait mot. L'accident s'est prolongé pendant huit à dix jours, sans fièvre.
A ce moment l'auscultation indiquait : en avant, a droite, et au sommetf une pluie de râles humides, formant une tache de quelques centimètres carrés, entourée d'une zone périphérique, d'étendue variable, à râles beaucoup plus fins et attribuables surtout à de la congestion ; rudesse respiratoire, pas de souffle. A gaucbe, en avant seulement : légère zone congestive avec rudesse respiratoire, expiration prolongée et submatité, résonance vocale.
Le diagnostic formulé est : tuberculose pulmonaire à forme hémoptoïque, chez un arthritique, avec, à droite, ramollissement au début et^ à gauche, induration.
Le malade arrive dans les premiers jours du mois de janvier 1894. Il a de la fièvre depuis plus d'un mois, et ne cesse d expectorer, chaque jour, des crachats teintés de sang, parfois môme complètement rouges. L'amaigrissement est prononcé. Tout le lobe supérieur droit, tant en avant qu'en arrière, est en voie de ramollissement. A gauche, dans la hauteur des deux premiers espaces intercostaux, râles de congestion, et du même côté, dans la ligne axillaire, au niveau du sixième espace intercostal, zone de pleurésie sèche, sur une élendue de quatre centimètres carrés, avec râles congestifs sous-pleuraux, entendus dans les fortes inspirations.
Expectoration bacillaire dès le début.
Le malade fait un premier séjour jusqu'au 25 juin, pendant lequel ses tendances hémoptoïques se manifestent aux époques suivantes :
266 CLIMATHÉRAPIE.
24 janvier. Crachais hémoptoïques pendant deux jours, sans fièvre.
3 février. Crachais hémopioïques pendant deux jours, sans fièvre.
Du 26 mars au il avril, le malade rend chaque matin, deux ou trois crachats à peine colorés, sans fièvre.
23 mai. Dans la matinée, rend quatre crachats sanguinolents, sans fièvre.
15 juin. Légère coloration des crachats dans la matinée.
Pendant tout ce premier séjour, ce qui a caractérisé Tamélioration, c'est la cessation de la fièvre. Elle s*est manifestée à trois époques difi'érentes cependant, mais pour les raisons que voici :
Le 26 février, le malade est pris d'un accès de fièvre (38*,8) qui coïncide avec une douleur péri-anale vive. Je constate le début d'un abcès sous-sphinctérien dont l'induration remonte, à droite, jusqu'au-dessus du sphincter. Dès que labcès bombe à l'anus, j'incise : issue d'un pus louable et sans odeur. Le stylet et le doigt indiquent que la muqueuse rectale a conservé son épaisseur, et toute probabilité de fistule anale est écartée. Guérison parfaite et définitive depuis lors.
La 3 mars, fièvre à 39*», et le 5 avril, fièvre à 39°,2. Ces deux accès témoignaientd'un embarras gastrique, conséquence de la suralimentation. Un purgatif, la diète lactée, font tout rentrer dans Tordre.
A la fin du premier séjour, l'état local s'était amendé. Les signes de ramollissement à droite sont moins étendus, et les phénomènes congestifs à gauche moins intenses et plus circonscrits. Les tendances hémoptoïques se sont améliorées.
Les pesées successives ont donné les résultats suivants, qui témoignent d'un bénéfice à peine marqué :
3 février. 71S000. 28 avril. 7i»',300.
2 mars. 72\250. 5 mai. 72S300.
4 avril. 72\250. 12 — 72S600.
20 — 72S600. 2 juillet. 72^800.
Le malade reste absent d'Arcachon, du 20 juillet au 10 octobre.
Dans cet intervalle de temps, nouvelles hémoptysies : « Le 25 août, j'avais un peu de sang dans mes crachats, et dans la nuit du lundi 27 au mardi 28, j'ai eu une assez forte hémoptysie, plus forte qu'aucune de celles que j'ai eues à Arcachon, » m'écrivait le malade. Enfin, à la date du 10 septembre, le médecin traitant
m'écrit : « La forme coDgestive domine toujours, et depuis quinze jours, malgré les soins continus et les précautions les plus grandes, notre malade a encore eu deux hémoptysies, sans élévation de température, plus abondantes et plus prolongées qu'à Arcachon. »
Ce qui précède, démontre qu'un premier séjour dans la forêt d'Arcachon, sans avoir amené une très notable amélioration, avait du moins produit une atténuation marquée dans les tendances hémoptoïques, dont les manifestations s'éloignaient de plus en plus. Un second séjour a produit un résultat des plus favorables.
