‹ Curiosité de l'OpéraChapitre 20 sur 26 · LA VICTOIRE · texte numérisé non relu

LA VICTOIRE

D'où vient donc que Paphos au sommeil s'ahandotme? Il néglifïe sa gloire, il ne tente plus rien.

La douce Paix éteint le flambeau de Bellono, C'est à l'amour à rallumer le sien.

Amours, éveillez-vous! songez à votre gloire. Réparez les moments que vous avez perdus; Les cœurs que contre Mars dispiitaient la Victoire A des efi'orts plus doux seront bientôt rendus. Amours, éveilIez-voUs, songez à votre gloire. Partez, Amours, jiartez, volez, lancez vos traits. Cl' beau jour vous promet cent conquêtes nouvelles.

i Les Amours obc::^jeiit au oomnjanflement île Vénup et «'envolent de toutes paits.)

Et vous, guerriers que ramène la Paix, Venez trouver ici vos amantes fidèles.

Quel retour! Quels doux instants Si vous revenez constants!

I,ps siif^rrierîi, désarmés par la Paix, Tiennent retrouver leurs amantes et erprimcnt leur joye par des danses tendres.!

Dans [o prologue de Télcrnafjue, de Deslouches et l'abbé Pellegrin . (même année), « le théalre représente un lieu que les Arts viennent de construire et d'orner par ordre de Minerve, à Fhonneur du Roy, qui vient de donner la paix à l'Europe. On y voit des trophées. Minerve et Apollon paraissent au fond.

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Minerve est suivie des Yerlus et des Arts; Apollon est accompag^né des Muses. »

Les Plaisirs de la Faix (1715), — le litrr nous dispense do toute auti'c ('xjiliralion.

Le prologue de Théonoë, de Salomou et l'abbé Pellogrin (mémo année), devait être magniliquo de spectacle; jugoz-en :

« Le théâtre représente le temple do Janus dans le fond. La statue du dieu parait au milieu, tenant dune main une clof et do l'autre une bague Ito. La porte est encore ouverte. Dans le tympan du frontispice, on voit im g-rand médaillon de Janus, représenté à deux visages, avec linscription Ja7io conservatori. Le rosto do son frontispice est orné do haches, d'aigles romaines, et d"cuseig"nes où on lit : S. P. Q. R.

» On y voit encore les statues dos rois, des consuls et dos omporours qui l'ont formé. Entre colles de Numa et d'Aug'uste s'élève un piédestal pour la statue de Louis le Grand, sous un magnifiquo p;ivillon soutenu par los grénies de la Gloire.

» Clio et la Franco sont assises à droite et à g-auche du piédestal. La décoration des ailes ost unt' colonnade oni'ichio de vasos d'or, avec

dos guirlandes, qui forment divers festons et entourent les médaillons des douze (lésars. posés dans les entre-colonnements. Les deux CL)tés de la scène sont occupés par les provinces du royaume, élevées sur des gradins et représentées par leurs hérauts d'armes, portant chacun son étendard militaire et un houclier sur lequel on voit les armes de la province. »

Après deux scènes oii figurent la France. Clio et la Victoire, le temple de Janus se ferme et « présente aux spectateurs limage de la Paix, couronnée d'olivier, tenant une corne d'abondance à la main et foulant aux pieds la Discorde et l'Envie...

« Les peuples des différentes provinces du royaume se partagent en six quadrilles composés des habitants de l'Ile-de-France, de ceux de Bretagne, de Poitou, de Provence, de Biscaye et d'Auvergne; ils témoignent par des danses la joye qu'ils ont de la clôture du temple de Janus. »

Cet ouvrage était représenté le .j décembre 171o. Louis XIY était mort deux mois auparavant : on avait bien placé sa

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sUilue clans le inoloi^iio : mais nous n'y lisons pas une })l)rasc qui pût lui servir d'oraison funèbre. On connaît d'ailleui-s les Irisles scènes qui accompagnèrent ses funérailles ; le peuple qui avait jeté de la boue sur le cercueil du vieux Hoi n'eût peul-èlre pas alors soulTert d'apotbéost' riniée en son honneur.

Kn 1721. nous trouvons /c Soleil vriinqurin' dea Nuages, de l'org^aniste Clérambault; mais cet ouvrag-e n'appartient pas réellement au genre dramatique ; c'est une suite de scènes et d'airs sans connexité. Cette forme musicale se nomme cantate et deviendra plus lard le cadre le plus usité de la pièce politique ; elle n'est pas même nouvelle, puisqu'il nous est resté des cantates qui ont été chantées à la Cour de France, avant Lully.

A l'occasion du mariage de Louis XV avec Marie Leczinska (I72o). nous retrouvons un prologue de circonstance dans les Stratagèmes de VAmour (1726) :

Temple de la Gloire « consacré à l'éternité de l'Empire françois ».

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« Au fond s'élèvent trois arcades où la statue de la France paraît entre celles de Pharamond (!) et de Charlemagne. Ces arcades portent les médaillons des rois des deux premières races : celles des côtés, remplies de statues d'or, ornées de leurs di'aperies, représentent :

Hugues Capet. Philippe-Auguste.

Charles le Sage. Louis XII.

François 1=^. Henri IV.

Louis le Juste. Louis le Graud.

» Un groupe de nuages descend. Il est soutenu par des Amours et des Grâces. Un trône y est placé, sur lequel le Roi et la Reine sont assis. Derrière eux, l'Hymen et l'Amour les couronnent de myrtes et de roses, n

Pauvre Reine !

La première représentation de Pyrrhus, musique de Royer, paroles de Fermelhuis (1730), eut lieu peu de temps après la naissance du dauphin. Le prologue de cet ouvrag^e est très intéressant, au point de vue histo-

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rique. Il nous fait souvenir du nom d'un petit prince, mort tort jeune, que Ton confond, pour cette raison-là, avec un de ses oncles, son homonyme, qui monta sur le trône d'Espagne, le duc d'Anjou, petit-lils de Louis XIV.

Le duc d'Anjou, jih de Louis XV, na(}uit treize mois après son fi-ère le dauphin, et avec cette placidité sereine qui présidait alors aux relations des écrivains avec le public, l'auteur du prologue imprime sérieusement la préface suivante que nous nous garderions bien de ne pas reproduire in extenso :

« On comprendra aisément que le prologue de cet opéra avait été fail au sujet de la naissance de M*"'"" le dauphin'; comme celle de M^"" le duc d'Anjou ne nia pas donné le temps d'en recot7ime?ice>' un autre qui embrassât les deux naissances de ces doux princes si chers à la France, j'ay été obligé d'ajouter un récit pour célébrer celle du second-.

» J'espère que le public voudra bien s'y prêter.

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