‹ Cure radicale des hernies, avec une étude statistique de deuxcent soixantequinze opérations [electronic resource]Chapitre 63 sur 94 · INFLUENCE SUR LES AUTRES HERNIES · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LES AUTRES HERNIES

INFLUENCE DE LA CURE RADICALE SUR LES HERNIES EXISTANT DANS D'AUTRES RÉGIONS. — AUGMENTATION DE VOLUME DE CES HERNIES. — DÉVELOPPEMENT DE HERNIES NOUVELLES. — ÉTRANGLEMENT DE HERNIES PRÉEXISTANTES.

On est en droit de se demander, quand on fait une cure radicale chez un sujet affecté de plusieurs hernies, ce que deviendront les autres hernies auxquelles on ne touche pas. Il pourrait arriver, en effet, qu'on fit, en ce qui les concerne, un mal qui ne serait pas compensé par le bien qu'obtient la cure radicale. Cette question reste pour beaucoup dans le domaine de la théorie, car une des contre-indications de l'opération est précisément la multiplicité des hernies. Les occasions d'opérer des sujets à hernies multiples ne sont donc pas très communes. Il peut arriver cependant que, pour des raisons diverses, on intervienne, malgré cette mauvaise condition de la multiplicité des hernies. Il est alors intéressant de savoir ce que deviennent les hernies non touchées.

J'ai cité, par exemple, un sujetporteur de deux hernies inguinales dont j'opérai une hernie épigastrique à cause de douleurs et de vomissements extrêmement pénibles. Mon intervention pour la hernie épigastrique n'avait eu aucune influence défavorable sur les autres hernies.

Parmi les hernies inguinales doubles que j'ai opérées, j'ai d'ordinaire opéré des deux côtés à de courts intervalles, ou bien j'ai fait les deux opérations le jour même. Mais il m'est arrivé aussi pour plusieurs sujets de trouver des hernies très inégalement développées et d'opérer seulement celle qui avait un sérieux développement, remettant l'opération, pour le second côté, à une époque ultérieure, alors que le développement de la hernie aurait donné de la gêne ou quelque inconvénient marqué.

Dans aucun de ces cas je n'ai remarqué un développement extraordinairement rapide de la hernie. Cependant, il est logique d'admettre que ce développement a dû être favorisé, dans une certaine mesure, par la suppression de la hernie du côté opposé.

Je dois faire remarquer toutefois que cet accroissement de la hernie par la suppression de celle du côté opposé n'est probablement pas aussi marqué que la théorie permet dé le supposer. Chez bien des sujets qui portent bandage, une hernie est bien maintenue d'un côté, tandis que, de l'autre, il n'y a qu'une pointe non contenue; cependant on voit, dans ces cas, la pointe se conserver sans augmentation, souvent pendant des périodes considérables. On ne pourrait non plus démontrer pour beaucoup de cas que le port d'un bandage fait naître une hernie du côté opposé.

Dans un cas unique, chez un homme très obèse, après la cure radicale d'une hernie inguinale consi-

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dérable, j'ai vu se développer une hernie ombilicale de petit volume. La première hernie, l'inguinale, était très douloureuse; la seconde, l'ombilicale, était à peine sentie. Chez ce dernier sujet, ce développement ne m'a pas surpris. Sans les douleurs et les accidents qui compromettaient gravement la santé de ce sujet, je n'aurais pas fait l'opération de la hernie inguinale : c'était un homme à très mauvaise paroi. Malgré l'ennui de sa petite hernie ombilicale, il avait beaucoup gagné à l'intervention ; les suites de l'opération restaient encore fort heureuses pour lui.

J'ai observé deux fois X étranglement dans des hernies siégeant du côté opposé. Je ne puis m'empêcher de considérer ces faits comme lenant à une simple coïncidence et ne puis voir dans la cure radicale une cause de l'étranglement.

Un homme de trente et un ans, opéré de cure radicale de hernie inguinale du côté droit, le 28 février 1889 (^N06 131 et 136), était resté dans monservicepour subir la cure radicale d'une hernie inguinale du côté opposé. 11 se promenait, allait et venait dans le service, sans aucune douleur; il ne portait pas de bandage sur la hernie qui attendait l'opération; il fut pris d'étranglement de cette hernie, après un effort violent, à trois heures de l'après-midi, le2o mars; je le trouvai, à sept heures du soir, dans cette situation. Je l'opérai immédiatement et fis du même coup la cure radicale.

Il présenta cette particularité, que la première lier-

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nie, qu'il disait être ancienne, n'avait pas de caractère de congénitalitê bien marqué, du moins elle ne descendait en aucune façon dans la tunique vaginale, tandis que la hernie gauche, dont il s'occupait peu, qu'il prétendait être récente et qui s'étrangla, était un type de hernie congénitale intra-vaginale.

11 guérit bien, et cette circonstance très particulière m'engagea à placer son cas de cure radicale, malgré l'étranglement, dans mes tableaux. C'est le seul cas qui figure dans ceux-ci. On trouvera ces deux opérations sous les numéros 131 et 136 de la statistique. Chez cet homme, du reste, les hernies étaient à un état de moyen développement et les résultats furent immédiatement des plus satisfaisants. Dans ce cas, je crois que l'étranglement survenant aussi tard après l'opération ne peut guère être mis à la charge de l'opération et qu'il s'agit d'une pure coïncidence.

Dans le second cas(N° 178), sur lequel je reviendrai plus loin, il n'y avait que quatorze jours d'écoulés lorsque je fis une opération sur une hernie étranglée du côté opposé. Mais, en étudiant le sujet avec soin, nous avons pu reconnaître que, chez cet homme, qui avait simplement un pincement d'intestin, les accidents étaient infiniment plus anciens et avaient débuté probablement avant la cure radicale, faite du côté opposé. Même les douleurs existant de ce côté, et tout d'abord fortmal décrites par le malade, avaient beaucoup contribué à nous tromper sur son état. La

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