‹ Curiosités bibliographiquesChapitre 23 sur 30 · IS A U T K U R S · texte numérisé non relu

IS A U T K U R S

entrât personne qui ne sût la musique, et pas une femme : « car, disoit-il, elles ne peuvent se taire*. »

Il nous reste quelques vers de Louis XIII et entie autres ceux-ci, qu'il fit pour madame de Hauteforl:

Tu crois, à beau soleil!

Qu'à ton celai rien n’est pareil ;

Mais quoi! tu pâlis Auprès d’Amaryllis.

Ils se trouvent avec la' musique, qui est charmante, dans divers recueils, et entre autres dans l 'Essai sur lu musique de Laborde, 1780, 4 vol. in-4, et dans les Echos des temps passés, publiés par M. Wekerlin.

On sait que, pendant le seizième siècle et le dix-septième, les princes et les grands seigneurs se servaient de plumes mercenaires pour entretenir leur correspondance familière et amoureuse, et que leurs mattresses leur répondaient de la même manière. Voici quelques détails curieux qui nous ont été transmis par Arnaud d’Andilly * sur la manière dont bouis XIII écrivait à sa mère, Marie de Médicis, à l’époque où celle-ci était retirée à Angoulème et négociait avec son fils.

« M. de Bérulle, dit-il, étoil celui qui négocioit de la part de Sa Majesté aupi ès de la reine mère ; et, lorsqu’un jour que le roi étoit encore à Saint-Germain il étoit près de partir pour Angoulème, M. Déageant me pria de faire la lettre que Sa Majesté devoit copier de sa main pour écrire à la reine mère. Je la fis, et comme M. de Bérulle m’airnoit très-particulièrement, il avoit une entière confiance en moi, lorsque, dans son séjour de Tours, il me parloit de sa négociation qui duroit encore, il me dit qu’ayant présenté à la reine mère l’une des dernières

1 Historiette de la maréchale de Thômines. t. V, p. 196.

4 11 était père de l’abbé Arnauld, dont nous avons cité plusieurs fois les mémoires.

lettres que Sa Majesté lui avoit écrites de Saint-Germain, elle pleura après l'avoir lue, dont étant fort surpris, il avoit demandé à Sa Majesté s’il avoit été assez malheureux pour lui apporter une lettre qui l’eût tellement touchée; à quoi elle lui avoit répondu : « C’est tout le " contraire, car c’est de joie, et non pas de douleur que ‘je pleure, parce qu’ayant, depuis mon éloignement, .< reçu tant de lettres du roi, voici la 'première que j’ai « reçue de mon fils. » Comme je n'avais pas oublié ce que portoit cette lettre, je demandai à M. de Bérulle si elle ne commençait pas par Ainsi. Il demeura fort étonné, et me dit : «Oui. Mais comment le pouvez-vous savoir? « — Je le puis bien savoir, lui répondis-je, puisque je « l’ai faite. » Et sur cela il m’embrassa *. »

Louis XIV, dont l’éducation avait été si négligée par sa mère et Mazarin, que, suivant le témoignage de son valet de chambre La Porte, on ne permettait pas qu’on lui lût de l’histoire de France, même avec la bonne intention de l’endorinir. Louis XIV n’en a pas moins laissé un très-grand nombre d’écrits. Un choix qüi a été fait avec discernement en a été publié à Paris, 1806, Treuttel et Würlz, 6 vol. in-8. La première et la seconde partie se composent de Mémoires historiques, politiques et militaires; la troisième, d’un choix de Lettres particulières. Ces morceaux, dignes de la main qui les a écrits, renferment des passages éminemment remarquables. La quatrième partie contient les Opuscules littéraires; dans le nombre se trouvent deux petites chansons, et l’impromptu suivant fait par le roi en congédiant le Conseil :

Le Conseil à ses yeux a beau se présenter,

Sitôt qu’il voit sa chienne, il quitte tout pour elle;

* Mémoires d'Arnaud iFAndilly, collection Michaud-Poujoulat, p. 432,

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Rien ne peut l’arrêter Quand la «liasse l’appelle*.

