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de Dêtliuiiti, XlV" du nom, clievalier, véiilable desrendant des Béthune de Flandre, é|X)usa en 1529 Anne (et non point Jeanne) de Melun, dame de Rosny et de Villeneuve ei> Cherrie ; il eut pour lils François de Péthune. qui fut père de quatre garçons. Des deux qui vécurent, le premier, Maximilien, l"du nom, continua la branche directe, et le second en forma une nouvelle qui produisit les comtes et les ducs de Charost-Béthune.
Le vieux duc de Charost, qui avait consacré sa vie et sa fortune à faire le bien en favorisant toute espèce d’améliorations utiles au pays, se vit emprisonné pendant la Tcrreuret ne fut sauvé que par le 9 thermidor. Mais son fils, qu'une équipée royaliste força de chercher un asile en France, après avoir émigré, fut arrêté, traduit en jugement et condamné à mort, au moment où le respectable duc de Charost sortait de prison pour reprendre sa mission de bienfaisance.
a Le odc de Lutnes. Son nom est Albert. Liiynes, Branles et Cadenet, trois infâmes courtisans de la cour de Louis XIII, si vilipend's dans les satires du temps ,' n'avaient d'abord qu’un manteau qu’ils portaient tour à tour, lorsqu’ils allaient au Louvre. Leur père, Honore .Albert, était avocat 'à Mornas... »
C’est dans les satires du temps que Dulaure a puisé ces faux renseignements. Luynes, Branles et Cadenet,' qui se mirent en crédit à la cour de Louis XIII, après la mort du maréchal d’Ancre et avant le ministère du cardinal de Richelieu, étaient fils d’Honoré d’Albert (et non Albert tout court), seigneur de Luynes, de Brantes, de Cadenet et de Mornas, chevalier des ordres du Roi, maître de l’artillerie en Languedoc et Pro-
vence, capitaine-gouverneur de plusieurs places fortes, etc. Ce seigneur, que Dulaure appelle avocat, eut un duel en présence de Henri 111, à Vincennes, et tua bravement son adversaire.
Solon VUisloire généalogique de la Maison royale de France, le premier de cette famille fut Thomas d'Albert, qui vint s’établir de Toscane en France, an commencement du quinziéme siècle.
Le duc de Luynes-Chevrouse suivit, en qualité de noble, le torrent de l’éinigration.
« l»üc UE Richkueu. Leur nom est Vignerot. René Vignerot, domestique et joueur de luth chez le cardinal de Rielielû‘ii, était le digne proxénète du cardinal. 11 le servit si bien (bns scs plaisirs, qu’il consentit à lui donner sa fille. Il lui substitua ensuite son duché de Richelieu. La mère de Vignerot avait é|>ousé en secondes noces un fauconnier... »
Il n’y a pas une assertion vraie ou même soutenable dans cet article. René de Vignerot (et non pas Vignerot tout court), dont la famille remonte à Jean de Vignerot, écuyer, vivant vers 1461, épousa, en effet, Françoise Du Plessis, veuve de Jean-Bapti.ste de Beauveau, sœur (et non pas fille) du cardinal ; il était chevalier, seigneur de Cournay et de Glenay, et il combattit vaillamment à la journée d’Arques. Ce n’est pas là le fait d’un joueur de luth. Au reste, il mourut en 102b, avant que son heau-frère fût devenu ministre et cardinal. Son fils, François de Vignerot, II' du nom, eut pour fils Armand-Jean de Vignerot, et celui-ci s'intitula Du Plessis, duc de Richelieu, par substitulion aux nom et armes de son grand-oncle.
Le dernier duc de Richelieu en ligne directe émigra plus vite qu’un autre' noble, parce que le nom du cardinal-ministre était dangereux à porter en temps de révolution démocratique.
« Doc DK Saixt-Simox. Leur noblesse et leur fortune sont si récentes, que tout le inonde en est instruit. »
Le célèbre duc de Saint-Simon, qui, dans ses curieux Mémoires, a trop souvent et trop partialement attaqué les généalogies de ses contemporains, méritait de n’ètre pas épargné plus qu'eux par Dulaure. Néanmoins sa noblesse, que Dulaure a l’air de supposer toute récente, remonte, sans lacune et sans erreur apparente, jusqu’au treiziéme siècle; car il n’est pas nécessaire d'admettre le système ingénieux qui rattache aux anciens comtes de Vermandois les seigneurs de Rouvroy-Saint-Simon.
Cette himillé paya son tribut à la guillotine : Charles-Fran.ois Vermandois Sandricourt de Saint-Simon,évêque d’Agde, périt, la veille même du 9 thermidor, qui lui aurait sauvé la tète,
« l.es DUCS DK La Kochefoucadd, de Roussy. Leur nom est Vert. Georges Vert, élalier-boucher, est le père de cette nombreuse postérité de ducs, de comtes, etc. »
Voilà en deux lignes le procès fait à la maison de La Rochefoucauld! Dulaure punit ainsi le duc de La Rochefoucauld-Liancourt de s'être prononcé avec chaleur pour la renonciation aux privilèges de la Noblesse, dans la séance du 4 août 1789, à l'Assemblée nationale.
Le George Vert, étalier-boucher, que Dulaure donne pour auteur à la maison de La Rochefoucauld, n'a
existé probablomeut que dans son imagination ; car le premier seigneur de La Roche en Angoumois, nommé Foucauld, qui vivait en 1019, descendait des Lezi- . gnem, selon Duchesne et Le Laboureur.
