‹ Curiosités biographiquesChapitre 12 sur 36 · CIIUÜSITÉS inOGRAPUKlUES · texte numérisé non relu

CIIUÜSITÉS inOGRAPUKlUES

« Dans ce Icmps-ià (15 octobre 1131). dit Suger, arriva un malheur étrange cl jusqu’alors inouï dans le royaume de France. Le lils aîné du roi Louis VI, Philippe , enfant dans la fleur de l’agc et d'une grande douceur, l’espoir des bons et la terreur des inccbanls, se promenait un jour à cheval dans un faubourg de la cité de Paris. Un détestable porc se lance dans le chemin du coursier, celui-ci tombe rudement, jette et écrase contre une roche le noble enfant qui le montait, et l'étouffe sons le poids de son corps... Les babilanls de la ville, consternés de douleur, s’empressent de relever le tendre enbmt presque mort, et le transportent dans la maison voisine. 0 douleur ! à l’cnirée de la nuit, il rendit l’àme L» Ce jeune prince de grande espérance n’avait que dix-sepl ans.

Thogrul 111, dertiicr .«ultan seldjoucide, était sur le point de livrer bataille au sullan de Kharisme, lorsqu’il se mit à réciter ces vers de Ferdoncy : « D'un seul coup de ma masse d’armes, j’ouvrais le chemin à mes troupes au milieu de mes ennemis ; et les efforts de mon bras lurent si violents, que, sans (]uitlor les arçons, je fis tourner la terre comme une meule de niouliu. » Malheureusement pour lui, Thogrul, en répéianl ces vers, déchargea un si grand coup de sa masse d’armes sur une des jambes de son cheval, que l’animal s’abattit et le renversa. Un des ennemis se précipita alors sur le prince et le tua (en 1194).

Le prince d’Orange, Guillaume 111, s’étant démis la clavicule en tombant de cheval, ne put se résigner à prendre le repos que sa situation exigeait, et peu de jours

' vie (le Louis le Gros, rollcctioii Guizot, l. viii, p. 149.

après cet accident, il mourut le 16 mars 1702, à cinqunntc-deux ans.

Un grand nombre de princes ont péri à la chasse, par suite d'accidents divers. Ainsi Guillaume le Roux fut tué par une flèche dirigée contre un cerf par l’un de ses chevaliers, Guillaume Tyrel.

Henri I®^ roi de Jérusalem et comte de Champagne, et Charles VIII, périrent d’une manière assez singulière.

«Un jour(en 1 1 97 ),au momentdeprendre un repas, Henri ayant demandé de l’eau pour se laver, on liiien apporta, et il vint .auprès d’une fenêtre qui était au haut de la tour où il se tenait. Comme il lavait ses mains, s’étant jeté en avant, il tomba de la fenêtre en bas et mourut. Le valet qui tenait la serviette se laissa choir après lui, parce qu'il ne voulait pas qut’on dît qu’il l’eût poussé. Il ne se tua pas, mais il eut la cuisse cassée. Aucuns dirent que, si celui-ci ne se fût pas laissé choir, le comte ne fût pas ^ mort. Le valet, qui était tombé entre deux murs, se traîna tant, qu'il vint près d’une poterne ; il ouït passer des gens dehors, et commença à crier. Quand ils ouïrent ses cris, ils vinrent en cet endroit, et demandèrent cc qu’il avait ; il dit que, pour Dieu, ils fissent venir des cheva liers et emporter le comte qui gisait là mort. Les valets et les hommes du comte y allèrent, et le trouvèrent mort. Ils le portèrent au monastère et l’ensevelirent. 11 avait commandé plusieurs fois qu'on mît un treillis à cette fenêtre à cause des enfants, car le cœur lui disait qu’olle.Iui ferait dommage. On fit grand deuil de la mort du comie '. »

« Le septième jour d’avril, l’an 1498, veille de Pâques fleuries, le roi Charles Vlll, étant au château d'Ainboise.

* BeroanI le Trésorier, oollcclion (iuizol, l. xix, p. 22*.

dit Conoines, partit de la chambre de la reine Anne de Bretagne, sa femme, et la mena avec lui, pour voir jouer à la paume ceux qui jouoient aux fossés du château, où ne l’avoit jamais menée que cette fois, et entrèrent ensemble en une galerie qu'on appeloit la galerie Uaque* iebac, parce que cettuy Uaquelcbac l'a voit eue autrefois en garde, et étoit le plus deshonnéte lieu de léans ; car tout le monde y pissoit, et étoit rompu à l’entrée ; s'y heurta le roi, du front, contre l'buys, combien qu’il fut bien petit, et puis regarda longtemps les joueurs, et devisoità tout le monde. Je n’y élois point présent ; mais son dit confesseur, l’évéque d’Angers et ses procliains chambellans, le m’ont conté ; car j’en étois party huit jours avant, et estois allé à ma maison. La dernière parole qu’il prononça jamais en devisant en santé, c’étoit qu'il dit qu'il avoil espérance de ne faire jamais péché mortel ni véniel, s'il pouvoit, et en disant cette parole, il chut à l’envers, et perdit la parole (il pouvoit être deux heures après midi), et demeura là jusqu’à onze heures de nuit. Trois fois lui revint la parole, mais peu lui dura, comme me conta ledit confesseur, qui deux fois cette semaine l’avoit confessé. L’une à cause de ceux qui venoient vers lui pour le mal des écrouelles. Toute personne eniroit en ladite galerie qui vouloit, et le Irouvoit-on couché sur une pauvre paillasse, dont jamais il ne partit, jusqu'à ce qu’il eût rendu l'àine et y fut neuf heures.

« Et ainsi départit de ce inonde si puissant et si grand roi, et en si misérable lieu, qui tant avoit de belles maisons, et en faisoit une si belle, et si ne sccut à ce besoin finer d’une pauvre chambre '. »

* Liv. VIII, ch. 25.

MORTS PAR ACCIDENTS SINGULIERS. 9îi

Guidobooi, dit le prêtre de Savotie, peintre italien, était très-faible de corps. Un soir, à Turin, pendant le terrible biver de 1709, il se laissa tomber dans son escalier; il ne put se relever, et ses cris n’ayant pas été entendus, on le trouva mort de froid le lendemain.

L’empereur d’Orient, Léon IV, aimait passionnément les pierreries. Les historiens byzantins rapportent que ce prince, assistant le 8 seplem’bre 780 à l’oflice divin dans l’église de Sainte-Sophie, fut frappé de l’éclat des pierres précieuses qui enrichissaient une couronne que l’empereur Maurice avait fait placer au-dessus de l'autel. Il la fit détacher à l’instant, la mit sur sa tète et l’emporta dans son palais. Mais le poids énorme de ce joyau lui blessa le front et lui fit venir des plaies qui, s’envenimant aussitôt, causèrent sa mort le même jour. Ce que l’on ne manqua pas de regarder comme une punition du ciel

La mort du pape Paul II est attribuée par l’bistorien Platina à une cause analogue. « Ce pape, dit-il, aimait tellement les pierreries, qu’il en faisait venir à grands frais de tous les cotés, et pour en acheter, épuisait presque le trésor de l’Eglise romaine; aussi toutes les fois qu’il se montrait en public, sa tète ne paraissait pas celle d’un prélat mitré, mais plutôt celle d’une Cybèlc phrygienne et chargée de tours. Je crois que le poids de ces pierreries joint à l’embonpoint de son corps, détermina l'apoplexie dont il mourut subitement »

Les morts causées par les excès de table sont fort nombreuses.