Le malade arrive le 11 octobre 1894, et le 14, à la suite d'une trop longue et intempestive promenade en forêt, il est pris d'une hémoptysie assezforte, maisbien moindre que les deux précédentes, car le 15, il n'y a plus de trace de sang dans les crachats. L'état local donne, à l'examen, les résultats suivants : Poumon droit, en avant^ dans la hauteur des quatre premiers espaces intercostaux, matité, résistance au doigt, et râles humides, véritables craquements. Les signes de ramollisement sont les mêmes, en arrière, dans toute la fosse sus-épineuse. Poumon gauche, en avant, dans la fosse sous-clavière, dans toute sa largeur et sur une hauteur de deux travers de doigt, infiltration tuberculeuse, également en voie de fonte. En arrière^ dans la fosse sus-épineuse, phénomènes congestifs. Dans la ligne axillaire, vers la région mammaire, plaque de pleurésie sèche, à frottements rugueux.
L'amélioration obtenue après deux mois de séjour est des plus appréciables. Dans l'état général, les pesées successives témoignent de cette amélioration marquée :
i2 octobre.
13 décembre
3 novembre.
5 janvier.
5 décembre.
Soit bénéfice : 6S300.
A noter que depuis le 13 décembre^ le malade n'a cessé de dormir les fenêtres ouvertes, et ce, malgré l'hiver exceptionnellement rigoureux de 1894-1895.
Quant à l'état local, l'amélioration est non moins notable.
268 CLIMATHÉRAPIE.
Après deux mois et demi de séjour, les résultats de l'examen sont les suivants [io janvier) : Poumon droit, en avant, la matité très atténuée n est plus que de la submatité ; les craquements humides n'existent plus, et Toreille ne perçoit que des râles de congestion, entendus seulement dans la hauteur des deux premiers espaces intercostaux; au-dessous, la perméabilité pulmonaire est revenue, le murmure respiratoire ayant là cependant un timbre sec; en arrière, amélioration de même ordre et dans les mêmes proportions. Poumon gauche en avant^ la congestion n'existe plus, c'est à peine si, à la suite des efforts de toux, éclatent quelques bouffées de râles humides, rares et disséminés. Les frottements pleuraux n existent plus.
Expectoration diminuée de plus des deux tiers, toujours bacillaire. La guérison de labcès de la marge de Tanus ne s*est pas démentie.
Départ d'Arcachon, le 10 juin, avec un bénéfice net en pofds de 12 kilos.
L'amélioration ne s'est pas démentie depuis lors, sans que le malade ait pu encore arriver à la guérison.
Observation XXIX. — Ramollissement tuberculeux, plus particulièrement du sommet droit, — Durée du séjour : deux ans. — Augmentation de poids, après les sept premiers mois : 6*^,600 — Amélioration remonte à seize mois.
Homme. Sans antécédents héréditaires précis.
Agé de trente-cinq ans. Bien portant jusqu'à vingt-deux ans, « malgré les excentricités que j'ai pu faire tant en France qu'à l'étranger ». A vingt-deux ans, pris d'hépatite avec menaces d'abcès du foie. Est envoyé en France aussitôt que possible, où la guérison complète est obtenue, au bout de deux ans de séjour continu, y compris deux cures à Vichy.
En 1889, à la suite d'imprudences graves, aurait eu, dans les colonies, une pneumonie double, considérée comme des plus graves, par les médecins traitants. Au bout de trois mois, i\la surprise des médecins, le malade était guéri^ et recommençait la vie de fatigue, de surmenage qu'il menait toujours.
En 1892, au mois de juillet, inûuenza, que le malade soigne peu, gardant le lit, à peine quelques jours, recommençant au bout de quinze jours sa vie active, mais constatant quil avait perdu sa vigueur, jamais retrouvée depuis.