On a inséré, dans la même partie, une traduction d’un livre des Commentaires de César. Elle avait été imprimée à l’imprimerie royale, en 1651, dix-huit pages in-f°, sous le titre de : la Guerre des Suisses, traduite du premier livre des Commentaires de JulesCèsar, par Louis XIV Dieu-Donné, roi de France et de Navarre' 1 . Louis XIV, qui avait treize ans quand cette traduction fut publiée, n’y avait probablement guère contribué. Du moins il avait bien vite oublié le peu de latin que lui avait enseigné son précepteur, Hardouiu de Péréfixe; car en 1662, lors de la fête que Fouquet lui donna à Vaux, il fut obligé de se faire expliquer la devise de ce dernier ; Quô non ascendam?

On a de Louis XV un petit ouvrage de géographie, composé probablement sous la direction de son maître, le savant géographe Delisle. Il est intitulé : Cours des principaux fleuves et rivières de l'Europe, composé et imprimé par Louis XV, roi de France. Paris, de l’imprimerie du cabinet de S. M., 1718, in-4 de soixante-douze pages. Il n’a été tiré qu’un très-petit nombre d’exemplaires de cet opuscule.

Louis XVI n’avait que douze ans lorsqu’on imprima à trente-six exemplaires une Description de la forêt de Cornpiègne, comme elle était en 1765, avec le Guide de la forêt, par Louis-Auguste, Dauphin, Paris, imprimerie de Lottin, 1 766, in-8 de soixante-quatre pages. La même année, parut aussi, du même auteur, Maximes morales

1 Louis XIV, en fait dc'langues étrangères, ne connaissait que l'italien, qu'il avait appris parce que c'était la langue maternelle des trois nicces de Mazarin.

* Henri IV avait aussi traduit le même ouvrage dans sa jeunesse. — Le manuscrit autographe de celte traduction avait été vu par Casaubon.

et politiques, tirées de Télémaque, imprimées par Louis- Auguste, Versailles, de l'imprimerie de monseigneur le Dauphin, dirigée par A. M. Lottin, 1766. in-8, ouvrage tiré à vingt-cinq exemplaires. Plus tard, Louis XVI rédigea entièrement les instructions données à Lapérouse, el qui ont été insérées dans la relation de l’expédition de ce dernier. On lui a encore attribué plusieurs ouvrages, entre autres le commencement de la traduction du grand ouvrage de Gibbon, une traduction des Doutes historiques sur la vie et le règne de Richard III (par Walpole), Paris, 1800, in-8 Enfin, comme son habileté dans l’art de la serrurerie était bien connue 1 ; on l’a cru auteur d’un traité des serrures à combinaison, imprimé sous le titre d & Supplément à T art du serrurier , Paris, 1781, in-f°de soixante-sept pages.

Louis XV111, qui en latin citait Horace et avait les plus grandes prétentions comme homme d’esprit et écrivain, a publié, sous le voile de l’anonyme, un certain nombre d’ouvrages politiques et littéraires, tous fort médiocres. Le plus connu est celui qui a pour titre : Relation d'un voyage de Paris à Bruxelles et à Coblentz * ; il ne fut publié qu’en 1823, in-8. Cet ouvrage, rempli d’inconvenances, fut, au moment de son apparition, le sujet d'amères critiques.

Napoléon a beaucoup écrit. Voici l’énumération des principaux ouvrages qui lui sont dus entièrement, ou dont la plus grande part peut lui être attribuée : lettre de M. Buonaparte à M. Malleo Butlafuoco, député de Corse

1 On sait que la fameuse armoire de fer trouvée aux Tuileries après le 10 août 1792 avait été presque entièrement confectionnée par Louis XVI. Cette armoire existe encore aujourd'hui à Dax, et se trouve, avec la plupart des papiers qu elle contenait, en la possession du comle Ducos, (ils du membre du Directoire, ltoger Ducos.

* C’est la relation de la fuite de ce prince hors de France, en juin 1701.