« Attila, au rapportdc Priscus riiistoricn, dit Jornandès, après avoir déjà, selon la coutume de sa nation, épousé

' Tbt-opbaoes, p. 582; Zonarc, l. xv, ch. 9, t. ii, p. tU.

* Plaiioa, In Adriano l, fol. 425, verso.

unemullitude de femmes, s’unit par le mariage, au temps où il mourut, à une jeune ûlle nommée Ildico, et douée d’une rare beauté : dans les fêtes de celte union, il se livra à une grande joie, et, appesanti par le vin et par le sommeil, il se coucha sur le dos ; le sang, qui d'ordinaire s’échappait de ses narines, ne pouvant dans ses bouillonnements trouver son passage habituel, prit un cours funeste, et l’étouffa en s’amassant dans sa gorge. Ainsi, l'ivresse enleva par une mort honteuse ce roi si glorieux dans les combats. Le lendemain, une grande partie du jour s’était déjà écoulée, lorsque les officiers du roi, soupçonnant quelque chose de fatal, brisèrent les portes apres avoir jeté de grands cris, et trouvèrent Attila mort sans blessure, par suite d’une hémorragie ; la jeune épouse, la tête baissée, le visage voilé, versait des larmes. Alors, selon la coutume de cette nation, ils se coupèrent une partie de leur chevelure, et sillonnèrent de profondes blessures leurs visages hideux, afin que cet illustre guerrier reçût, en témoignages des regretsqu’il laissait, non pas les lamentations et les larmes des femmes, mais le sang des hommes de cœur »

Soléiman calife ommiade, ayant été surpris par le froid pendant un pèlerinage qu’il fit à la Mecque, en 717, s’arrêta dans une maison près de Taïef et y mangea soixante-dix grenades, un chevreau, six poQles et une énorme quantité de raisins secs. Il n’y a pas lieu de s’étonner qu’il soit mort de cet effroyable repas.

Jean Zapoliha, waivode de Transylvanie, élu roi de Hongrie en 1326, étant allé assiéger le château de To-

’ Histoire des Golks, ch. 98, traduction de la collection l'amkouoko, p. 573.

garüs, le prit après un long siège et y tomba malade. Cependant voici venii’ un courrier (|tii lui apporte nouvelles de la naissance d'un fils que Dieu lui avait donné. Ces nouvelles étant agréables à tous ceux qui n’ont point d’enfanls, et surtout aux personnes avancées en âge, I on se pcnit imagiiier que Jean reçut celle-là avec joie. Aussi lit-il un peu d'excès, buvant à la hongroise. El ses excès ayant augmenté sa maladie, il mourut à . Sas.'èbcs peu de jours après la naissance de son fils, la ciiKiuanle-lroisièine année de son âge *. »

Parmi les princes morts d’indigestion, nous citerons deux rois d'Anglelen e, Henri P'', mort, en d’une indigestion de lamproies, et Georges l’empereur d’Allemagne, Frédéric III, et son fils, Maximilien l", qui moururent tous deux pour avoir mangé trop de melon.

D'autres personnages, d’un rang moins élevé, périrent de la même manière, comme l’architecte italien délia Porta; de la Mark, évêque de Liège ; le fameux Manuce, l’écrivain anglais Green, mort en 1592; mademoiselle de Lussan, morte en 1758 ; le peintre hollandais Dujardin et La Mellric.

Des excès d'un autre genre amenèrent la mort du bon roi Louis XII.

« Ce prince, dit.Fleurange, avoit voulu faire du gentil compaignou avecques sa femme; mais s'abusoit, car il n'estoit pas homme pour ce faire; carde longtemps il estoit fort malade, et spécialement des gouttes, et avoit déjà cinq ou six ans qu’il en avoit cuidé mourir, car il fciibl abandonné des médecins, et vivoil d’un mcrveil-

■ llt'ucours itisloriiiue cl poliliqitc sur les causes delà guerre ic lloii- 9'if. lOCC, iu-i-2, I». 2>7.

leusement grand régime, lequel il rompit quand il fcust avecques sa femme ; et lui disoienl bien les médecins que s'il conlinuoit il en mourroit pour se jouer. Ceulx de la basoche à Paris disoient que le roi/ d’Angleterre acoil envoyé une haquenée au royde France^ pour le porter bientôt et plus doucement en enfer ou en paradis. Toutesfois, lui estant bien malade, envoya quérir monsieur d’Angoulesme, et lui dit qu’il se trouvoit fort mal, et ne jamais n’en eschapperoit; de laquelle chose leditseigneur le reconfortoit à son pouvoir, et qu’il faisoit ce qu’il pouvoit, et list le dict seigneur roy à sa mort tout plein de mines ; nonobsiant, quand il se fcust bien dclfendeu contre la mort, il mourut par un premier jour de l’an, sur lequel jour fist le plus horrible temps que jamais on veit ^ »

Quelques princes sont morts de la lèpre, entre autres, Raoul II, comte de Vermandois, mort en 1168, et Baudouin IV, roi de Jérusalem.

« La lèpre, dit Guillaume deTyr, dont Baudouin IV était atteint depuis le commencement de son règne, ou, pour mieux dire, dont il avait senti les effets dès les premières années de son adolescence, faisait, en ce moment (1182), des progrès plus rapides qu'à 1 ordinaire ; il avait perdu la vue; les extrémités de son corps étaient frappées, et tombaient en putréfaction ; il ne pouvait se servir en rien de ses pieds et de ses mains, et cependant il gardait toujours la dignité royale... Faible de corps et impotent, il conservait encore beaucoup de f»)rco d’àme, et faisait des efforts extraordinaires pour cacher son mal, et supporter toujours le poids des affaires »

I MètHoircs, c. slv, coUeclion Michniid-Poujoulat, p. 45.

i Histoire des Croisades, l xsti, collccllon Guizot, t. xvm, p. r.O.

MORTS Px\R ACCIDENTS SINGULIERS. 93

Cependant, à celte époque, trois ans avant sa mort, il iioinma régent son beau-frère. Gui de Lusignan.

Nous avons lu quelque part que Robert Bruce était monde la inènic maladie; mais nous n’avons pas pu relrouver l’auteur qui avait avancé ce lait.

L'accident qui, ci\ 1621, causa la mort de Philippe III iiiouirc à quel point les rois d’Espagne se croyaient euxmèines les esclaves de la ridicule étiquette qui régnait à leur cour.

