‹ Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deuxcent soixantequinze opérations [electronic resource]Chapitre 12 sur 94 · CHOIX D'UNE OPÉRATION DE CURE RADICALE · texte numérisé non relu

CHOIX D'UNE OPÉRATION DE CURE RADICALE

En déterminant la méthode à laquelle il fauL avoir recours pour obtenir la cure radicale, il n'est pas inutile de faire remarquer et bien spécifier que nous avons en vue la hernie qui n'est pas étranglée. Sans doute, quand on veut profiter de la kélotomie pour étranglement pour faire une cure radicale, on le peut et on le doit ; on utilise des procédés analogues à ceux que nous allons préconiser; mais on fait, en réalité, une opération de conditions tout à fait différentes et qu'on aurait tort d'assimiler à celle qui doit être pratiquée sur une hernie qui n'est pas en état

d'étranglement.

On a proposé tant de fois de pratiquer la cure radicale qu'on ne devrait avoir qu'à faire un choix parmi les nombreux procédés proposés tour à tour. Il n'en est rien pourtant ; et, si la pratique d'autre-

fois est restée si remarquablement stérile, cela tient non seulement aux dangers qui étaient inhérents à la chirurgie d'autrefois, mais à l'erreur des auteurs qui se sont évertués à chercher un procédé unique applicable à tous les cas, plutôt qu'une méthode générale devant subir de fréquentes modifications ou mieux des adaptations aux cas particuliers si changeants dans toutes les variétés de hernies.

Aussi les procédés décrits sont multiples sans être complets. Les chirurgiens qui n'avaient qu'une expérience très restreinte se sont attachés à leur procédé sans pouvoir démontrer qu'il eût une grande valeur. Chacun des chirurgiens, en imitant son prédécesseur, se trouvait dans la nécessité de le modifier ou de le remplacer.

L'examen de cette innombrable kyrielle de procédés n'a aujourd'hui aucun intérêt pour un chirurgien qui veut établir une pratique sérieuse. Cette revue des choses du passé, qui peut, au contraire, avoir un intérêt historique, a, du reste, été très bien exposée dans une excellente thèse de concours de M. le docteur Segond, et j'y renverrai volontiers (d).

La lecture de ce dernier livre montre même que je me place à un point de vue très différent de celui qui a été poursuivi par les chirurgiens qui m'ont précédé dans cette voie, puisque la méthode assez

(1) Paul Segond, Cure radicale des hernies, thèse d'agrégation ; Paris, 1883.

GO cuoix d'une opération

complexe que je recommande ne saurait trouver une place bien définie dans la classification fort ingénieuse que l'auteur a faite de tous les procédés connus.

Je ne pense môme pas que la lecture des travaux anciens puisse donner quelque inspiration de valeur, parce que nous pouvons et devons intervenir dans des conditions absolument différentes de celles qui étaient par eux reconnues.

Jusqu'à la période contemporaine, les auteurs s'étaient bien occupés des moyens do détruire la hernie, mais ils avaient dû se préoccuper des dangers graves qu'ils faisaient courir. Il leur fallait, de toute nécessité, être très réservés dans l'emploi de certains moyens qui pouvaient augmenter les dangers. Aujourd'hui, nous avons établi tout d'abord la méthode générale qui doit nous mettre à l'abri de tous dangers. Cette précaution prise, nous avons toute liberté dans l'emploi du moyen, et nous ne nous préoccupons plus que des moyens de faire disparaître la hernie, quelque considérable, quelque violente que soit l'action que nous avons à produire, quelque étendu que doive être le traumatisme que nous engendrerons.

; Sans refaire l'histoire de la hernie, reprenons en quelques lignes l'étule de ses conditions d'existence et des nécessités auxquelles devra obéir un procédé qui ait chance d'être efficace.

La hernie est caractérisée par V issue des viscères abdominaux dans un sac séreux à travers un orifice anormal ou agrandi. Le sac séreux qui la limite présente des différences très notables, suivant les régions où on l'observe ; mais sa constitution fondamentale est toujours la même et les conditions de persistance, d'augmentation ou de récidive sont très analogues.

Les conditions nécessaires à l'existence de la hernie sont les suivantes:

1° Un trou ou un canal agrandi clans la paroi abdominale, une solution de continuité qui permette aux viscères enveloppés de leur sac séreux de se rapprocher de la peau dont la paroi musculaire et aponévrotique les sépare naturellement.

2° Le sac séreux qui forme le plan glissant sur lequel s'engageront les viscères constituant une pente lisse, toujours prête pour la chute de ceux-ci, toujours prête à s'accentuer pour le développement incessant de la hernie.

3° Les viscères qui pénètrent celle-ci sont habituellement l'intestin et l'épiploon. Tous les efforts tendent à les amener sur cette pente séreuse, même à la partie supérieure de l'abdomen, et bien plus encore lorsque la hernie occupe, comme de coutume, les parties les plus déclives de l'abdomen. L'intestin est le plus généralement libre dans la hernie, mais il y contracte quelquefois des adhérences et plus souvent encore

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