‹ Cure marine de la phtisie pulmonaireChapitre 84 sur 101 · C. — Aggravation · texte numérisé non relu

C. — Aggravation

12 cas — dont 3 relatifs à de la tuberculose pulmonaire à forme galopante. Les malades sont morts après deux^ trois et cinq mois de séjour.

2 relatifs à de la tuberculose pulmonaire à forme lente, très aggravés par des séjours de six à sept mois. Les malades sont morts quelques mois plus tard, l'un à Cannes, l'autre à Pau.

1 cas très aggravé (forme rapide hémoptoïque) malgré une cure de trois mois, s'est amélioré par le retour au pays natal (La Martinique).

Pesées : 7 cas, inconnues.

5 cas, perte de 1*^,500 à 2*^,500 dans le premier mois.

Durée du séjour : un à sept mois.

Observation XXXllI. — Ramollissement hémoptoïque des deux sommets. — Durée du séjour : deux mois, — Perte de poids : 1\600. — Aggravation rapide.

Homme, trente ans. Père et mère bien portants.

A déjà fait un premier séjour à Ârcachon, pendant deux mois^ en 1890, pour une congestion tuberculeuse hémoptoïque du sommet droit; s*y était amélioré très notablement, augmentant de poids de S'^^SOO, et voyant totalement disparaître ses expectorations hémoptoïques qui, journalières, duraient depuis trois mois.

Le malade, homme fort instruit, retrace son histoire pathologique avec une grande clarté, depuis son départ. Elle est instructive.

1890, avrils mai : Séjour à Arcachon, amélioration considérable qui émerveille mon médecin de Paris. Rien de particulier pendant Tété suivant. Amélioration progressive. En septembre, je puis faire l'ouverture de la chasse et grimper des côtes assez raides sans être essoufflé.

Départ pour l'Algérie le 12 novembre. A Alger, le docteur qui me soigne constate quelques râles de congestion pulmonaire au sommet droit en arrière. Quinze jours plus tard, cela a presque disparu.

En décembre, grosses pluies, et même dans la seconde quinzaine, vent froid. Rhume. Je profite d'un temps meilleur pour partir, le âyanrter 1891, en excursion dans Tintérieur ; le 5, quelques crachats rouges, dans la matinée; mauvais temps, neige. Huit jours sans bouger, puis retour à Alger. ATauscultation, le docteur ne constate rien de plus qu'au moment de mon arrivée.

15 janvier. Arrivée à Biskra. Amélioration continue, appétit bon, bonne mine, courses à cheval, chasses.

Vers la fin de févHery convocation pour une période militaire de ^ jours. Je vais trouver le médecin en chef qui n'est pas d'avis de me donner un nouveau sursis (I). Excursion de 15 jours dans le Sahara, à cheval. Couchage dans les bordjs de l'Ëtat, sur des lits de camp ; 50 à 60 kilomètres par jour, avec trois jours de repos, en deux fois. Au retour, poids 58 kilos au lieu de 60, donc perte nette de 2 kilos.

Fin avril, retour en France.

En mat, service militaire dans la Meuse: rhume sansconséquence. Pendant l'été, excellente santé, très bonne mine : poids 62 kilos, qui est le poids maximum atteint.

Au commencement de novembre, à Paris, poussée congestive avec crachats rouges, accompagnée de fièvre. Cet état va s'aggravant, surtout dans la dernière quinzaine de décembre, avec une opiniâtre persistance de la toux.

1892, janvier. Le 2, départ pour Biskra. Pendant ce mois, à cinq ou six reprises difi'érentes, plusieurs expectorations sanglantes, avec fièvre qui dure tout le mois, parfois même très forte, 39^.

Eo février, la fièvre disparaît, et le poids passe de 54 à 56 kilos.

Fin mars, à deux ou trois reprises quelques crachats rouges, sans fièvre, ni transpiration, ni diminution de lappétit.

En avril, retour par la Tunisie : rhume sur le bateau.

278 CUMATHÉRAPIE.

Mai, juin, juillet, en France : bonne santé, amélioration progressive ; j*engraisse et j'ai meilleure mine, mais je m essoufQe toujours assez facilement, ce qui n^arrivait pas Tété précédent.

Fin juillet, violent mal de gorge (?), quelques crachats légèrement teintés.

Août, saison à la Bourboule, sans grand résultat. Cependant, le médecin traitant, qui a constaté un peu de matité à droite, en arrière, trouve la respiration meilleure au départ. Il semble attribuer ce résultat à Taititude plutôt qu'à reffet de la cure.

Septembre, séjour à la campagne. Là, à la suite d'une longue excursion à cheval, crachats rouges abondants pendant une nuit, qui se prolongent pendant la matinée. Mêmes phénomènes, dix jours plus tard, avec violente laryngite aiguë.

Octobre, toux assez fatigante, incessante. Expectoration très abondante avec changement de couleur et de consistance des crachats : crachats jaunes, épais.

Novembre, décembre, la toux diminue, mais ne cesse pas. Violents maux de gorge (laryngites) à intervalles de huit à dix jours, souvent accompagnés d'un peu de fièvre, et suivis de quelques crachats rouges, en très petit nombre chaque fois.

iS93, janvier, fièvre presque tous les joursentre 4 et 5 heures du soir. Amaigrissement, affaiblissement marqués. Deux fois, expectorations sanglantes. A la fin du mois, mauvais état du poumon droit, et légère atteinte du sommet gauche, constatés par les médecins consultants.

