OURNAI, DE LA SANTÉ DE LOTIS XIV 16'A
nisli e qu'après avoir interrogé le valet de chambre de ce personnage sur les mystères de la garde-robe ministérielle : « N’espérez rien de la plus juste requête, s’écrie plaisamment Voltaire, si vous la présentez dans un moment inopportun, lorsque l’homme d’État a l>assé une mauvaise nuit, ou se trouve engourdi des suites d’une indigestion. »
Eh bien, Voltaire s’est borné à cet aperçu lumineux, qui nous met sur la route d’un nouveau genre d’histoire philosophique.
Trois premiers médecins de Louis XIV ont pris la plume, chacun à son tour, pour enregistrer les indisimsitions de leur auguste client, le nombre et les formules des médecines et des lavements composés poui’ lui, et, en même temps, les éloges adulateurs adressés à ce grand roi, avec accompagnement de seringues et de mortiers. Vallot, d’Acquin et Fagon sont les auteurs du plus étrange journal manuscrit ipéon puisse imaginer, sous l’impression des comiques réminiscences du Malade imaginaire.
La Bibliothèque du Roi possède ce burlesque et grave mémorandum des victoires et des flux de ventre de Louis XIV*. Nous examinerons peut-être plus tard la partie apologétique du registre des historiographes
* Supplément français. N* li7, i. Ce maouscrit original fut donni' a la Bibliothèque du roi par M. Ilulst, qui le tenait de madame de Verrejon, héritière de M. Fagon, fils du médecin, conseillor d'Étal. mort en 17A4. 11 est de formai petit in-folio, écrit sur papier, avec reliure fleurdelisée. On trouve, en tête, deux beaux portraits de Louis XIV, gravés par Rousselet et par Van Schuppen, d’après Lebrun et Mignard.
MO HISTOIRE DE FRANCE
en robe de docteur; Nous allons seulement ici extraire ce qui concern<i le tempérament du roi, les accidents survenus à sa santé, et les soins de la médecine pour la conservation de cette illustre vie, qui semblait alors être celle de la France.
Nous regrettons de circonscrire à l’espace de quelques années ces extraits et le travail critique auquel ils donneront lieu. L’histoire entière de ce régne, durant plus d’un demi-siècle, serait probablement plus éclaircie et mieux appréciée, si l’on y ajoutait, en manière de commentaires et de sdiolies, les observations diétiques et les recipe purgatifs des trois premiers médecins du roi.
Voici les réflexions générales que Vallot a placées en tête de son livre, destiné à servir d’instruction à lui et à ses successeurs : « Dieu, par une grâce particu- « lière, nous a donné un roi si accompli et si plein de » bénédictions, en ce temps où toute la France avait « presque perdu toutes les assurances d’une si heu- « reuse succession, et lorsque le roi son père, d’heu-
• reuse mémoire, commençait à se ressentir d’une c faiblesse singulière, causée avant l'âge par ses lon- « gués fatigues et l’opiniâtreté d’une grande maladie, « qui l’avait réduit en état de ne pouvoir espérer une f plus longue vie, ni une plus parfaite guérison, de « sorte que l’on avait sujet, durant la grossesse de la « reine mère, d’appréhender que ce royal enfant ne
• se ressentît de la faiblesse du roi son père, ce qui, « indubitablement, serait arrivé, si la bonté du tem- « pérament de la reine et sa santé héroïque n’avaient
• rectifié l'impression de ces premiers principes. »