‹ Curiosités bibliographiques (volume 2)Chapitre 8 sur 14 · ET SECRÈTES · texte numérisé non relu

ET SECRÈTES

On appelle siglcs les lettres d'un mol, au moyen desquelles on représente ce mot en entier ou eu partie.

Cicéron appelait ce genre d’abréviations singulœ lillerœ, d’où l’on fit sirjlœ, mot qui passa dans noire langue.

On distingue deux espèces de sigles. Les sigles simples sont ceux qui désignent chaque mot par une seule lettre, comme N. P. nobilissimus puer. Les sigles composés ajoutent à la lettre initiale une ou plusieurs lettres du mot, comme A. M. amicus, F. S. fralres.

Les sigles connus des Hébreux, suivant quelques commentateurs, ont passé des Grecs aux Romains, et, depuis lors, n’ont pas cessé d'être en usage. On s’en servait dans les inscriptions et les manuscrits, dans les lois, les décrets, les discours et les lettres.

Comme les sigles pouvaient souvent être interprétés de plusieurs manières, leur emploi donna lieu à tant d’abus, que l’empereur Justinien les défendit par une loi. Ceux qui auraient osé s’en servir dans la transcription des lois de l’empire étaient assimilés aux faussaires.

Les Bénédictins, auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, ont découvert, dans un manuscrit de l’abbaye de Saint-Germain des Prés, manuscrit qui est actuellement à la Bibliothèque du roi, plusieurs fragments de Virgile écrits en sigles. On ne conçoit pas trop l’usage que l’on pouvait faire d'un livre où tous les vers étaient écrits comme celui-ci :

Tityre, t. p. r. s. t. f.

c’est-à-dire :

Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.

Ce manuscrit est connu sous le nom de Virgile d’Aspcr.

« Au onzième siècle, disent les Bénédictins, on n’avait pas oublié cette manière d’abréger l’écriture. Le fameux

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