« Sa maladie, dit Bassompierre, lui commença dès le premier vendredi de carême, lorsqu’étanl sur des dépêches, le jour étant froid, on avait mis un violent brasier au lieu où il était, dont la réverbération lui donnait si fort au visage, que les gouttes de sueur en dégouttaient, et de son naturel il ne trouvait rien à redire, ni ne s’en plaignait. Le marquis de Pobar, de qui j’ai appris ccci, me dit que, voyant comme ce brasier l’incommodaU, il dit au duc d’Albe, gentilliomme de sa chambre comme lui, qu'il fil retirer ce brasier qui enOammait la joue du roi; mais comme ils sont Irés-ponctuels en leurs charges, il dit que c’était au sommelier du corps, le duc d'Usseda. Sur cela, le marquis de Pobar l’envoya chercher eu sa chambre ; mais par malheur il était allé voir son bâtiment, de sorte que le roi, avant que l'on eût fait venir le duc d'Usseda, fut tellement grillé, que le lendemain son tempérament chaud lui causa une fièvre, celle fièvre un érysipèle, et cet érysipèle, tantôt s’apaisant, tantôt s’enflammant, dégénéra enfin en pourpre qui le tua *. »

On sait qu’ Antoine de Navarre, père de Henri IV, fut b!t*ssé mortellement au siège de Rouen, en 1.o62, pen-

* aimée 1621, colleclion Mirhaud-Poiijoulat, p. t5t.

Oaiit que, derrière un gabion, il s’occupait, comme dit Sganarelle. à expulser le superllu de la boisson. Aussi, fit-on l’cpitaphe suivante à ce prince, dans le corps duquel on n’avait trouvé, disait-on, ni cœur ni fiel ;

Ami françois, le prince ici gissanl Vécut sans gloire et luuurjt en pissant.

La mort, à ce que raconte d’Aubigné, faillit, quelques années plus tard, eu 1576, surprendre Henri IV dans une posture analogue.

« Ce prince, dit-il, dépité de tous les déboires qu’il’ rccevoit cbaqne jour à la cour, et des galanteries de la reine sa femme, résolut de s’en retirer et de mettre la Loire entre elle et lui. Il feignit pour cela d’aller à la cbasse du coté de Livry, et soudain que la cbassc fut commencée, il s’en départit, suivi d’un petit nombre de ses plus intimes confidents dont j’étois du nombre, et s’en vint passer la Seine au pont de Poissy ; de là faire une petite repue dans ùn village près dq Monifort-I’Amaury, où lui étant arrivé d’aller faire ses affaires dans un têt à cochons, une vieille qui le surprit en cel état lui auroit fendu la tête par derrière d’un coup de serpe, sans moi qui parai le coup. Sur quoi je dis à mon maître, pour le réjouir : « Si vous eussiez eu cette fin honorable, je vous aurois fait, en style de saint Innocent, une telle épitafe :

Cy glt un roi grand par merveille,

Qui mourut comme Dieu permet D’un coup de serpe d’une vieille,

Ainsi qu’il ch.... dans un têt

' Mémoires de d’Aubigné, collection du Panthéon, p.,483.

Quelques princes ont été brûlés par accident , entre autres, Charles le Mauvais, dont la mort, arrivée le janvier 158/', est ainsi racontée par Froissart :

O II me fut dit que cc roi, en son vivant, avoit toujours aimé femmes ; et encore, en ces jours, avoit-il une très-belle demoiselle à amie, où à la fois il se déportoit, car de grand temps avoit été veuf. Une nuit il avoit ju avec elle ; si s'eu retourna en sa chambre tout frileux, et dit à un de ses valets de chambre : « Appareillez-moi ce lit, car je m’y vueil un petit, coucher, et reposer. » 11 fut fait ; il se dépouilla, et se mit en ce lit. Quand il fut couché, il commença à trembler de froid, et ne se pouvoit échauffer, car jà avoil-il grand âge, et environ soixante ans ‘ ; et avoit-on d’usage que, pour le réchauffer en son lit, et le faire suer, on boütoit une buccinc d’airain, et lui souflloit-on air volant. On dit que c’éloiteau ardente, et que cela le réchauffoit et le fuisoit suer. Si comme on avoit fait autrefois sans lui faire mal ni déplaisir de son corps ni de sa personne, adoncon lui lit comme on avoit de coutume ; mais lors se tourna la chose en pis pour le roi, ainsi que Dieu ou le diable le vouldrent, car llambe ardente se bouta en ce lit, entre les linceuls, par telle manière que le roi, qui étoit là couché et enveloppé entre ces linceuls, fut atteint de cette flambe. On n’y put oneques venir à temps, ni lui secourir, qu’il ne fut tout ars, jusqu’à la boudiné ; mais pour ce ne mourut pas si très tùt ; aius vequit quinze jours en grand peine et en grande misère; ni surgien, ni médecin, n’y purent oneques remédier qu'il n’en mourût »

' Froissart se troni|ie. Chartes n’avait alors que cinquante-cinq ans. s Froissart, l. iii, c. 96.

i02 CURIOSITÉS BIOGRAPUIQÜES.-

Les Grandes Chroniques, dont le récit diffère peu de celui de Froissart, ajoutent : « Ledit roi vécut trois jours, criant et brayant, en très-grandes et âpres douleurs ; et on cet étal alla de vie en trépasscnienl; et disoit-on que c'étoit une punition divine. »

Le roi de Pologne Stanislas Leckzinski mourut d’un accident analogue. Le a février 17GG, s’étant approché de sa cheminée pour voir l’heure à une pendule, le feu prit à sa robe de chambre ouatée. En se baissant pour éteindre la flamme, il tomba dans le foyer, et ne put se relever. Le valet de chambre qu’il avait sonné se trouvant absent, ce fut un garde du corps qui, averti par l’odeur du brûlé, donna l’alarme. Quand on releva le prince, il avait les doigis de la main gauche entièrement calcinés, et depuis la joue jusqu’au genou du même côté, son corps n’était qu’une plaie. Il succomba le 25 février suivant, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Cet accident était arrivé au château de Malgrange, près de Nanci.

Lengiet-Dufresnoy, lisant, à l’âge de qnatre-vingt-deux ans (en 1755), un livre qu’on venait de lui envoyer ne put en supporter longtemps la lecture, et s’étant en-

dormi, il se laissa tomber dans le feu, d’où ses voisins le retirèrent lorsqu’il avait la tète presque entièrement brûlée.

Avant lui, Léonce-Pilate, savant grec du quatorzième siècle, Jean Gosselin, érudit français du seizième siècle et Roos, peintre allemand (mort en 1685), avaient été de même brûlés par accident.

Le mécanicien milanais Settala, qui vivait au dix-sep-

' Ce livre était : Considérations sur les révolutions des arts, par le chevalier de Méhégan.

tième siècle, est le premier exemple connu d’un homme tué par un aérolilhe. Le savant historien Duchcsne périt écrasé par une charrette, à l’àge de soixante-quatre ans.

Parmi les littérateurs et les artistes assassinés, nous tilerons Scot Ei igcnc, tué à coups de canif, par scs écoüei-s, en 886; Veneziano, tué en 1476, par André del Castagno, qui espérait, au moyen de ce crime, demeurer seul en possession du procédé de la peinture à l’huile ; Jean Goujon et Ramus, tués dans le massacre de la Saint- Ii.irthélemy ; l’abbé de Villars, auteur du Comte de Gabalis, assassiné par des voleurs en 1675, et enfin le célèbre Winckelmann , qu’un Italien , nommé Archangeli, blessa mortellement de cinq coups de couteau dans le bas-ventre, le 8 juin 1768, à Trieste.