En 1893 au mois de février, après une nouvelle petite poussée d^hépatite, sentant son état général mauvais, vient en France selon les conseils de son médecin, qui n*avait trouvé rien d'anormal à ses poumons. Arrivé à Paris, en avril, on constate quelque chose au sommet gauche. Le malade est invité à se défier. « Je ne voulus pas croire, et partis pour Royat, où je fis une saison de vingt et un jours, après laquelle je rentrai à Paris, assez bien, ayant engraissé et sentant un peu mes forces revenues. Mais cela ne devait pas durer. Des contrariétés jointes à la vie de restaurant, aux couchers à minuit, après des soirées passées dans des atmosphères de tabac, etc., me firent perdre l'appétit, et le 22 septembre, après quelques accès de fièvre avec frisson, supportés debout, je m'alitais, sans forces et crachant du sang, »
Le 25, malgré la fièvre, malgré la faiblesse, malgré sonhémoptysie, le malade quitte Paris et s'embarque pour Tétranger le 26. L'hémoptysie cesse après trois jours de mer, et le sixième jour de la traversée, le malade reprenait la vie commune du bord.
Le 9 octobre à l'arrivée, « on avait peine à croire que je venais d'être malade ». Au lieu de continuer à se soigner, M. X... met tout traitement de côté et veut mener lexistence d'un homme en bonne santé. Gela ne dura pas longtemps et le 10 décembre, il se couche avec fièvre et bronchite.
Un mois après (10 janvier 1894), la situation se complique d'accidents dysentériques intenses qui durèrent une vingtaine de jours. « J'estime n'avoir jamais été plus malade qu'à cette époque. Peu à peu, je sortis de là cependant, mais ayant conscience que j'étais éreinté et démoli. »
Retour en France le i" juin 1894, arrivée à Arcachon le 18.
C'est le 3 juillet que je vois le malade pour la première fois. L'examen local, l'étude bactériologique des crachats, devaient confirmer, ce que l'historique indiquait trop clairement, l'existence d'une tuberculose pulmonaire.
Mais l'état général n'est pas détérioré que par la tuberculose; en efret,le malade est morphinomane,et depuis le mois de (/^cem^re 1893, use de la morphine tous les soirs. Dès la première consultation, j'impose la nécessité de cesser, à bref délai, la morphine, faute de quoi rien ne serait possible contre la tuberculose pulmonaire, dont je révèle l'existence au malade. Doué d'une énergie remarquable, dès les premiers jours d'août, le malade avait cessé l'usage de la morphine.
270 CLIMATHÉRAPIE.
Examen local. Se résume en deux mots : infiltration tuberculeuse des deux sommets, beaucoup plus avancée à droite qu'à gauche. Poumon droit : craquements humides, dans toute la hauteur et la largeur de la fosse sus-épineuse, et dans le creux sousclaviculaire. Poumon gauche, induration en avant, quelques flots de craquements humides en arrière. Expectoration muco-purulente, le matin, peu abondante, mais bacillaire. Le malade croit avoir de la fièvre, mais les recherches thermométriques strictement poursuivies pendant deux mois sont restées négatives, la température oscillant entre 36%3 et 36%5, le matin, 36«,5 et 36%6 le soir.
Sous TinQuence de la cure d air (le malade n'a cessé de dormir la fenêtre ouverte), de la cure de repos (pendant les deux premiers mois), lamélioration n'a pas tardé de se produire.
il juillet. 55S900. 3 novemhtt. 62^,150.
24 — 57S200. 4 décembre. 6^^300.
il août. 58^,400. 15 — 6i*,500.
11 septembre. 60\80a, 11 janmer. 62%050.
24 — 60\900. 9 févHer. 62\500.
15 octobre. 62^,100.
Bénéfice : 6^ 600.
L'examen des pesées, démontre que depuis deux mois environ les bénéfices d'augmentation sont moins marqués qu'au débat. Cela tient à ce que le malade mène une vie très active, plus active que je ne le désirerais : mais vie active de plein air.