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à l’Assemblée nationale 1790, in-P ; le Souper de Beaucaire, Avignon, 1795, in-9; Collection générale et complète de ses lettres, proclamations, discours, messages, etc., 1803 et 1813, 2 vol. in-8 ; Correspondance inédite, officielle et confidentielle, 1818-1820, 7 vol. in-8 ; Œuvres de Napoléon Bonaparte, 1821-22, 5 vol. in-8; Histoire de la Corse et des lettres inédites sur cette contrée, publiées dans l'Illustration (1843), d’après des manuscrits appartenant à M. Libri ; Mémoires pour servir à l histoire de France sous Napoléon, par Gourgaud et Montholon, 1822-25, 8 vol, in-8 ; Napoléon en exil, par O'Méara, traduit de l’anglais, 1825, 2 vol. in-8; Mémorial de Sainte-lléléne, 1825, 8 vol. in-8 *; la Correspondance si curieuse avec le roi Joseph, etc.

On peut consulter, sur les ouvrages attribués au roi Louis-Philippe, l'ouvrage publié en 1845, in-8, par ftl. Quérard, sous le titre de : les Auteurs déguisés de la littérature française au dix-neuvième siècle.

« Le roi d’Angleterre, Alfred le Grand (mort en 900), s’étonnait souvent, à ce que rapporte Lingard, que les illustres savants qui jadis florissaient en Angleterre, et qui avaient lu tant d’ouvrages étrangers, n’eussent jamais songé à en traduire les plus utiles dans leur propre langue. Pour y suppléer, il entreprit lui-même cette tâche. De ses traductions, deux sont historiques et deux didactiques. Les premières sont l'Histoire ecclésiastique des Anglais, par Bède (1641, in-f°), et l 'Epitome d’Orose (1775; in-8), le meilleur abrégé d’histoire ancienne qu’on eût alors, ouvrages également propres à exciter et à satisfaire la curiosité de ses sujets. Des deux autres, l’un était la Consolation de la philosophie, par Boëce (1698, in-8), traité alors en grande estime; et le second, destiné

1 Voyez l'inlcrcssanl article consacré aux Bonaparte, dans la Littérature française et > un tempera ne, par MM. Bourquelol et l.ouandre.

à l’instruction du clergé, était la Pastorale de Grégoire le Grand, ouvrage recommandé tant par son propre mérite que par la réputation de son auteur. Il envoya une copie de ce dernier à tous les évêques de ses États, en demandant qu'il fût conservé dans la cathédrale pour l'usage du clergé diocésain 1 . »

Henri II composait avec facilité des vers en langue provençale*. Il en fut de même de son fils et successeur Richard Cœur-de-Lion. Voici, pour donner une idée du talent de ce dernier, la traduction littérale d'une ballade qu’il composa pendant sa captivité au retour de la croisade. L’original de cette pièce, souvent publiée,, existe à la fois dans la langue du midi et dans celle du nord de la France. Il est pourtant plus probable qu’elle a été d’abord composée en provençal.

Jamais nul homme prisonnier ne dira sa raison Franchement, sinon comme homme malheureux,

Mais pour consolation doit-on faire chanson?

Assez j’ai d'amis, mais pauvres sont les dons;

Ilonle leur est, puisque pour ma rançon Je suis ici deux hivers prisonnier.

Maintenant sachent bien, mes sujets et mes barons,

Anglais, Normands, Poitevins. et Gascons,

Que je n’ai jamais eu si pauvre compagnon Que je laissasse pour argent en prison;

Je ne le dis point pour nul reproche,

Mais encore suis-je prisonnier.

Toutefois sais-je bien pour vra ; , certainement,

Qu’hommc mort ou prisonnier n’a ni ami ni parent;

Et, s’ils me laissent pour or et pour argent,

Mal est pour moi, mais pire est pour mon peuple.

1 Histoire d’ Angleterre, traduction citée, t. I,p. 157.

* Voyez, sur ce prince, une notice intéressante dans le tome XIV de V Histoire littéraire de la France.

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Après ma mort ils en auront reproche,

S’ils me laissent ici prisonnier.

Je ne m’étonne plus si j’ai le cœur dolent.

Car mon seigneur (l'hilippe-Augustc) met ma terre en tourment, 1! ne lui souvient plus de notre serment Que nous fîmes au saint ensemble,

Bien je sais de vrai que guère longtemps Je ne serai en çà prisonnier.

