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OBSERVATION VII

HERNIE INGUINALE CONGÉNITALE GAUCHE. — ÉPIPLOON ADHÉRENT IRRÉ- DUCTIBLE, AVEC DOULEURS CONSTANTES DEVENANT VOLUMINEUX, PEN- DANT L’EFFORT. — EXCISION D’UNE MASSE D'ÉPIPLOON DE 135 GRAMMES. — EXTIRPATION DE LA PARTIE SUPÉRIEURE DU SAC. — GUÉRISON CONSTATÉE PLUS DE SIX MOIS APRÈS (Observation par M. Demelin, interne de service).

Malade adressé par le D' Bilhaut.

Le nommé L. E., âgé de quarante-six ans, marbrier, salle Nélaton, n° 1, entré le 3 septembre 1885, sorti le 21 octobre.

Ce malade est porteur d’une hernie inguinale gauche depuis l'enfance ; peut-être, dit-il, la hernie est-elle congénitale. Le malade a porté bandage. Sa hernie est irréductible depuis quelque temps.

Au moment de l’entrée à l’hôpital, on constate une hernie scrotale gauche du volume d’une orange; la hernie est mollasse, sans inflammation, un peu douloureuse au toucher, irréductible, et mate à la percussion.

Fonctions digestives normales.

Le malade est entré dans l’intention de se faire opérer, le port

du bandage étant devenu impossible ch la hernie déterminant des coliques à chaque effort.

Opération le 10 septembre 1885.

Incision cutanée de 0",12 environ. M. Championnière arrive sur le sac scrotal, l’ouvre, et le trouve rempli d’épiploon ; au niveau de l’anneau inguinal, il y a une anse intestinale. Une portion considérable d’épiploon est attirée de l'abdomen; au dehors, puis à la base de cette masse sont placés six fils de catgut : résection de la masse épiploïque qui pesait 135 grammes. Les catguts sont placés jusqu’au voisinage de l’anse intestinale, c’està dire le plus haut possible, et enchevêtrés deux à deux comme dans le dessin plus haut (Voy. fig. 8 et 9, p. 59 et 60).

Le sac étant vidé de son contenu épiploïque, on peut apercevoir à sa parlie inférieure le testicule : le sac est bien celui de la vaginale, il s’agit donc d’une hernie congénitale. On dissocie le sac d'avec les éléments du cordon; le canal déférent appliqué étroitement sur le conduit séreux est écarté. Deux ligatures enchevêtrées sont placées au collet du sac. Dès qu’elles sont nouées, le sac est réséqué partiellement, et aussitôt, le péritoine fermé par ces ligatures et libre d’adhérences disparaît en fuyant dans le ventre.

Trois sutures au catgut sont profondément placées sur les parties molles et saignantes. Sutures de la peau au crin de Florence; un drain en bas sur le testicule, dans la vaginale un autre en haut allant jusqu'aux sutures profondes. Pulvérisation phéniquée pendant l’opération.

Pansement avec poudre, gaze phéniquée et charpie de bois. Durée de l'opération trois quarts d’heures; on a employé 160 grammes de chloroforme.

L’épiploon reséqué pèse 135 grammes.

Le soir de l'opération, 38°. Légère douleur abdominale, pas de vomissement.

Le 11 septembre au matin 57,4. Légère douleur abdominale. S. 200.

12 septembre. — M. 37,3. Premier pansement; on enlève cinq ou six points de sutures; on supprime le tube supérieur. Poudre; sachets de charpie de bois ; très bon état, pas de suppuration.

Le 13 et le 14. — 37° et 370,8.

Le 15. — 37,3. Deuxième pansement. Suppression du deuxième tube; on enlève six nouveaux points de suture. Pas de suppuration. Réunion. Poudre et charpie de bois.

Le 16. — 37°.

Le 17. — Troisième pansement. Pas de suppuration. Température normale : poudre et charpie de bois.

Du 18 au 22, température normale.

Le 22. — Quatrième pansement au lint et à la vaseline boriquée. Réunion complète.

Du 23 au 29, température normale ; le 29, on change le lint et l’ouate salicylée. |

Le malade sort le 21 octobre; au moment de sa sortie, on ne sent point d'impulsion sauf au-dessus d’une bride dure, inguinale, c’est-à-dire dans le ventre. Quarante et un jours de séjour.

Le patient sort portant le bandage Raïnal qu’il supporte bien, qui n’est point douloureux.

Il est revenu passer le mois de mars dans le service pour un testicule soupçonné de syphilis, celui du côté opposé à la hernie. Le résultat se maintenait excellent. Le malade ne cessait de répéter combien il était soulagé depuis cette opération. Il y avait douze ans, disait-il, qu'il n’avait pas eu une heure sans douleur. Il pouvait déjà travailler et se livrer sans peine à des efforts considérables. Nouvelles toutes récentes, onze mois après l’opération.

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