‹ Curiosités bibliographiquesChapitre 22 sur 30 · H 01 S AUTEURS · texte numérisé non relu

H 01 S AUTEURS

marqué qu’il avoit signé Loys sans u, il demanda au roi siM. le Dauphin avoit nom Loys. Le roi demanda pourquoi : « Parce qu’il signe Loys et non Louys. » On envoya quérir celui qui monlroit à écrire à ce jeune prince, pour lui faire voir sa faille, et Malherbe disoit qu'il étoit cause que M. le Dauphin avoit nom Lo t nis *. »

Tallemant, en parlant des occupations de Louis XIII, s’exprime ainsi :

« On ne sauroit quasi compler tous les beaux métiers qu’il apprit, outre tous ceux qui concernent la chasse; car il savoit faire des canons de cuir, des lacets, des filets, des arquebuses, de la monnoie; etM. d’Angoulême lui disoit plaisamment : « Sire, vous portez votre abo- « Jition avec vous^ » 11 étoit bon confiturier, bon jardinier; il fit venir des pois verts qu’il envoya vendre au marché. On dit que Montauron (célèbre financier) les acheta bien cher; car c’étaient les premiers venus.... Le roi se mit à apprendre à larder. On voyoit venir l’écuyer Georges avec de belles lardoires et de grandes longes de veau. Et une fois, je ne sais qui vint dire que Sa Majesté lardoit. Voyez comme cela s’accorde bien, majesté et larder!

« J’ai peur d’oublier quelqu’un de ces métiers. 11 rasoit bien; et un jour il coupa la barbe à tous ses officiers et ne leur laissa qu’un petit toupet au menton. On en fit une chanson :

llélas ! ma pauvre barbe,

Qu’est-ce qui l’a faite ainsi?

C’est le grand roi Louis,

Treizième de ce nom,

Qui toute a ébarbé sa maison.

Çà, monsieur de la Force,

Que je vous la fasse aussi :

< llislorielle de Malherbe.

Hélas! sire, merci,

Ne me la faites pas,

Plus ne me connoîtroient vos soldats.

Laissons la barbe en pointe Au cousin de Richelieu,

Car par la vertudieu !

Ce seroit trop oser Que de la lui prétendre raser.

« Il composait en musique, et ne s'y connaissait pas mal. Il mit un air à ce rondeau sur la mort du cardinal:

Il a passé, il a plié bagage, etc.

« Miron, maître des requêtes, l'avait fait. Il peignait un peu. Enfin, comme dit son épitaphe :

Il eut cent vertus de valet Et pas une de maître.

« Son dernier métier fut de faire des châssis avec M. de Noyers*. »

Tallemant parle ailleurs des concerts que donnait Louis XIII. « H fit- une fois, chez lui, dit-il, un concert, où tous ceux de la musique de la chambre chantaient; il en avait mis M. de Mortemart et M. le maréchal de Schomberg : lui-même aussi en était. M. de Nemours, par grande grâce, y fitentrer LePailleur, et il avait dit au roi qu'il s’entendait fort bien en musique. On y chanta, sur la fin, des airs du roi. Le Pailleur, pour faire sa cour, dit, à demi-haut : « Ah! que ce dernier air méri- « terait bien d'être chanté encore une fois! » Le roi dit : « On trouve cet air-là beau : recommençons-le. » On le chanta encore trois fois. Le roi battait la mesure. 11 avait proposé de faire une symphonie depuis les plus bas instruments jusqu'aux trompettes, et il voulait qu'il n’y

« Historicité de Louis XIII , t II, p. 67 et Miiv.

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