‹ Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deuxcent soixantequinze opérations [electronic resource]Chapitre 6 sur 94 · LA CURE RADICALE DES I1ERNILS · texte numérisé non relu

LA CURE RADICALE DES I1ERNILS

jusqu'aux statisticiens qui, par des chiffres éloquents, n'aient démontré à combien de dangers la vie du hernieux est exposée.

On en trouvera la preuve dans les tarifs de certaines compagnies d'assurances sur la vie qui ont admis des risques spéciaux pour les hernieux.

J'ai démontré, pour ma part, que les hernieux sont sujets à une déchéance org inique particulière, dont on trouve la preuve surtout sur les sujets atteints de grosses hernies ou de hernies très anciennes. J'ai observé dans ces cas un si grand nombre de sujets atteints de diabète et d'albuminurie qu'il est impossible de ne pas tenir compte de cette remarque. Il faut admettre que la hernie conduit à une cachexie irrémédiable dont le diabète et l'albuminurie sont les termes les plus graves.

Quels sont donc les puissants motifs' qui ont pu détourner les chirurgiens de la cure radicale d'une infirmité aussi sérieuse?

Les causes de cette défense sont multiples. Il y a eu autrefois des dangers graves, inhérents à toute opération tentée pour cure radicale. Aujourd'hui, ces dangers peuvent être évités, mais leur souvenir pèse encore sur les déterminations du médecin et du malade.

Cette crainte ne doit pas, du reste, être complètement blâmée; car, selon moi, cette opération n'est inoffensive que dans des conditions tout à fait

spéciales, en dehors desquelles je ne conseillerais pas la cure radicale.

Mais il y a une cause de défiance peut-être plus grave encore : on nie volontiers l'efficacité de la cure radicale.

Sur ce point encore, on peut avoir raison aussi, mais non d'une manière absolue. La chirurgie était el reste encore encombrée d'une foule d'opérations médiocres et donnant de piètres résultats. Même à l'heure actuelle, bien des auteurs traitent légèrement la cure radicale et ne la considèrent comme une opération facile que parce qu'ils la font si incomplètement qu'il est impossible qu'ils obtiennent des résultats sérieux et durables.

Au contraire, lorsque l'opération de la cure radicale a été exécutée dans les conditions nécessaires, elle donne les résultats suivants :

1° Dans l'immense ?7iajo?,itédes interventions, quand elle a été appliquée aux cas pour lesquels j'étudie avec soin ses imlications, les hernieux sont absolument et radicalement guéris et n'auront plus à s'embarrasser d'un bandage. Au point de vue de la récidive, ils ne différeront pas sensiblement d'une foule de sujets qui n'ont jamais été atteints de hernie.

2° Un certain nombre de sujets restent douteux et méritent d'être surveillés parce qu'il sera facile chez eux, lorsque la récidive menacera, de leur faire porter

. LA CURIi RADICALE DES DERMES

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un bandage préventif, non pour réduire une hernie, mais pour en prévenir le retour, ce qui est bien différent.

3° Chez quelques sujets particulièrement faibles ou présentant une disposition très spéciale de la hernie, la récidive menace dès le premier jour et il est nécessaire de leur faire adopter immédiatement ce bandage préventif.

Mais, même dans ces deux dernières hypothèses de médiocres résultats, l'opéré a beaucoup bénéficié de l'opération. C'est une chose bien différente de porter un bandage pour empêcher une hernie de revenir ou de porter un bandage pour contenir une hernie existante. Le bandage est plus léger, pelote plus large, à moindre pression ; et surtout le sujet ne court aucun danger de complication de sa hernie.

4° Les plus mauvaises conditions étant admises, l'opération ayant échoué, la hernie ayant récidivé, le sujet a encore obtenu un bénéfice considérable de l'opération ; et sa hernie récidivée, petite, facile à contenir, indolore, n'est plus qu'une infirmité tolérable à côté de celle qu'il portait auparavant.

L'opération faite, on peut aisément déterminer la catégorie à laquelle appartient le sujet et donner le pronostic de l'opération. Dans une pralique régulière bien suivie, la première catégorie doit comprendre l'immense majorité des cas, et l'on doit

admettre que la cure radicale guérit les sujets aussi bien et mieux que la plupart des opérations que l'on n'hésite pas à faire pour des difformités infiniment moins gênantes et moins redoutables pour la santé et pour la vie (le pied-bot ou le bec-de-lièvre par exemple).

Si un très petit nombre de sujets n'obtiennent pas de l'opération les résultats aussi complets que ceux de la première catégorie, c'est qu'il s'agit de gens qui n'ont rien de commun avec l'Apollon du Belvédère et que, tout en les ayant soulagés, on ne peut songer à leur rendre une forme aussi parfaite qu'aux autres. Or, même à ces derniers, on n'a pas plus le droit de refuser l'opération qu'on n'a le droit de la refuser à un sujet atteint de pied-bot ou de bec-delièvre, sous prétexte que la mauvaise jambe ne vaudra jamais la bonne ou parce que la cicatrice faciale empêchera le sujet d'être aussi joli garçon que ses voisins.

Aucune opération ne donne des résultats aussi parfaits, aussi bien au point de vue de la forme qu'au point de vue de la fonction. Mais il ne faut pas oublier que la cure radicale de la hernie, pour permettre d'atteindre ces résultats, doit être une opération complexe, difficile et qui pourrait devenir dangereuse sans certaines précautions. Elle ne me paraît pouvoir être pratiquée couramment que par un chirurgien rompu à la chirurgie abdominale. Comme pour

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