On peut ranger au nombre des assassinais la mort de Benserade, abandonné par un médecin qui, voulant le saigner, lui avait piqué une artère, et la mort de l’abbé Prévost qui, le 25 novembre 1765, étant tombé évanoui an pied d’un arbre de la forêt de Chantilly, fut ouvert {lar un chirurgien de campagne qui croyait n’avoir affaire qu’à un cadavre. Le malheureux poussa un grand tri, et expira aussitôt»

Pierre Torregiano, célèbre sculpteur florentin, auteur du mausolée de Henri Vil à l’abbaye de Westminster, venait de terminer pour un grand d’Espagne une statue de rEufant-Jesus , que le seigneur avait promis de layer généreusement, lorsqu’il vit arriver chez lui des dunusti(}ucs chargés d'énormes sacs qui contenaient treille ducalsen monnaie de cuivre. Indigné à celte vue, il saisit son inaileau, brise la statue, chasse les domestiques avec leur argent, et leur ordonne de raconter à

leur maître ce qu’ils venaient de voir. Celui-ci ne put dévorer cet affront, il se rendit aussitôt chez le grand inquisiteur, en accusant le sculpteur d’avoir porté la main sur l’Enfaiit-Jésus. L’affaire ne fut pas longue, Torregiano, mis à la torture, expira dans les plus horribles supplices.

José, auteur dramatique portugais, accusé d’impiété dans scs écrits, fut brûlé vif par l inquisiiion en 174o. U avait eu cependant la précaution de terminer chacun des volumes de la première édition de ses œuvres, par une espèce d’acte de foi, portant qu'il ne croyait à aucune des divinités qu’il avait mises en scène.

Ilerbinot, conseiller au Châtelet au dix-septième siècle, avait conçu le projet d un vaste dictionnaire étymologique, où après avoir voulu prouver quêtons les mots français étaient tirés du grec, il essaya de démontrer qu’ils venaient tous de l’hébreu. Bientôt ce malheureux « à qui, dit de Boze {Eloge de Lancelot), le nombre prodigieux d’étymologies forcées avait fort échauffé la léle, tomba dans un si parfait délire, que n’ayant, disait-il besoin d’autre aliment que de ses racines grecques c hébraïques, il refusa constamment de prendre aucum sorte de nourriture, et mourut d’inanition. »

L’acteur Mondory mourut en jouant VHérode de Tris tan. Molière fut emporté expirant à la fin d’une représen tation du Malade imaginaire. On raconte aussi que Mont fleury, jouant le rôle d’Oreste dans Andromaque, avai crié avec une telle violence ces vers :

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?

A qui destinez-vous l’appareil qui vous suit?

Venez-vous m’entraîner dans réternelle nuit?

qu'il Sc rompit une veine et expira étouffé par le sang.

La mort de quelques hommes tués sur le champ de bataille a été souvent enioiirée de circonstances mysiérieuses. Ainsi ce ne fut point une balle partie des rangs ennemis qui tua Gustave -x\dolphe à la bataille de Lntzen , et Charles XII, dans la tranchée de Friedrichshall. Le premier fut assassiné, à ce que l’on croit, par François-AIherl, duc de Saxe Lauenbourg, qui passa ensuite an service de rAiiiriche. Lesecond, que Fou trouva ayant encore la main sur la garde de son épée, signe évident qu’il avait été attaqué de près, fut frappé par une main qui est restée inconnue.

La mort du comte de Soissons, tué à la bataille de la Marfée, n’est pas moins .‘•ingnlière. Son armée venait de mettre en fuite les troupes royales. « Après le combat, dit Montglat, il regardait de loin la déroule des Français, et marchait au petit pas au ntilicu des siens, et entouré de ses domcsliques, lorsqu'il tomba de son cheval roide mort, sans que jamais on ait pu savoir d’où cela était venu : car aucun de ceux qui étaient auprès de lui n’en ont pu dire des nouvelles. Ils disent seulement qu'ils ouïrent un coup, et qu'ils virent un cavalier passer, et leur maître en même temps tomber la tête en bas, cl le pied dans Fétrier ; qu’ils lui trouvèrent le coup dans le front, avec la bourre dans la tète, le visage brillé de la pondre, pour marque qu’il avait été tiré à brùlc-pourpoint. Celle mort n’a jamais pu être éclaircie, et a donné sujet de gloser à bien du monde, pour démêler une affaire si extraordinaire. »

On avait trouvé une cause fort naturelle de la mort du comte, en supposant qu’il s’était tué lui-même en relevant comme il en avait l’habitude, la visière de son cas-

que, avec le pistolet qu’il tenait à la main. Mais celle explication ne put saiisl'aire les esprits à une époque où l'on était accoutumé à rendre Richelieu responsable de toutes les morts (pii arrivaient heureusement pour lui. On crut donc que le comte de Soissons avait élé assassiné par l'ordre du ministre. Les mémoires de l'abbé Arnauld renfermcntdu reste à ccl égard une anecdote assez curieuse :

« Uu jour, dit-il, que j’étais de garde à Verdun, à la porte qu’on nomme la parle à Chaussée, il y arriva deux cavaliers qui nous donnèrent les premières nouvelles de la bataille de Sédan. Tout le monde a su ce qui s’y passa, cl que M. le cardinal fut consolé de la perle que nous y fîmes, quand il sut queM. le comte y avait élé tué; mais je n’ai vu personne qui sût une particularité que je vais dire, et qui peut occasionner des réllexions louchant la mort de M. le comte, de laquelle on a parlé si diversement et avec tant d'incertitude. Un de ces commis que M. des A'oyers employait en diverses sortes de commissions, et qui nous apportait quelquefois de l’argent à Verdun pour payer notre régiment, me dit un jour : Que deux ou trois mois a[>rès la perle de celle bataille, .M. des Noyers l’avait envoyé quérir, et lui avait dit de se rendre au jour et à riieiire qu’il lui maripia, avec une assez grande somme d’argent en or et des lettres de change pour beaucoup plus sur la montagne de Donchery, au pied d’une croix d’où l’on découvre toute la ville; qu’il en verrait sortir un homme en deuil sur un cheval noir; que ccl homme le viendrait aborder, et qu’il lui donnât tout l’argent qu’il lui demanderait. Le commis y fut ; l'homme qu’on lui avait désigné ne manqua pas de s’y rendre. Il lui demanda s’il n'avait pas ordre de lui donner

(le l’argent; il répoiulil que oui, et lui demanda s’il serait coûtent de tant. (Je ne me souviens pas prciciscment de la somme.} Le cavalier lui dit que ce n’était pas assez et qu’il lui fallait encore tant. Le commis lui donna ce qu'il demandait; ils se séparèrent, et jamais depuis il n’en a entendu parler. Celle aveninre, à mon avis, peut faire penser et deviner bien des choses, et une si grande récompense ne pouvait être que pour un service important L »

Nous parlerons ailleurs de la disparition du comte de Morel au combat de Caslclnaudari.