Quant à la transformation de l'état pulmonaire, elle est non moins saisissable. Voici les résultats de Texamen (15 février 1895) : Poumon DROIT, en avant: submatité légère jusqu'au troisième espace intercostal, aucun bruit anormal même dans les inspirations profondes, murmure respiratoire rugueux, expiration prolongée et saccadée, résonance de la voix, nulle : en arrière : submatité légère dans la fosse sus-épineuse, avec quelques craquements secs, mais sans aucune bouff'ée de râles humides. Poumon gauche, en avant, sonorité presque normale, avec murmure respiratoire sec ; en arriére .* submatité à peine appréciable, avec affaiblissement du murmure respiratoire, sans râles humides, quelques légers frottements.
Janvier 1897. Le malade est encore en séjour, après une courte absence de deux mois, en pays étranger, chaud. Là, perte rapide de l'appétit, amaigrissement, et légère hémoptysie.
Les lésions pulmonaires se limitent au sommet droit, et se traduisent par de la submatité, des craquements, et parfois quelques bouffées de râles humides, fins, espacés en tlots.
L'expectoration est nulle ou peu s'en faut. A peine si tous les deux ou trois jours, le malade rend un crachat épais, muqueux ; le plus souvent, n'expectore que quelques mucosités pharyngées mélangées de salive, et non bacillaires.
En effet, Texamen d'un des rares crachats, épais, vraiment bronchique, a donné {iO janvier 1897) : quelques rares leucocytes, rares cellules plates à petits noyaux ; pas d'hématies, pas de fibres élastiques, quelques rares microcoques, pas de bacilles de Koch.
Malgré ce résultat^ le malade ne saurait être considéré comme guéri.
Observation XXX. — Ramollissement hémoptoïque du sommet droit, — Durée du séjour : deux mois et demi. — Augmentation : A kilos. — Amélioration dure six mois.
Jeune homme, vingt et un ans.
Les antécédents ne sont pas irréprochables ; rien du côté du père, rien du côté de la mère, si ce n'est une tendance arthritique des plus certaines ; mais le grand-père paternel est mort à quarantetrois ans d'une phtisie galopante, acquise, prétend-on.
Entré à une de nos écoles militaires au mois de novembre 1887, tout s'est bien passé pendant la première année.
Au mois de septembre 1888, pleurésie gauche insidieuse, qui a été guérie assez à temps pour que la rentrée à TËcole pût avoir lieu au mois de novembre suivant.
En décembre de la même année, impression de froid très vive, dont le jeune homme n'a pas tenu compte, et qui a produit une fatigue marquée, non accusée par le malade, qui continuait, sans se plaindre, à vivre de la vie commune et particulièrement dure de l'École.
En janvier iSS9, le médecin appelé à le voir, constate une poussée granuleuse au sommet droit. Un congé est accordé, et la fin de rhiver et le printemps sont passés à Cannes, en Algérie et même en Tunisie. Au mois d'août^ cure à Eaux-Bonnes. Tout cela amène une suspension complète de la poussée, et une amélioration considérable de la lésion du sommet.
La situation était assez bonne et on allait autoriser la rentrée à l'École, en novembre 1889, sans l'apparition de quelques crachats
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sanguinolents, qui ont été rendus après une soirée mondaine, au cours de laquelle le malade avait beaucoup fumé, dans une chambre encombrée et surchauffée.
En mars 1890, après Thiver passé à la campagne, un soir, en rentrant à TËcole, après avoir fumé dans le wagon, et par une température extrêmement rigoureuse, survient une hémoptysie abondante, qui a duré huit jours, et qui s'est renouvelée après quinze jours d'arrêt. En même temps, une diarrhée séreuse s'établissait et affaiblissait beaucoup le malade.
A Tauscultation, respiration rude et même un peu soufflante du SOMMET droit; ràlcs humides dans toute Tétendue des lobes moyenetinférieurdece même côté, avec propagation versTaisselle. Rien à gauche .
Ëvidemment, il s'était fait une deuxième poussée tuberculeuse, plus étendue que la première. Son médecin fait réformer le malade, toute carrière militaire étant désormais devenue impossible, et le malade est envoyé à Ârcachon pour trois mois {avriljuin).
Le malade n'a séjourné que deux mois et demi. Voici, le jour de son départ, la note envoyée à son médecin :
Le bénéfice obtenu par M. X... est des plus sensibles, et se traduit, à la balance, par une forte augmentation de poids :
21 avril. 64S000. 5 juin. 66S300.