On sait que llenri VIII avait la prétention d’être l’un des plus savants et des plus habiles théologiens de la chrétienté. II composa plusieurs livres de controverse, tantôt contre Luther, tantôt contre les catholiques \

« Jacques I or , rapporte Lingard, tenait de son précepteur Buchanan la maxime « qu’un souverain doit être le plus savant clerc de ses États. » Il a laissé dans scs ouvrages de nombreux échantillons de ses connaissances ; mais son orgueil et sa suffisance litléi aires, son habitude d’interroger les autres, et le pompeux étalage qu’il faisait continuellement de son savoir, bien qu'ils lui valussent les flatteries de ses serviteurs et de ses courlisans, provoquaient le mépris et la risée des vrais érudits. Il considérait la théologie comme la première des sciences, à cause de son objet, et comme la plus importante pour lui-même en qualité de chef de l'Église anglicane et défenseur de la foi

« Outre la théologie, il était une autre science dans laquelle il était également versé, celle de la démonologie. Il démontra, avec un grand étalage d’érudition, l’existence des sorcières et les méfaits de la sorcellerie,

< Voyez Lingard, t. III, p. 140, 281, 321. La fameuse Grammairi de Lilly fut l'œuvre d’une Société de savants, dans laquelle figurèrent llenri VIII, Wobey, et qui prit aussi uue grande part au Dictionnaire de Thomas Élyot.

* Dans sou Commentaire sur l'Apocalypse, il cherche à prouver que le pape est l'Antéchrist.

Digiti

contre les objections de Scott et de VVierus; il découvrit même une solution de cette obscure mais intéressante question : « Pourquoi le diable avait-il plus d’influence « sur les vieilles femmes que sur les autres ? » Les vieilles femmes n’eurent pas lieu de se féliciter de la sagacité de leur souverain. La sorcellerie, à sa sollicitation, fut déclarée un crime capital, et, depuis le commencement de son règne, il se passa à peine une année sans qu’une vieille ou une autre fût condamnée à expier sur le gibet ses communications imaginaires avec l’esprit malin 1 . »

Jacques composa aussi un traité contre l’usage du tabac. Ses prétentions littéraires le rendirent un objet de ridicule pour ses sujets. Voici, entre autres, une épigramme faite sur lui par Ilayley :

« Jacques, également impropre à gouverner et à comprendre les arts, n’a ni bon sens ni esprit; son bon sens est une pointe, et son esprit un calembour; il tue tout ce qu’il protège : heureusement il ne s’est pas ingéré de favoriser les arts. » . *

Le lendemain même de l’exécution de Charles I ", c’est â-dire le 51 janvier 1649, il parut un ouvrage portant le titre grec de : Eikon Basilikû, ou Portrait de sa sacrée Majesté dans sa solitude et ses souffrances. On donnait comme écrit par Charles lui-même ce livre, qui contenait, avec de pieux commentaires, un exposé de ses pensées sur les principaux événements de son règne. Son apparition causa une profonde sensation en Angleterre, et il s’en vendit, dit-on, cinquante éditions dans la première année. Sous la république, Milton essaya, mais faiblement, de prouver que le roi n’avait pu com-

* Dans, sa Démonologie, il annonce que son projet est de réfuter les opinions de Wierus et de Scott, qui n'ont pas eu honte, dit-il, de nier publiquement l'existence de la magie , et de renouveler les erreurs des sodducéens, en conlestaul f existence des esprits.

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poser ce livre. Plus tard, lorsque Charles II fut monté sur le trône, un ecclésiastique, le docteur Gauden, s’en déclara l'auteur; mais on lui acheta son secret en lui donnant l’évêché d’Exeter, puis celui de Worcester. Après la mort de Gauden, il s’éleva, à propos de ce livre, des discussions entre les amis de ce docteur et les amis des Stuarls, qui en faisaient une question de parti. De nos jours, il parait encore de temps en temps des dissertations sur ce sujet; mais, suivant Lingard, les prétentions de Gauden sont aujourd’hui généralement reconnues comme fondées*.

D’Israeli, dans ses Curiosities of literalure (édit, de Paris, t. 11, p. 289), parle d’un poème composé par Charles I” r .