On prétend que lorsfiue Charles III moula sur le trône d'Espagne, en l7o9, son frère Ferdinand M n’élail pas encore mort. On raconte que, ce dernier étant tombé en

démence, la reine douairière Elisabeth Farnèse, deuxième femme de Philippe V, obtint secrètement des corlès et des grands que l’on substituât à Ferdinand, qui n’élail que son beau-rds, son propre fils Charles, alors roi des Deux-Sicilcs. Ferdinand, transporté secrètement an couvent de la Casa del Campo, pendant qu’on lui faisait des funérailles magnifiques, aurait encore vécu quelques années dans ce lieu. On ajoutait que Charles lll, disparaissant souvent au milieu de la chasse, et suivi par quelques courtisans curieux, avait été aperçu s’enlreienanl dans le jardin du couvent avec un homme que l’on avait reconnu pour être Ferdinand.

Le supplice de plusieurs personnages célèbres a offert des circonstances singulières.

En I4o0, le duc de Suffolk, poursuivi par la haine de rAugletcrre, qui l’accusait des revers ([u'elle éprouvait

‘ Mémoire ., aiicée I6tl, collection Midiaud-I’oujoulat, p. 50^.

chaque jour en France, cherchait à gagner le continent, lorsque le navire sur lequel il était monté tomba au pouvoir des vaisseaux de Henri VI. « On le fit rester, dit Lingard, sur le Nicolas de la Tour, un des plus grands vaisseaux de la marine anglaise, deux nuits, pendant les* quelles il passa la plus grande partie de son temps à converser avec son eonfesseur, écrivit une longue lettre au roi, et suhit un jugement dérisoire devant les matelots, qui le condamnèrent à mort. Le surlendemain malin (2 mai), un petit bateau vint bord à bord, dans lequel étaient un billot, une épée rouilléc et un bourreau. On y descendit le duc, et l'homme lui ayant dit qu'il devait mourir comme un chevalier, lui abattit la tète au sixième coup L »

Quelques écrivains modernes rapportent que Charles de Melun, décapité sous Louis XI, en 1468, ayant été seulement blessé au premier coup par l'exécuteur, se releva et parla au peuple. Nous n'avons pu trouver ce fait dans aucun historien contemporain.

Le bourreau chargé d’exécuter Marie Stuart fut tellement troublé à la vue de celte princesse, qu’il lui fil seulement une profonde blessure à la partie inférieure du crâne. La reine resta sans mouvement ; au troisième coup la tête fut séparée du corps, et lorsqu'elle eut été relevée cl montrée aux assistants, les muscles de la face étaient tellement contractés, que ses traits n’étaient plus reconnaissables.

Le comte de Chalais, décapité à Nantes, le 19 août 1626, à l’âge de vingt-six ans, eut un sort effroyable. Ses amis,

' Histoire d' Angleterre , traduction de Léon de Wailly, 1845, in-18, tonie II, p. 525.

qui espéraient que le moindre délai pourrait le sauver, avaient fait séquestrer rexécutour ; mais la justice de Richelieu ne pouvait être arrêtée par un pareil obstacle, cl celle lenblive eut de cruelles conséquences pour le malheureuv jeune homme. Un condamné à mort offrit d'acholer sa grâce en faisant le métier de bourreau. Mais n’ayant pas l’habiiude de se servir de l’épée, il s’arma tl’une doloire, et ce ne fut qu’au trente-quatrième coup que la tête tomba; on entendit Chalais crier jusqu’au vingtième.

Quebiue chose d’analogue arriva au supplice de Cinq- •Mars et d<; son ami de Thou, décapités à Lyon, le 12 septembre 1642.

« Le couteau dont on devoit se servir pour le supplice , dit Fonlrailles , étoit fait à la façon des haches anciennes, ou bien comme celles d’Angleterre ; le bourreau estoit un vieil gagne-deniers de la ville, qui n’avoit jamais fait exercice, et duquel l'on fut contraint de se servir, à cause que l’exécuteur ordinaire avoil eu une jambe rompue depuis un mois ou deux. ... Cinq- Mars fut exécuté le premier. Ensuite arriva le tour de de Thou, qui monta sur l’échafaud avec tant de promptitude, que l’on eut dit qu’il voloit; y étant, la première chose qu’il fit, ce fut d’embrasser le bourreau, l'appelant son père et le priant de ne pas le faire bnguir... Puis il baisa le sang de M. le Grand qui y étoit, demanda un mouchoir pour se bander, disant : « Mes- « sieurs, vous direz que je suis un poltron et que j'appré- « hende la mort ; » et lui ayant été jetlé deux mouchoirs, il dit : (( Messieurs, Dieu vous le rende en paradis. » Il fut bandé de l’uu d'iceux, puis reçut le coup qui donna sur l’os de la tête, ne fil que l’écorcher, et sc voulant le-

ver, tomba à la renverse du côté gaiiciie, cl porta la niaiu où il a voit eu le coup, le bourreau le voulant frapper sans prendre garde qu'il alloit frapper sur la. main, le frère, (pii était monté sur l’ccbafaud, lui frappa le bras ; le bourreau lui donna un autre coup, qui ne (il que récorclier sous l’oreille et l’abattit enlièrcmenl sur réchafaud. l.à il jetla les pieds en l'air avec grande furie, et rcçtil trois coups au gosier. On croit que ceu.\-là le tuèrent; il en reçut deux autres après qui lui séparèrent la tête »

Le duc de Monmoulh, (ils naturel de Charles II, eoudaniné à mort pour s’être révolté contre Jacques II, étant monté sur l’échafaud (13 juillet If 83), supplia le bourreau de ne pas le mutiler comme il avait mutilé lord Russel, décapité le 21 juillet 1683. « Cet avcrlisscmenl, dit Lingard, sembla avoir ôté à l’exécuteur la force d exécuter sa tâche. Il s'y prit si maladroitement, ou frappa avec tant de faiblesse, qu’il ne lit qu’une légère blessure, clic patient, se soulevant du billot, tourna la tête à gauche, comme pour se plaindre. Après deux autres coups, la vie parut éteinte, et l’exéculour, effrayé de son œuvre de sang, jeta la hache, jurant que le cœur lui manquait, et qu’il n’en ferait pas davantage. Mais les shériffs le forcèrent de reprendre rinslrument de mort, et au cinquième coup il sépara la tête du corps *. »

Biron, décapité dans l’intérieur de la Bastille, le 51 juillet 1602, fut loin de montrer autant de résignation que

les précédents, a Etant monté sur l’échafaud, le hourreiHJ lui présenta un mouchoir blanc pour le bander ; mais il prit le sien, lequel s’étant trouvé trop court, il

i Relation rie Fonlrailles, coWccüon Michaud-Poujoulal, p. 206.

’ Nous parlerons plus luiii des lu uils ipii coururent sur la mort de ce prince.

denwmla celui de l’exécuteur ; et s’en étant bandé et mis à genoux, il se leva et débanda aussitôt, s’écriant ; «N’y a-t-il point de miséricorde pour moi? » Et dit de rccbef au bourreau qn il se retirât de lui, qu’il uerirrilàt point et ne le mît au désespoir, s'il ne vonloit qu’il l’élranglât, et plus de la moitié de ceux qui étoient là présents ; desquels plusieurs eussent voulu être hors, voyant cet lionimo non lié parler de celte façon. De là un peu il se remit à genoux et se rebanda; et tout incontinent se releva sur pied, disant vouloir encore voii‘ le ciel, puis(ju’il avoii sitôt à ne plus le voir jamais, et qu'il n’y avoil point de pardon pour lui. Pour la troisième fois, il se remit à genoux et se banda; et comme il porioii la main pour lever encore une fois le bandeau, le bourreau lit son cuup, au même instant qu'il lui disoit qu’il ne lui Iranclieroit point qu’il n’eûl dit son In manus. Si le bourreau n'eùi usé de cette ruse, ce misérable et résolu lioinme s’alloit encore lever, et, de fait, il eut deux doigts ofl'eiisés de l’épée du bourreau, comme il porloit la main pour se débander une troisième fois L »

Les détails suivants, relatiis à des personnages graciés sur l’échafaud, au moment même on ils n’altendaiont plus que la mort, nous ont semblé trouver naturellement place ici.