3 înai. 65S200. 13 — 67^750.
Soit 4 kilos de gain.
Le retour à l'appétit, le bon état des voies digestives ont été assez rapides à obtenir, sauf cependant un léger embarras gastrique qui a duré cinq jours, conséquence de la suralimentation, et dont la diarrhée a été le symptôme prédominant.
L'état général s'est donc amélioré ; retour des forces, sommeil excellent. L'état local a marché parallèlement. La toux a beaucoup diminué, l'expectoration est à peu près nulle, la dyspnée négligeable; et,àrauscultation, il est aisé de constater que les phénomènes de ramollissement du poumon droit se sont amendés: les râles sont infiniment moins nombreux, moins humides. Le seul incident à noter, est l'apparition de cinq ou six crachats sanglants, au début du séjour, après un exercice trop prolongé et trop violent. L'incident s'est borné là.
Les crachats, examinés à l'arrivée et au départ, contiennent des colonies de bacilles.
Le malade, après six mois passés à la campagne (environs de Tours) où Tamélioration s'accentue, rentre à Paris fin décembre 1890, y est repris d'une hémoptysie le 5 févner 1891, et meurt à Madère au printemps.
Observation XXXI. — Ramollissement des deux sommets. — Durée du séjour : six mois, — Augmentation de poids: 3^,900. — Amélioration dure deux ans.
Homme, trente- huit ans. Père et mère morts de tuberculose pulmonaire.
u Au mois de décembre 1887, j'ai commencé à ressentir, vers trois heures de l'après-midi, un affaissement physique et moral qui me rendait incapable du moindreeffort.il est probable que si je m'étais avisé de prendre ma température, je l'aurais trouvée au-dessus de la normale.
« Au mois de janvier 1888, je ressentis parfois,en me mettant au lit, des frissons. Ays^t pris ma température, je me trouvai avec 40<'. « Au commencement de février, retour de la toux matinale qui m'était assez habituelle, car depuis deux ans, chaque hiver j 'avais une bronchite chronique. Puis vinrent les sueurs nocturnes et plus tard la diarrhée. Dès lors on reconnut que j'étais atteint de tuberculose pulmonaire. Le mal fit de rapides prog^rès, et ma température vespérale oscillait entre 39*^,5 et 40"^; les sueurs augmentèrent, la diarrhée également, et, bien que mon appétit se maintint bon, je maigrissais à vue d'œil, et mes forces diminuaient très sensiblement. Au mois d'avril, le sommet do mon poumon droit est en voie de ramollissement. »
Arrivée à Arcachon, le 15 juin 1888. Poids : 59^,6()b. L'état local est le suivant : Poumon droit, en avant, dans la hauteur des trois premiers espaces intercostaux, submatité marquée, avec percussion douloureuse, craquements humides ; en arrière, matité dans la fosse sus-épineuse, avec léger souffle entouré d'une large zone de ramollissement on retrouve les mêmes signes de ramollissement dans la fosse sous-épineuse, surtout à la partie moyenne dans la gouttière costo-vertébrale. Poumon gauche, en avant, sous laclavicule, sonorité à peu près normale, avec respiration soufflante et saccadée; en arrière, craquements secs dans toute la fosse sus-épineuse, et râles ronflants et sibilants de la fosse sous-
Lalesque. — Phtisie pulmonaire. 18
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épineuse. Expectoration abondante, muco-purulente, riche en bacilles.
Après un mois de séjour, disparition des sueurs nocturnes, de la diarrhée, et cessation de la fièvre.
En août^ cure à Eaux-Bonnes. Là, une seule fois, expectoration de quelques crachats légèrement colorés. Ce petit accident s'était déjà produit au début de la maladie.
Du mois d'août à la fin d'oc^o6re,légère élévation régulière du thermomètre, le soir, mais en moyenne, au-dessous de 38®.
Depuis le il novembre jusqu'au 31 décembre 1888, jour du départ, les écarts au-dessus de 37*' ne dépassent pas 0°,4.
