I.e pauvre Kschyle ainsi sut ses jours avancer
créoii. « Comme il suçait, dit Valère-Maxime, le jus d’un raisin cuit au soleil, pour entretenir le faible reste de ses forces languissantes, un pépin vert, qui s’arrêta opiniâtrément dans sa gorge desséchée, lui ôta la vie. »
Une esclave favorite du calife Yézid II mourut de la même manière; Germonio, écrivain danois du dix-septième siècle, fut étouffé par un morceau de viande, et Henri Knox, général américain le fut par un os de poulet, en 1806.
« Cambyse, dit Hérodote (1. m, ch. 64-66), venant d’apprendre la révolte de Smerdis (le Mage), se jeta avec précipitation sur son cheval, dans le dessein de marcher en diligence vers Suses ; mais, en s’élançant, le fourreau de son cimeterre tomba, et, le cimeterre étant resté nu, le blessa à la cuisse, au même endroit ou il avait auparavant frappé Apis, le dieu des Égyptiens... Peu de temps après, l’os se caria, et la gangrène ayant promptement gagné toute la cuisse, Cambyse mourut. »
Le comédien Baron se blessa au pied avec une épée de théâtre, et mourut de cette blessure après avoir refusé de se laisser amputer.
Pyrrhus, repoussé d’Argos, où il était entré de vive force, et combattant vaillamment à l’arrière-garde, fut blessé légèrement d’un coup de javeline. « Parquoy, dit Plutarque, il s’adressa à celuy qui luy avoit tiré le coup, qui estoit un Argien, homme de^ petite qualité, et lilz d’une pauvre vieille femme, laquelle à l’heure mesme estoit montée sur les couvertures des maisons, comme toutes les autres femmes de la ville, pour voir le combat, et appercevant que c’esloit son fils que Pyrrus vouloit choquer, clic eut si grande frayeur de le voir en ce péril, qu’elle prit à deux mains une tuyle et la jetta dessus
Pyrrus. La tuyle lumbaiU au long de sa teste, à la fuullc de i'arniet, luy donna droit sur le chaignon du col, et luy en brisa les jointures, dont il lui prit soudain une pâmoison telle, qu'il en perdit la veüe sur l'heure ; les rênes luy cbeurent des mains, et luy tomba de dessus son cheval eu terre, sans que l’on sceut qui il estoit, au moins la commune, jusques à ce qu’un Zopyrus, qui esloit à la soulde d'Antigonus, et dcuii ou trois autres soudars, accoururent visiement celle part, et l'ayans recogneu le Irainnèrcnt au dedans d'une porte, ainsi qu’il commenceoit à revenir de sa pâmoison. Si desguaina ce Zopyru^ une espée esclavonne qu'il portoit, pour luy en couper la teste ; mais Pyrrus le regarda entre deux yeux d’un regard si terrible, qu’il reflroya, et lui feit tellement trembler la main de peur, que en ce trouble et cest effroy, il ne luy donna pas droit où il falloit pour luy couper le col, ains l'assena au-dessous de la bouche, à l’endroit du menton, de sorte qu’il demeura longtemps à luy achever de Ireiichcr la teste »
La chute d’une tuile causa aussi la mort d'un autre prince.
« Le roi de Castille Henri P', jouant à Palence, dans la cour du palais de l’ëvêque, avec des jeunes seigneurs de son âge (il avait alors treize ans), fut tué, dit Mariana (I. XII, c. 50), par le plus funeste accident qui fut jamais. Une tuile étant tombée sur la tête de ce jeune prince, il en fut si cruellement blessé, qu’il en mourut onze jours après, le mardi 6 juin de l’année 1217. »
Les chutes de cheval ont causé la mort d’un très-gnand nombre de princes ; nous citerons seulement les suivants.
' Traduclion d'Amyot, Vie de Pyrrus, ch. 76, <818, t. iv, p. <95.