LES DANSES HISTORIQUES
La reconstilulion des temps passés est aujourd'hui l'objet d'incessantes recherches. Tout ce qui a rapport au costume, à l'ameuble meut, aux mœurs et aux usages anciens, tout ce qui touche enfin l'homme et son foyer a été restitué patiemment et sûrement, par des chercheurs infatigables, dont plus d'une trouvaille a été proclamée une merveille de goût et d'agencement.
A l'heure présente, les danses anciennes sont en très grande faveuy, et, chaque fois
qu'on en exécute quelques-unes en public, toute l'assistance applaudit avec enthousiasme. L'auteur de cette étude ne peut que se réjouir de ce résultat laudatif, puisqu'il a été le premier, comme musicien, qui se soit occupé de ces bons vieux « airs à danser », si charmants dans leur forme naïve.
Mais, avant de parler des anciennes danses, il croit utile de passer rapidement en revue l'histoire de la danse elle-même, ne serait-ce que pour expliquer la lenteur solennelle des pas et des gestes, qui ne disparut réellement de la chorégraphie^ qu'à la fm du siècle dernier.
Une remarque étrange à faire tout d'abord : la danse fit ses premières évolutions dans l'enceinte réservée au culte de la Divinité sous les différents noms de temples , synagogues, mosquées ou églises ; d'autre part, ses meilleurs historiens se trouvent avoir appartenu au clergé, tant régulier que séculier ; ce furent le P. Menestricr, jésuite; Jehan Tahourot, oflicial de l'évèché de Langres (sous le pseu-
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donymo-anagramme de Thoiiiot Arbeaii) ; les abbés du Bos, de la Porte, de Brossard, et d'autres encore.
Il est facile d'expliquer cette apparente anomalie : chez les anciens ot dans les premiers temps de l'ère clirélienne, la mimique et la danse étaient une importante annexe du rite sacré.
La danse, dans les temples, existait chez tous les peuples de l'antiquité. D'abord, en Esvpte : là, l'autel, placé au centre, représentait l'astre du jour; les danseurs, figurant les signes du zodiaque, les sept planètes et les constellations, exécutaient la révolution des corps célestes autour du soleil.
Il en était de même , en Grèce , dans le temple d'Apollon.
Les prêtres et prêtresses de Memphis, en dansant, portaient au bœuf sacré l'herbe humide et le gâteau de pure avoine.
A Rome, dès l'origine de la cité-reine, les prêtres saliens du dieu Mars, espèce de prêtres danseurs, se livraient dans leur temple à des
ébals chorégraphiques, parfaitement admis dans leur rituel.
En Grèce, autre danse consacrée au dieu Mars. La danse pyrrhique « étoit formée par des personnes toutes armées et dans laquelle on figuroit toutes les parties de la tactique et toutes les manœuvres delà guerre ; on yvovoit des attaques, des retraites, des mêlées; tantôt les danseurs s'escrimoient, faisoient de Fespadon, tantôt lançoient le javelot et paroicnt les coups, en baissant le corps ou en opposant le bouclier ^ » .
En retournant à Rome, nous trouvons encore les bacchanales et les danses funèbres, dont il existe un souvenir dans l'Espagne moderne.
« C'est par la danse que les Juifs célébraient les grands événements politiques. Les Macchabées instituèrent des danses en mémoire de la restauration du Temple. La belle Judith, rapportant dans un sac la tête dTIolopherne, fut reçue par des chœurs de baladins, et la fille de Jephté dansait avec ses compagnes en allant à la rencontre de son père.
1. BoiLE.NCiE» DE RiVEUv, Rerhei'chi'S historirjiu's. Paris, n.jl.
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» David Jaiisa devant larclie sainte. Il paraît que le roi-prophète, vêtu simplement d'une tunique de lin, exécutait des pas trop hardis ; on doit le présumer, du moins, d'après les violents reproches que Michol, sa femme, lui adressa quand il fut de retour au logis'. »
N'oublions pas de mentionner la danse des Juifs autour du Veau d'or et, en Orient, les fakirs de l'Inde et les derviches tourneurs.
Les chrétiens empruntèrent au paganisme cet usage des danses sacrées : La fe^te de l'àne au moyen âge ; le fameux refrain chanté et dmisé dans le chœur de Saint-Léonard, à Limoges : « San Marceou , préja pér nous , e nous espingaren pér bous; » les messes des Mozarabes, rétablies par le second cardinal Ximenès, dans la cathédrale de Tolède (xv° siècle) et pendant lesquelles on dansait au chœur et dans la nef.
Nous avons encore à citer les Dames ambulatoires ou processions dansées. Il en est une dont nous parle Bonnet - qui fut organisée à