L'amélioration est manifeste. La toux a très notablement diminué, l'expectoration exclusivement muqueuse est presque nulle. L'état local est le suivant : Poumon droit, en avant^ à la percussion, sonorité meilleure, avec quelques légers craquements secs disséminés; en arrière, sonorité presque normale dans la fosse susépineuse, avec des craquements secs, fins, une respiration obscure, sans souffle ; mêmes phénomènes dans l'ancien foyer de ramollissement près de la gouttière costo-vertébrale, et respiration pure dans tout le reste du poumon. Poumon gaucbe, en avant^ sonorité normale^ respiration sèche; en arrière, les râles sibilants et ronflants disparus, ont fait place à une respiration un .peu rugueuse.
En somme, amélioration locale considérable, puisque à l'arrivée on constatait des phénomènes, non douteux, de ramollissement.
L'amélioration de l'état général se caractérise par les pesées uivantes :
15 juin 1888. 59S600. 20 octobre 1888. 62^500.
^0 juillet 1888. 60^000. 15 novembre 1888. 63^000.
15 août 1888. 62^000. 31 décembre 1888. 63S500.
Bénéfice : 3^,900.
Cette amélioration ne s'est pas maintenue. Le malade est mort à l'étranger en juin 1893.
Observation XXXIl. — Bronchite chronique tuberculeuse. — Ramollissement du sommet droit, — Durée du séjour : deux mois, — Augmentation de poids: 4*^,450. — Amélioration,
Homme, vingt-huit ans. Père et mère bien portants.
Bonne santé personnelle jusqu'en janvier 1890. A cette époque, après un gros surmenage cérébral, aggravé de fatigues dues à une
YÎe mondaine exagérée, commence à perdre rappétit, à maigrir, à tousser et à expectorer de temps en temps, la nuit, quelques mucosités parfois simplement striées de sang, mais parfois également presque totalement rouges. Malgré cela, ne modifie en rien son existence, jusqu'au moment où il est envoyé à Arcachon (10 avril) avec le diagnostic suivant : « Atteint de bronchite chronique à produits bacillaires, actuellement tourmenté par des petits crachements de sang et des poussées congestives. »
il avril. Jour de Tarrivée, état général : grand, maigre, très pâle, dyspnéique, sans appétit, pèse 53'',550.
A Tauscultation Je constate : au sommet droit, en arrière, près de la colonne vertébrale, de la submatité étendue à presque toute la fosse sus-épineuse, avec augmentation des vibrations thoraciques, murmure respiratoire extrêmement affaibli, avec expiration prolongée et saccadée. En avant, du même côté, quelques bouffées inconstantes de râles humides fins, mélangées à de gros râles muqueux. Le côté gauche est sain. Pas de fièvre.
21 avril. Mange beaucoup mieux, et dort très bien. Avait, jusqu'au jour de son arrivée, des crachats rouges ; depuis lors, pas une seule expectoration sanguinolente. Tousse beaucoup moins, les forces reviennent. Poids actuel 54*^,250, soit une augmentation sur l'arrivée de : 0^,700.
8 mai. L'amélioration ne se dément pas. Le malade mange toujours beaucoup, dort parfaitement, « comme je n'ai pas dormi depuis plus d'un an », dit-il. La toux a beaucoup diminué et l'expectoration est nulle. Peut marcher sans fatigue, sans toux : fait des promenades de deux et trois heures. Aussi le poids s'en ressentil, 56\900, soit bénéfice 3^350.
Ne tousse pas une seule fois dans la journée, le matin n'a pas même une seule expectoration, à peine s'il <c se racle la gorge deux ou trois fois, à raison de ses granulations professionnelles ».
30 mai. Jour du départ, 58 kilos. Ne tousse plus, ne crache plus, à peine un tout petit crachat le matin, tous les huit ou neuf jours. Crachat muqueux à bacilles peu nombreux, mal développés.
La submatité du sommet droit est beaucoup moins prononcée, les vibrations thoraciques, toujours exagérées, la respiration légèrement soufOante, mais beaucoup moins obscure ; la perméabilité pulmonaire n'est pas discutable, bien que le murmure respiratoire reste sec; disparition des râles humides.
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En somme, amélioration locale et surtout amélioration générale se traduisant par la série des poids suivants :
il avril, 53S550. 17 mat. 57S800.
8 mai 56S900.
Bénéfice : 4'',450.