Au commencement de février, courbature dans les membres inférieurs, et même légère enflure au-dessus de la cheville, fièvre quotidienne, chaque accès précédé d'un grand frisson, apparition des transpirations nocturnes. Quintes plus pénibles, soulèvent Testomac et déterminent parfois le vomissement du repas du soir, pourtant bien léger, à raison de la perte d'appétit.

Arrive le 1" m^rs dans la forêt d'Arcachon.

L'état général précédemment signalé est le même.

L'état local est le suivant : poumon droit, en arnère, matité dans toute la fosse sus-épineuse, avec gros râles muqueux, presque du gargouillement; submatité très nette dans toute la hauteur, depuis l'épine de l'omoplate jusqu'à la base, coïncidant avec des râles sibilants, des râles humides sous-crépi tan ts à bulles moyennes, et absence presque complète du murmure respiratoire à la base, égophonie ; en avant, sur une hauteur verticale de quatre travers

de doigt, signes de ramollissement, de fonte pulmonaire (craquements humides).

Poumon gauche, en arrière^ dans les fosses sus et sous-épineuses, résistance au doigt très marquée, râles humides, avec craquements humidespar les secousses de la toux ; en avant, induration pulmonaire circonscrite aux deux premiers espaces intercostaux : submatité, résonance de la voix, respiration soufflante, quelques craquements secs.

30 mars. Tous les symptômes, tant généraux que locaux, vont s'accentuant, les poids témoignent de la déchéance : 4 mars. 53S100.

L'intensité de la fièvre augmente, et le thermomètre oscille chaque jour entre 35»,9, 36%2, 36^8, le matin, et 38»,2, 38»,6, 39% le soir. Aujourd'hui, violente hémoptysie qui a son siège à gauche, toute la partie moyenne et supérieure de ce poumon, tant en avant qu'en arrière, étant envahie par des râles abondants de congestion. La quantité de sang rendu est abondante, et anémie le malade. Cette hémoptysie est le point de départ d'une poussée qui précipite la fonte purulente des deux poumons, si bien que la période ultime, la période cachectique arrive.

Dès cette époque, le malade ne quitte plus la chambre, les accès de fièvre (flèvre infectieuse) sont violents, précédés de frissons, de sensation de froid des plus pénibles, avec sueurs profuses et anorexie absolue. L*amaigrissement est des plus rapides, et le malade quitte Arcachon le 19 mai, pour succomber un mois plus tard chez lui.

Observation XXXIV. — Pleurésie tuberculeuse avec épanchementy à gauche. — Fonte rapide du sommet gauche. — Durée du séjour: six mois. — Perte de poids : l'',600. — Aggravation rapide.

Garçon de onze ans. Père et mère robustes, mais mariés tard.

Fièvre muqueuse en mai 1881. Coqueluche en janvier 1886. Rougeole en mars 1887.

Pleurésie en août 1888, pour laquelle il vient à Arcachon (1" décembre 1888), en voie de guérison, dit le père. Or l'état général est mauvais : enfant absolument maigre^ décoloré, à longs cils, à reflets bleuâtres de la sclérotique ; pas d'appétit, dyspnée pendant la marche.

2i0 CLIMATHÉRAPIE.

Toute la poitrine à gauche ett pleine d'eau: pleurésie totale, aucun si^e classique ne fait défaut : souffle pleurétique au sommet et le long de la gouttière vertébrale, pas de murmure respiratoire, égophonie, matité absohie, pas de vibrations thoraciques; Tamplitude thoracique gauche dépasse de deux centimètres Tamplitude thoracique droite. Cœur, à peine déplacé, espace de Traube à peine diminué dans le sens vertical, bruit skodique sous la clavicule, pas de fièvre.

Le père et la mère paraissent très surpris de cette constatation, ils croyaient Tépanchement résorbé. Us ont appris par la suite que le médecin qui soignait leur fils était sourd (?), disent-ils. Un grand nombre de vésicatoires ayant été posés, je parle de la ponction comme d'une éventualité probable, et soumets Tenfant au régime du lait, et à la digitale, avec cure d*air.

Le liquide se résorbe assez vite, du moins en grande partie. L'enfant engraisse, mange mieux, dort bien, n'a pas de fièvre et, à la fin du second mois de séjour, sort et marche pendant quelques instants sans essoufflement comme sans fatigue ; les téguments se colorent. Les premières pesées font foi de cette amélioration. 7 décembre 1888. 32^100. 3 janvier 1889. 33S000.

Puis un temps d'arrêt se produit (mi-février) dans la résorption du liquide, dans l'augmentation des poids, et des craquements secs apparaissent au sommet gauche en arrière.

La toux, peu fréquente et sèche jusqu'alors, commence à s'accompagner d'une expectoration peu abondante, ayant surtout lieu le matin, et déterminant parfois soit des nausées, soit des vomissements. Une nuit, un accès de toux a fait rendre tout le repas du soir. A deux ou trois reprises différentes, l'expectoration a été franchement sanglante, mais sans hémoptysie proprement dite. L'appétit se maintient assez bon, les forces ne diminuent pas très sensiblement, l'enfant peut encore rester debout et marcher, mais le poids va sans cesse diminuant, d'une façon lente, mais progressive.

31 janvier. 32^,750. 7 mars. 32S600.

7 février, 32S600. 14 — 32S500.

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