‹ Curiosités biographiquesChapitre 9 sur 36 · MORTS DE PEUR · texte numérisé non relu

MORTS DE PEUR

chus, venant de soumettre la Corse, faisait un sacrifice, « lorsqu’il reçut un message lui annonçant que le sénat avait décrété en son honneur des actions de grâces aux dieux. Il le lut d’un œil avide, puis s’évanouit et tomba sans vie au pied de l’autel. »

(( Sophocle, déjà parvenu à une extrême vieillesse, dit plus loin le même auteur (1. ix, ch. 13), avait lu, dans un concours, une tragédie nouvelle, et il attendit longtemps avec inquiétude le résultat des suffrages qui étaient partagés; enfin, il l’emporta d’une seule voix, et la joie qu'il en ressentit lui donna la mort. »

Le noble Toscan Thomas Baroncelli, dit-on, étant allé de sa villa (aujourd’hui le Poggio impériale) à la rencontre de Côme U'' revenant de Rome, fut si ravi d’apprendre que le pape avait conféré à son maître le titre de grand-duc, qu’il expira à l’instant même.

Voici quelques morts causées par la peur :

Le premier roi de Prusse, Frédéric P’’, dormait un jour sur un fauteuil, lorsque sa femme, Louise de Mecklemhourg, qui était tombée en démence, s’étant échappée de ceux qui la gardaient, parvint jusqu’à son appartement, et, après s’être blessée en brisant une porte de glaces, se jeta sur lui en le querellant. Le roi, auquel on avait caché sa maladie, fut tellement, frappé à l’aspect de cette femme couverte de sang et vêtue seulement de quelques vêtements blancs, qu’il s'imagina avoir vu la femme blanche dont l’apparition, suivant une ancienne tradition, annonçait toujours la mort d’un prince de la maison de Brandebourg. 11 fut à l’instant même saisi d'une fièvre ardente, et mourut six semaines après, à l’âge de cinquante-six ans.

Peuleman, peintre allemand du dix septième siècle.

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mourut en l(iol, de la frayeur qu’il ressentit en voyant remuer des squelettes agites dans un tremblement de terre; et madame de Guerchi, fille du comte de Flesque, mourut en 1672, pour avoir eu peur du feu.

Le maréchal de Monlrevcl, « dont toute fàme. au dire de Saint-Simon, n'était qu'ambilion et valeur, sans avoir jamais su distinguer sa droite d’avec sa gauche, niais couvrant son ignorance universelle d’une audace que la faveur, la mode et la naissance protégeaient, » était tellement superstitieux, qu'à un dîner une salière s'étant répandue sur lui, il s'écria qu’il était mort; la fièvre le saisit, et il mourut quatre jours après, en 1716.

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