Jacques 11 avait laissé des Mémoires où il racontait sa vie depuis l’âge de seize ans. Ces Mémoires, entièrement écrits de sa main, formaient 4 vol. in-folio, et furent, aussitôt après sa mort, portés au collège des Écossais, à Paris. Au commencement de la Révolution, le principal de ce collège, nommé Innés, les fit passer à Stapleton, principal du collège anglais à Saint-Omer, afin qu’il les envoyât à Londres. Pour plus de précaution, on avait jugé à propos de les cacher dans la cave d’un habitant de Saint-Omer. La femme de celui-ci, ayant vu arrêter son mari, et craignant une visite domiciliaire, arracha et détruisit les magnifiques couvertures de ces volumes; les manuscrits eux-mêmes finirent par être livrés aux flammes. Un abrégé de ces Mémoires, composé sur les manuscrits autographes, avait été publié sous le nom de Macpherson.

Jacques I er d’Écosse, assassiné en 1437, était, à ce qu'il

• Voyez, édition citée, tome V, notes, p. 638, Chevalier, Origine de l'imprimerie, p. 22 1 et 232, et Timperley, Encyclopedia of I itérai y and lypographical anecdote, année 1648.

paraît, l’un des plus habiles musiciens de son temps, et savait jouer de presque tous les instruments connus. On a de lui divers écrils qui ont été publiés à Edimbourg en 1783, in-8, sous le titre de Restes poétiques de Jacques I er . On y remarque, entre autres, un poëme sur la fille du comte de Somerset, Jeanne, qu'il épousa plus tard.

On a de l’empereur Frédéric II, qui fut l’un des meilleurs poètes de son temps, des vers en langue romane, des lettres en latin, et un traité intitulé : Pe Arte venandi cum avibus. Ce traité, où le prince fait preuve d'érudition, a été imprimé plusieurs fois, mais d’une manière incomplète. La bibliothèque Mazarine en possède un manuscrit plus ample des deux tiers que les éditions imprimées.

L’empereur Charles IV (mort en 1378) est auteur de Mémoires publiés dans le deuxième volume des Scriptores rerutn germanicarum, sous le titre de : Commenlaria de vitâ Caroli IV, Bohemix regis, et postea imperatoris IV.

Maximilien I" composa un très-grand nombre d’écrits sur toutes sortes de sujets. Parmi ces ouvrages, qui pour Ja plupart sont perdus, nous citerons un tableau de ses découvertes dans l'art militaire; une description de cent quarante de ses jardins de plaisance en Autriche; des traités sur le blason, sur l’éducation et l’entretien des chevaux, sur les dépôts d’armes, sur la chasse au tir, sur la fauconnerie, sur la cuisine, sur les vins, sur la pèche, sur l’art de cultiver les jardins, sur l'architecture et sur la morale. On croit qu’il dicta à son secrétaire Marc Treilzsauverein le texte d’un livre intitulé : Weiss Kunig, le Roi sage. Cet ouvrage singulier, qui a été imprimé pour la première fois en 1 775, contient un abrégé de la vie de ce prince. Maximilien a gravé lui-même sur

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bois les planches d’un poëme sur les aventures du célèbre chevalier Theuerdannck.

Charles-Quint, dont l'éducation avait été très-négligée, et qui le regretta toute sa vie, composa, suivant un bruit rapporté par Brantôme, « un livre de sa main, comme Jules César en son latin. Je ne sais s’il l’a fait, ajoute le même écrivain; mais j’ai vu une lettre imprimée parmi celles de Belleforest, qu’il a traduite d’italien en françois, qui le testifie, et avoir été tourné en latin à Venise par Guillaume Marindre : ce que je puis bien croire; car tout le monde y fût accouru pour en acheter comme du pain en un marché en temps de famine; et certes la cupidité d’avoir un tel livre si beau et si rare y eût bien mis autre cherté qu’on ne l’a vu, et chacun eût voulu avoir le sien *. »

Swerre, roi de Norvège, mort en 1202, est, à ce que l’on présume, l’auteur du Miroir royal, composé en irlandais. et qui fut publié avec une version danoise et latine, sous le titre de Spéculum regale, Soræ, 1768, in-4. On trouve dans cet ouvrage un petit traité d’astronomie et de physique pratique qui renferme de belles descriptions poétiques et des détails curieux sur les volcans de l’Islande. On a encore, du même prince, un traité de droit public, édité en 1815 par Verlauf, sous le titre de Anecdoton historiam Swereri regis Norvegiæ illustrons, in-8.

