LA SANTÉ DE LOUIS XIV
. Tous les philosophes, tous les physiologistes, ont remarqué les rapports extraordinaires qui existent entre la situation physique des individus et leur conduite morale.
On a dit souvent que le médecin, mieux que le confesseur, pouvait expliquer la cause véritable d’une action que le corps aurait imposée à Tàme ; car le confesseur ne cherche pas à voir au delà des aveux qu’on lui fait, tandis que le médecin expérimenté devine, au simple examen des diagnostics, l'origine secrète et naturelle des plus grandes choses comme des plus misé-
lilSTOIHE DE FDANEE
râbles. L'esprit et la matière sont si étroitement liés ensemble, qu’on ne saurait récuser l’empire exercé par celle-ci sur son invisible compagnon.
Les spiritualistes de notre temps ont comparé l’esprit à un cavalier montant ce qu’ils nomment la bêt£ humaine, avec plus ou moins d’adresse et plus ou moins de vigueur, en sorte que le cavalier dirige sa monture après l’avoir domptée, sinon celte rétive bête ne connaît plus de frein et enqwrte son cavalier Dieu sait où.
Celte comparaison romantique vient fort bien à l’appui d’un système (|ui reconnaît l’inllnence de la santé corporelle et du régime hygiénique dans le caractère, les miBurs et les moindres circonstaiices de la vie des personnes, t.’e système va droit à nier le libre arbitre : que je libre arbitre se défende en bon catholique ; je ne lu'y oppose pas et le laisserai faire, en déclarant, avec Pascal, que la mort de Charles b' ne doit être imputée qu’à un gravier (jui était dans la vessie de Cromwell.
On n’a jamais songé à faire concorder les événements du règne de Louis XIV avec les variations de son état sanitaire; on n’a pas encore, jiarmi cent paradoxes impertinents, débattus à l’endroit de celte époque historique, fouillé dans l'ofticine pharmaceutique de la Maison du Roi, pour y découvrir des ordonnances de la Faculté relatives à Louis le Grand, et dignes d’être annexées, en forme de pièces justificatives, à l’histoire de son temps.
Voltaire, l’auteur ébloui et éblouissant du Siècle de Louis XIV, avait )X)urtant indiqué cette voie médicale pour le jugement des hommes et de leurs actes, lors- (pi’il a conseillé de n’adresser une demande à un ini-