Commençons par Saint-Vallier, qui avait été compromis dans l’alfaire du connétable de Bourbon.

U Le procès am|)lement instruit, dit Pasqnicr, Sakit- Vülüer fut amené à la conciergerie du palais de Paris, et logé en la tour quarrée; et l’un et l’autre procès ayant pris leur trait, le roy, séant en son lit de justice, assisté

' Journal de l’Esloile, coltecliou Mid^ud-Poujoulal, p. 838.

de ses princes et des pairs, fui, le 16 janvier 1623, prononcé l'arrcst conlre le duc de Bourlion, par le chancelier Diiprat,el , quelques jours après, celui de Saint- Vallier, portant condamnation de mort, au-dessous duquel esloit un rctenion, qu’avant que de l'exposer an dernier supplice, il seroii appliqué à la question ordinaire et extraordinaire pour indicpier les autres complices. Arrcsi non loutesfois exécuté pour ce regard.

« Le lendemain, maistre Nicolas Malon, greffier criminel, accompagné de maistre Jean de Vignoles, fun des quatre noiaires et secrétaires de la cour, et de plusieurs huissiers, se transporta, à une heure de relevée, en la seconde chambre de la tour quarrée, où il luy prononça son arresl. Je vous laisse toutes les parlicularilez qui se passèrent entre eux. Tanly a qu’une heure après ou environ de relevée, il est mené sur le perron des grands degrés du palais, où, après son cry fait, monté sur une mule, et derrière luy un huissier en croupe, fui conduit par les huissiers de la cour, sergents à verge, archers, arbalcstriers et gens du guet de la ville, jusques en la place de Grève, où il monta sur l’eschafaut, et après s’csire réconcilié à Dieu entre les mains de son confesseur, comme il estoit sur le point de s'agenouiller pour recevoir le coup de la mort par l’exécuteur de la haute ' justice, voicy arriver un archer des gardes du roy, nommé François Bobbé, qui présenbt à Malon doux lettres, Tune missive, et l’antre patente, portant coimnutaiion de la mort à une prison perpétuelle. A cette nouvelle, Malon laisse le prisonnier, deffendant au bourreau de passer outre ; et de ce pas se transporte avec Yignolesct Bobbé et quelques huissiers, en la maison du seigneur de Selve, lequel ayant leu les lettres, commanda

d'en fiiire lecture devant tout le peuple, et de ramener Saint- Vallier en la prison, pour en estre ordonné par la cour, ce qu’elle verroit de raison. Ce commandement est exécuté. Toutesfois l'appréhension que ce pauvre seigneur avoit eue de sa mort, le réduisit eu une telle fièvre, que, peu de jours après, il mourut; et de là est venue La fiècre de Sainl- Vallier, tant solennisée par nos communs propos. »

(( Permcliez-moi, je vous prie, ajoute Pasquier, de saulter du coq à l'asne, et d’attacher à la suite de l'histoii e d'un seigneur de marque, celle d'un bouffon dont la fin ne font bouffonnesqiie. Nicolas d'Est, marquis de Ferrare, avoit un plaisant, nommé Gonnelle, lequel voyant son inaist! e tourmenté d’une fièvre quarte, qui se tiroit à longueur, ayant appris d’un médecin qu’il n'y avoit plus prompt moyen de le garentir que d’une spavente (frayeur) et estounement. Ce bouffon, se promenant auprès de son maistre, 1e long d’un pré, qu’il entretenoit de baye, trouvant ce luy s'^nbloit, son apoint, le poussa de telle façon, qu'il tomba dedans la rivière en ungay, où il n’y alloit (|ue du péril de sa vie. S’il l'utguéry ou non de sa fièvre quarte p ir ce beau remède, je ne le sçay; bien sçay-je qu'en la frayeur de ce saut inopiné, il y avoit .assez de quoy pour le faire entrer en celle de Saint- Vallier. Or entendez de quelle monnoye ce nouveau médecin fut payé. Le marquis ordonne que son procès luy fust fait et parfait par son podestat, lequel ne tournant à jeu cette bouffonnerie, le condamna d'avoir la teste tranchée. Chose dont le prince ayant eu advis, comme celuy qui ne prenoit à desplaisir tous les desportemenis de son Gonnelle, commanda qu’il fut décapité d’un seau d’eau, estimant tourner cette condamnation en rizée. Ce pau-

vre homme, mené .iu lieu du supplice, confessé, agenouillé, yeux bandez, comme si ce fusl à bon escient; loutcsfois, au lieu de l’cspée, il est, par le bourreau, salue d'un seau d’eau, et, dès riustant mesme, il rendit l'ànie sur la place. Exécution qui fut faite à petit semblant, mais il n’y eut en ceci rien pour rire ^ »

Le chevalier du Jars s’éiant trouvé mêlé à toiUcs les intrigues des ennemis de Richelieu, fut arrêté au mois de janvier 1032, et mené à la Bastille, où, pendant onze mois, il fut interrogé quatre-vingts fois par Lafi'cnia.s, qu’on appelai! le bourreau du cardinal, et qui ne put obtenir de lui aucun aven. On le transféra ensuite à Troyes, et, pendant son procès, il montra la même fermeté. Laissons du reste parler madame de Motleville, amie intime du chevalier :

« Il fut, dit-elle, inené sur la sellette, où fort constamment il refusa pour juge Laffernas, lui reprocha toutes scs lâchetés, l’appela une seconde fois scélérat, ctavcrlit ses autres juges de ce que Laffernas avait proiqis au cardinal contre lui. 11 fut interrogé tout' de nouveau, et demeura trois heures en cet état. 11 se défendit si courageusement qu’il confondit ceux qui le voulaient perdre, et qui avaient du moins le dessein de lui faire trahir ses amis. Sortant de là, le prévôt de l’isle s’approcha de lui cl lui dit : « .Monsieur, bon courage ; j’espère bien pour « vous, car on m'a dit de vous ramener dans la prison « où vous êtes, et c’est l'ordinaire de mener ceux qu'on « va condamner à mort dans un autre lieu. » Le chevalier lui dit du même ton dont il avait accoutumé de censurer les choses qu’il n’approuvait pas : « Mon ami, ces

' Rcchevchet delà France, I. viii, c!i. 3!), col. 825-8-20.