Gustave-Adolphe avait écrit des Mémoires historiques qui, conservés en manuscrit au palais de Stockolm, furent consumés en partie, lors de l’incendie de ce palais, à la fin du dix-septième siècle. Les fragments sauvés du feu ont été publiés avec des remarques par Benoît Bergius.

1 Vies des grands capitaines , ch. i, édition do 't’unlkten, t. I, p. 19,

Il s'égara, dans le même incendie, la relation que le prince suédois, qui fut depuis Charles X, avait, à seize ans, écrite de ses voyages. Elle se retrouva à une vente, en 1697, et a été publiée dans le neuvième volume du recueil intitulé : Bibliotheca historica sueogothica. Stockholm, 1782-1805, 10 vol. in-8.

Gustave IV, qui fut détrôné en 1809 et mourut ignoré au mois de mars 1837, passa les dernières années de sa vie à publier des écrits politiques, des apologies et des réfutations que personne ne lisait.

Le comte de Raczinski a publié à Varsovie, en 1825, un recueil de lettres adressées par le roi de Pologne, Jean Sobieski, à sa femme, pendant la campagne où il força les Turcs de lever le siège de Vienne (1683). Une traduction française en a été publiée.

Stanislas Leczinski a laissé plusieurs ouvrages en polonais et en français. Ces derniers, relatifs à la philosophie, la morale et la politique, ont élé réunis sous le titre à' Œuvres du philosophe bienfaisant. Paris, 1763, 4 vol. in-8.

Pierre le Grand a traduit plusieurs ouvrages concernant les arts, entre autres l 'Architecture, de Sébastien Leclerc, l 'Art de tourner, par Plumier, et l\4r/ des écluses et des moulins, par Sturm. On a publié, en 1773, 2 vol. in-4, le journal qu’il rédigea pendant ses campagnes contre la Suède (de 1698 à 1714). Cet ouvrage a été traduit en français la même année. En 1774, il parut une collection de trois cent dix-huit lettres adressées par Pierre au feld-maréchal Scheremetof.

Outre plusieurs écrits en russe et en allemand, outre sa correspondance avec Voltaire, Catherine II a composé en français les ouvrages suivants : Antidote, ou Réfutation du voyage en Sibérie par l'abbé Chappe, imprimé » h suite de cet ouvrage, 1769-71, 6 vol. in-12; Oleg,

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drame historique, traduit en français de l’original russe de Derschawin, etc.

Les ouvrages du roi de Prusse Frédéric II, tous écrits en français, forment 23 vol. iu-8, et se composent de poésies, de correspondances et de mémoires historiques. Parmi ces derniers on distingue : les Mémoires pour servir à V histoire de la maison de Brandebourg; Y Histoire de mon temps (1740-1745), et l'Histoire de la guerre de sept ans.

On attribue à Sisebut, roi goth d'Espagne, mort en 021, un poëme latin, de Eciipsitms solis et lunæ, dont un fragment a été inséré dans le tome II de YAnlologia lalina de Burmann.

C'est à Alphonse X, l’un des princes les plus instruits de son siècle, et qui s’occupa beaucoup de chimie et d’astronomie, que l’on doit les belles tables astronomiques appelées de son nom Tables ulphonsines. Il fit aussi rédiger le recueil des lois intitulé Las siele partidas.

Les chansons de Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre, ont été publiées par Lévesque de la ltavallère Paris, 1742, 2 vol. in-12.

On a conservé longtemps de Denis, roi de Portugal, mort en 1325, deux Cancioneros, dont l’un contenait des hymnes à la louange de la Vierge, et l'autre des vers sur des sujets profanes. Nous ne savons pas si ces ouvrages subsistent encore ou s’ils ont été publiés.

Édouard ou Duarte, roi de Portugal, iport de la peste en 143B, a laissé un très-grand nombre d'ouvrages 1 sur des sujets divers. Le plus remarquable est ün livre de morale, de philosophie et de politique intitulé: Leal conselheiro, le fidèle conseiller. Il le composa, en grande

* On peut en voV la liste dans Ylliiloire tir. Portugal de Schasfer, traduction de N. SmPanpe-Hodm. Paris, 1845, grand in-8% p. 452.

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