‹ Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deuxcent soixantequinze opérations [electronic resource]Chapitre 15 sur 94 · CHAPITRE Vit · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vit

POINT D'APPUI SUR LA PAROI ABDOMINALE; CONSTITUTION D'UNE CICATRICE PUISSANTE ; SURFACES CRUENTÉES RÉUNIES.

La deuxième condilion fondamentale de la cure radicale, c'est la production d'une barrière dans la région où était située la hernie, barrière solide, puissante, contre laquelle les viscères puissent venir battre sans inconvénient. Cette barrière, cette surface dure, homogène, doit occuper toute la région herniaire et, s'il se peut, une région plus étendue que celle où l'on rencontrait le canal de la hernie.

Le but poursuivi doit donc être d'abord la production d'une cicatrice la plus large et la plus haute possible. Pour arriver à ce résultat, il faut aborder la hernie par une incision longue et élevée,' remontant le plus haut possible dans la région herniaire. Cette manière de découvrir largement la région opératoire a d'autres avantages, mais elle a

cet avantage définitif de laisser, par la suite, la cicatrice très étendue en hauteur. On sait qu'à rencontre de mon procédé beaucoup d'auteurs conseillent Tincision la plus petite possible, quelquefois une simple piqûre, ouvertures parcimonieuses qui ne permettent aucune intervention complète et sérieuse.

Non seulement la première incision qui découvre la région devra être large et élevée, mais l'incision devra pénétrer et entamer hardiment toute la région du canal herniaire. L'incision large de la paroi du canal inguinal, surtout dans les petites hernies, permet de réséquer le sac bien plus haut. Et celle section des fibres musculaires ne sera pas une cause de faiblesse pour la région, car la cicatrice qui va y être formée et qui fusionnera tous les tissus la défendra infiniment mieux que les fibres musculaires sacrifiées qui avaient été distendues, étirées par le passage des viscères. De même, si nous avons largement fouillé la région, pratiqué d'assez grands décollements, la cicatrice qui accolera toutes les parties aura d'autant plus de puissance et prendra des points d'appui plus sérieux,

Or, mon opération présente les conditions les plus favorables pour la production de cette large et puissante cicatrice. Qu'on n'oublie pas, en effet, que j'ai recommandé de porter l'incision le plus haut possible et que je dissèque la séreuse jusque dans le ventre. Cela me donne une surface cru entée jusqu'au-dessus

Î02 point d'appui de la. paroi

du Irajel herniaire, et ma cicatrice profonde remontera jusque-là.

D'autre part, elle descendra le long du cordon jusque dans les bourses, nous promettant une cicatrice énorme. En effet, la caractéristique la plus intéressante des opérations qui donneront les meilleurs résultats est la présence, dans les jours qui suivent l'opération, d'un cordon volumineux et dur qui s'étend des bourses jusque dans le ventre, à travers la région ouverte autrefois par la hernie.

Or, quels artifices conslitueront cette cicatrice puissante, cette barrière qu'ont recherchée, du reste, plusieurs procédés de cure radicale?

On a demandé celte défense à la suture des piliers. A proprement parler, la suture des piliers n'a par elle-même aucune valeur. Les piliers sont des tissus fibreux de trop peu de vitalité pour faire eux-mêmes leur accolement et trop peu résistants pour retenir quelque chose. Les chirurgiens qui ont préconisé Ja suture des piliers faite avec quelque délicatesse ont été remarquables par la rapidité de leurs récidives.

On a conseillé de boucher le trajet herniaire par des bouchons d'épiploon ou par des débris du sac. Ce sont là, en réalité, des amorces pour la récidive et des occasions d'étranglement pour la hernie qui ne tardera pas à revenir.

Enfin, on a donné le conseil invraisemblable de

faire suppurer le trajet de la hernie pour donner de la solidité à cette cicatrice. Outre l'aggravation du pronostic, assurée par une semblable manœuvre, les chirurgiens qui ont donné ce conseil ont méconnu une notion qui ressort évidente de l'observation de toute notre chirurgie moderne : les cicatrices vraiment puissantes, vraiment solides, sont celles qui ont été faites par première intention.

C'est, en effet, le précepte qu'il ne faut oublier en aucune circonstance. On doit, aussi bien pour la sécurité du malade que pour la valeur des résultats, assurer l'antisepsie parfaite. Ce sera toujours une condition de mauvais pronostic qu'une suppuration de quelque étendue ayant compliqué les suites d'une opération.

Cette condition de l'absence de toute suppuration est, en quelque sorte, remplie à l'avance, dans les cas dont nous nous occupons. Mais elle serait bien loin de suffire à elle seule. Il faut précisément que ces parties, qui vont constituer la cicatrice, soient réunies en un tout parfaitement homogène et solidement condensé. De là, la pratique des sutures perdues. Je fais des sutures perdues destinées, non à faire la réunion des piliers au sens propre du mot, mais à grouper et à fusionner ensemble toutes les parties molles qui peuvent faire masse dans la région et la défendre contre de nouveaux effondrements.

Pour ce faire, je ramasse avec une aiguille chargée

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