« pcndanls me vont coiulamncr : je le vois à leur mine. U II laiit avoir palieuce, cl le cardinal enragera de voir « que je me moque de lui et de ses tortures. » Aussitôt qu’il fut parti, Lafïcmas montra aux juges une lettre du cardinal, ou plutôt du roi, parlant ainsi de ce chevalier : « S’il est condamné à la gène, qu'on la lui montre, « et qu’on ne la lui donne pas. S’il est condamné à (( morl,(|u’üu sursoie rexécnlion. «Ayaulélé condamni’, on le mena sur l’échafaud ; il y parut plein découragé cl d’honneur; il se moqua de scs juges et de ses ennemis, montrant de recevoir la mort avec une grande fermeté. 11 in’a dit depuis qu’il y avait souffert; mais que Dieu lui avait fait de gir.ndes grâces, cl qu’il avait reconnu par

expérience qu'il avait soin de ses créatures. Etant près d’avoir la lèie tranchée, on lui vint apporter sa grâce L »

Zenon, empereur d’Orient, sujet à l’épilepsie, était surtout frappé par celle maladie lorsqu’il se j)longeait dans l’ivresse, ce qui lui arrivait souvent. La nuit du 21) avril 491, après un excès de table, il tomba dans une syncope si violente , que ses chamheilans, après l'avoir déshabillé, le crurent mort, et le laissèrent étendu sur une planche. Au point du jour, on lui jeta un linceul sur le ctu'ps; et sa femme, l’impératrice Ariadnc, le (il

■ ü'moires de iiKidtiiiie de ilollciir-c^ coll'.'i'lion Mioiur.» Poujou.rii, p. 51.

porter promplemonl cl tans pompe à la sépulture dos empereurs, où le tombeau fut fermé d'une grosse pierre. Elle y posa des gardes, avec défense, sous peine de la vie, de laisser approcher personne, ni d’ouvrir eux-mêmes le tombeau, quoi qu'il piU arriver. Ils obéiront, et malgré les cris lamentables de Zénon qu’ils entendirent quelques bcurcs après, ils n’osèrciil lui donner aucun secours. Le tombeau ayant été ouvert au bout de plusieurs jours, on trouva que le malheureux prince était mort après s’èire déchiré les bras avec les dénis L

Ilamadani, poète arabe du neuvième siècle, surnommé liedi-Alzeman, c’est-à-dire la merveille de son siècle, fut frappé d’apoplexie en 1007. On le crut mort, et on l’enterra. Les cris qu’il poussa, lorscju’il reprit connaissance, furent entendus, et on le retira de son tombeau ; mais la terreur qu’il avait éprouvée avait été si grande, qu'il ne larda pas à mourir, et celte fois, il n’en revint pas.

Paul Jove et plusieurs autres écrivains rapporjenlquc, peu de temps après la mort (arrivée en 1508) de Jean Duns, le docteur subti/ , plus connu sous le nom de Jean Scoi, son tombeau ayant été ouvert, on trouva le cadavre déplacé cl retourné, ce qui fit conjecturer que le malheureux avait été enseveli dans un état de léthargie, et donna lieu à l’épitaphe suivante :

Quod nulli ante homimim nccidit, viator,

Hic, Scolus, jaces seiiiel sepullus Et bis mortuus : omnibus sopbistis Argulus inagis atque capliosus.

* Voyez Lebeau, Il stoire du Bas-Empire, 1. xxxvu, ch. 37. Edition de Saiiit-.Martin, t. vu, p. 217.

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Louis Gongora , poète espagnol du seizième, siècle , avait quarante-cinq ans lorsqu’à la suite d’uue maladie, il tomba en léthargie. Ou le crut mort pendant trois jours. Enfin, il eut le bonheur de se réveiller au moment où on le mettait dans la bière. 11 vécut encore vingt-cinq ans après ccl événement.

« Le baron de Panai, dit Tallemanl des Réaux, étoit un geniühommc Iniguenot, d’auprès de Montpellier, de qui on disoit ; Lou baron de Panai pulcau mort que nal, cVst-à dire plus toi mort que né; car on dit que sa mère, grosse depuis près de neuf mois, mangeant du hachis, avala un petit os, qui, lui ayant bouché le conduit de la respiraiion, la fil passer pour morte ; qu’elle fut enterrée avec des bagues aux doigts ; (|u’unc servante et un valet la déterrèrent de nuil, pour avoir scs bagues, et que la servante se ressouvenant d'avoir été malirailéc, lui donna quelques coups de poing par hasard sur la nuque du cou,el que, les coups ayant débouché son gosier, elle commença à respirer; et que quelque temps après, elle accoucha de lui, qui, pour avoir été si miraculeusement sauvé, n’en fut pas plus homme de bien L »

Mais, de tons les personnages enterrés vivants, aucun n'échappa à la mort d’une manière plus miracu'eusc qu'un genlilliommc normand et huguenot, nommé Civille. Il écrivit plus tard le récit de son avenlure; son manuscrit, resté inédit, fut communiqué au président M isson, qui eu a donné l’extrait suivant :

« En 1502, au siège de Rouen, Civiüc fut blessé dan s on assaut, d'un coup d'arquebuse à la joue droite. Ce

‘ Douxièroe édition, t. n, p. 72.— (le b.iron de P.inat péril on voulant défendre sa soeur qui, surprise en adultère par son mari, le baron de Ueniex, fut tuée ainsi que son amant, le vicomte de Paulin.

-118 CURIOSITÉS BIOGRAPUIQUES.

coup 1 npnt fait tomber du haut du rempart daus le fossé, quelques pcrsoimes qui se rcnconlrèreul là le mirent dans une fosse avec un autre corps qu'ils jetèrent sur lui, et les eouvi irenl tous deux d'un peu de terre Il fut là depuis onze heures du malin, cl même un peu avant, jus(iirà six lieuics et demie du soir. Son valet, informé du falal accident, songea à lui donner une plus honorable sépuliurc, et oblint du comte de .Montgommery la permission de l’aller déterrer, ayant avec lui un officier <les gardes dudit comte pour lui aider. Après avoir considéré le premier corps sans le connaître, le valet lira le second de la fosse, et ne le reconnut point non plus, tant il était défiguré par la houe, le sang, renflurc cl la pâleur. Il remit donc les deux corps dans la fosse, et les couvrit légèrement de terre. Comme l’officier et lui s’en allaient, le premier remarqua que le corps qui avait été mis sur l'autre était mal couvert, une main paraissant entière. Il retourna donc, cl la voulut enfoncer avec le pied ; mais, en la repoussant, il aperçut, à la faveur du clair de lune, un diamant qui jetait un assez grand éclat. L’ayant pris, cl ayant recouvert la main, il montra le diamant au valet, lui disant qu’il n’avaii pas |)erdu sa peine. Le valet reconnut le diamant par sa ligure triangulaire, ce qui l’obligea à retourner pour enlever le corps de son

1 Jusqu'au milieu du 17® siècle rien ne fui plus horrible que le sort réservé aux malheureux blessés restés sur le champ de bataille. Ils étaient, en t'énéial dépouillés et achevés de saug-froid par les ennemis et les paysans, dévorés par les bêtes sauvage-’, ou même ensevelis vivants encore pêle-mêle avec les morts. On connaii le mot de cet oflicier suisse qui, à la suite d’un cnmlial, ayant été charge de faire enterrer les morts, revint, après avoir aeconijili sa mission, en disant: « Si j’avais voulu les écouler, il ii’y en aurait pas eu un de mort »

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maître. Après l’avoir bien essuyé, il le reconnut enfin ; et son affeciion l’ayant engagé à le baiser et à l’embrasser, il trouva encore eu lui quelque cbaieur et (luelque apparence de vie. 11 le porta donc le plus vile qu’il put aux. chirurgiens de l’armée; mais ceux-ci, l’ayant regardé comme mort, n’eurent aucun égard aux prières qu'ii leur fit d’essayer à lui rappeler les esprits, alléguant pour raison que, ne leur restant que très -peu de médicaments, ils n’avaient garde de les employer sans nécessité. Lui cependant qui n’était pas du niême sentiment qu’eux, transporta le corps à la maison où son maître avait accoutumé de Inger. Ce corps fut là plus de cinq jours et cinq nuits, sans parler, ni remuer, ni donner aucune marque de sentimeut, mais aussi ardent de fièvre qu’il avait été froid dans sa fosse. Quelques parents du pauvre malade l’étant venus voir en cet état, envoyèrent chercher deux médecins et un chirurgien pour 1e visiter . Ceux-ci, l ayant bien considéré et sondé K» plaie , trouvèrent à proposée le panser, quoiqu'il n’y eût presque point d'apparence de guérison. 11 fut résolu qu’on lui a{)pliqucrait un séton ; et la chose fut exécutée sur-le-champ. On lui desserra aussi les dents, et ou lui fit avaler par force quchpie peu de bouillon bien nourrissant. Le lendemain, comme on leva l’appareil, nue grande quantité de [lus étant sortie de la plaie, et l'enflure de la tète et du cou étant fort diminuée, le patient commença à faire paraître quelque sentiment; il prononça même quelques paroles, et se plaignit de douleur au bras ; mais il ne reconnut d’abord personne. Il était dans un grand étonnement, comme un homme réveillé en sursaut, dans le temps de son plus profond sommeil. La connaissance lui étant ainsi peu à peu re-

venue, quoiqu'il eût loujouis beaucoup de fièvre, on commençait à bien espérer, lorsque, la ville étant prise d’assaut (26 octobre), la frayeur lui fit redoubler la fièvre avec une violence extraordinaire. Quatre soldats qui pillèrent d’abord la maisotj où il était, le traitèrent bumainement et môme charitablement. Mais, quelques jours après , ces soldats ayant eu ordre de loger ailleurs, et ce logis ayant été marqué pour un officier de l’armée royale, les valets de cet officier enlevèrent Civille de son lit, et le jetèrent sur une méchante paillasse, dans une petite chambre de derrière. Pour comble de disgrâce, quelques ennemis du jeune frère de Civille l'éiant venu chercher pour le tuer dans cette maison, où on leur avait dit qu'il était, et ne l’ayant pas trouvé, déchargèrent leur furie sur rinnoceni, et le jetèrent par la fenêtre. Mais, celte fenêtre n'éiant pas fort haute, et un tas de fumier s’étant rencontré justement au-dessous, à la porte d’une écurie, il y fut reçu assez mollement. Il demeura là plus de trois fois vingt-quatre heures, nu, en chemise, avec un simple bonnet de nuit sur la tête, exposé aux injures de l'air, sans être secouru de personne.

« Enfin, un de ses parents qui savait que le capitaine Civille avait accoutumé de loger dans celte maison, mais qui n’avait rien appris de ce qui était arrivé, vint demander de scs nouvelles. Une vieille femme qui était demeurée là seule lui ayant répondu qu’il était dans une cour de derrière, mort sur un fumier depuis trois jours, il voulut l’aller voir, et fut fort surpris de le trouver vivant. Civille était si faible qu’il ne pouvait parler : il fit entendre, par quelques signes, qu’il avait soif, et on lui apporta de la bière qu’il but fort avidement; mais ayant

voulu essayer d avaler une bouchée de pain, il fallul lui retirer le morceau de la gorge, tant le canal était rclréci. Cependant l’abstinence et le IVoid avaient a(iparcmrneut produit un heureux effet, car le malade était presque sans fièvre; et, quelques heures après, on jugea qu'il pouvait être transporté par eau au château de Croisset,

sur la Seine, une lieue au-dessous de Rouen Civille

fut mal reçu parle concierge du château de Croisset, qui le fil longtemps attendre sur le poui, où il fut saisi d'un grand froid, et où il fût mort sans doute, si un valet de M. de Croisset ne fût heureusement arrivé et n’eût donné les ordres nécessaires. Nonobstant ces ordres, le malade souffrit beaucoup pendant le premier mois. On iie se servait, pour tout onguent, que de mie de pain imbue de jaune d œuf, et tout le reste lui manquait proportionné-

menl Après que le malade eut repris une partie de

ses premières forces, il fut résolu qu’on le mcltrait entre les mains de doux gentilshommes frères, demeurant dans le pays de Caux, qui étaient on réputation d'avoir

divers excolleuls remèdes Ceux-ci employèrent si

heureusement toute l’adresse de leur art, qu’en six semaines de temps, au mois d’août 1oG3, Civille fut rétabli dans un état qu’on pouvait appeler de sauté. Il ne parut alors lui rester d’incommodité que celle d’être un peu sourd, et de ne pouvoir se servir du petit doigt de la maiu droite, dont le tendon avait été coupé par la même halle de mousquet qui avait fait la grande blessure ; de sorte qu’il fut capable de rentrer dans le service, et qu'il essuya depuis bien de nouveaux coups et bien des fatigues ; mais la plaie de la mâchoire, se rouvrant de temps en temps, il se formait des apostuines qui raflligcaicnt beaucotq) ; et souvent il s’est vu malade à l’extrémité.

Le roi Henri 111 ayant chassé les protestants du royaume, en 1385, Civille se retira en Angleterre ; et, l’année suivante, s’étant mis entre les mains de deux fameux médecins qu'il y rencontra, leurs soins eurent de si heureux •

succès, qu'il fut bien guéri. 11 écrivit lui-même son histoire, l’an 1606, âgé de plus de soixante-dix ans, quarante-quatre ans après sa blessure; et c’est de cette histoire que l’on a tiré le présent extrait *. »

« J'ai vu, raconte d’Aubigné, Civille aux assemblées nationales, député de Normandie, quarante-deux ans après sa blessure; et j’observais que quand nous signions les résultats, il mettait toujours : François de Civille, trois fois mort, trois fois enterré, et trois fois, par la grâce de Dieu, ressuscité. Quelques ministres, contre mon opinion, ont voulu le faire désister de cette curiosité; mais ils n’ont pu obtenir cela de lui. »

PERSOA’AAGES QUI OiS'T FAIT FAIRE LEURS CER- CUEILS D’AVANCE. — PERSONNAGES QUI SE SONT FAIT PASSER POUR MORTS.

Fugger raconte que l’empereur Maximilieu faisant bâtir un palais à Inspruck' témoigna son mécontentement d’une faute que l’architecte avait commise, ctditàun

' Nouveau voyage d’Ilalk, par Misson,4® édition, 1702, tome iii, p. 561 cl suiv.inlcs. Le manuscrit de Civille, dont Misson se servit, était entre les mains de Sicquevillc, qui avait épousé l’une des arrière-petites Üllcs du gentilhomme normand.

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