M. de La Rochefoucauld-Liancourt, malgré ses sympathies généreuses pour une réforme sociale et politique qu'il ne prévoyait pas devoir être si envahissante et souillée de sang, émigra en 1792; mais son cousin, Louis-Alexandre, duc de La Rochefoucauld et pair de France, fut massacré à Gisors, cette même année; mais ses parents, les deux Li Rochefoucauld-Bayers, furent égorgés ensemble à l’Abbaye par les septembriseurs.
Trois lignes de la Liste des ci-devant Nobles avaient frappé de proscription cette ancienne et illustre maison, pour laquelle le nom de Fauteur des Maximes demandait grâce à Dulaure.
« Ducs DB ViLLEBOi. Leur nom est Neuville; ils sortent d’un ni.irchanJ de poisson, contrôleur de la l)ouche de François Il est iiientionm', en la Chambre des Comptes, en celle qualité. »
Les Neufville étaient originairement de riches bourgeois de Paris, qui figurèrent dans les charges municipales dès la fin du treiziéme siècle. On comprend qu'ils aient possédé jusqu’au seizième siècle une pierre au poisson, qu’ils louaient à bail, sans déroger en rien à leur noblesse; or cette noblesse était si bien établie sous Je règne de François I", que Nicolas de Neufville, seigneur de l’Équipée, de Villeroy, Chanteloup, etc., était secrétaire des finances et de la cham-
bre du Roi. Clément Marot, dans une dédicace de ses poésies à ce même seigneur de Villeroy, déclare l'avoir eu pour premier maître, et celui seul (hormis les princes) que jamais je servis, dit-il. « Soit donc consacré ce petit livre à la prudence, noble seigneur de Neufville, afin qu’en récompense de certains temps que Marot a vécu avec toi en cette vie, lu vives çâ-bas après la mort avec lui, tant que ses œuvres dureront. »
Madame Jeanne-Louise-Constance d’Aumont, de Villequier, duchesse de Villeroy, n’émigra pas, malgré son inscription sur la Liste des ci-devant Nobles, et guerroya contre la Révolution dans les Actes des Apôtres, ainsi que dans le Petit Gautier.
« Les d’EsTRÉFS ne sont nobles que depuis deux cent cin- ([uantc ans. Cette maison a été féconde en câlins. »
Ou trouve un maréchal de France, nommé Raoul d’Estrées, sous le règne de saint Louis ; mais la généalogie de cette maison commence d’une manière suivie et authentique à Pierre d’Estrées, dit Carbonnel, seigneur de Boulant, Hamel, Istres et l’Enclos-Mauroy,
■ en 1457. Quant à l’injure adressée aux femmes de celte maison, si féconde en hommes de guerre, Dulaure se montre conséquent avec une époque qui mettait hors la loi Pair nation.al de Charmante GubrieUe. La famille de la belle Gabrielle s’était éteinte en 1771 avec le maréchal duc d'Estrées.
« Les Boullainvilliers, Rovfflers et Lauzcn u’élaient connus, il y a cent cinquante ans, qu’aux environs de leurs villages. Il
La maison de Boullainvilliers, qui a produit le célèbre historien de ce nom, est originaire de Picardie et remonte au treizième siècle. Il y eut un seigneur de Boullainvilliers tué à la bataille de Nicopolis en 139fi.
La maison de Boufflers, qui ne doit pas moins d’illustration à son poète, auteur A' Aline, reine de Golcoude, qu'à ses marécliaux de France, commence sa généalogie régulière à Enguerrand, seigneur de Boufflers, de Morlay et de Champigneulles, chevalier, qui vivait en H 60.
La maison de I^uzun, sortie de celle de Cauinonl La Force, une des plus anciennes de France, a des titres de Fan 1211, mais elle ne parut à la cour que sous le règne de I»uis Xll.
La Liste des ci-devant Nobles invita sans doute le chevalier de Boufflers et le duc de Lauzun à se réfugier dans lemigration.
« Les Docs DE Gramjiokt ont souvent change de .svstèmc généalogique; enfin ils se sont Imrnés à se faire desreiùlre du la maison d’Aure. »
Toutes les généalogies de la maison de Gramont (et non de Grammont) se rattachent invariablement.à la maison d’Aurc et commencent à Sance Garcie d’Aure, 1" du nom, vicomte d’Aster en Bigore, à la fin du quinzième siècle. Moréri, La Chesnaye-des-Bois et M. de Courcelles ont suivi l'Histoire génMlogique de la Maison royale de France, t. IV, p. 612.
La duchesse de Gramont (née Ghoiseid-Slainville) fut conduite à l’échafaud le 17 avril 1704.
« Los Noailles desccndenl d’un domestique de Pierre Roger, vicomte de Turenne, qui les anoblit et érigea en fief un petit coin delà (erre de Noailles... La famille de Montmorin conserve encore une tapisserie où l’on voit un Noailles qui présente les plats sur la table. »
il fallait que Dulaure comptât bien sur l’ignorance aveugle de ses lecteurs pour accumuler tant de grossiers mensonges en si peu de mots.
Non-seulement on ne trouve i>as de Pierre Roger, vicomte de Turenne, soit dans la maison de Beaufort, soit dans celle de Bouillon; mais encore les Noailles, en faveur de qui ce prétendu vicomte de Turenne aurait érigé en lief un petit coin de terre, étaient déjà seigneurs du fief de leur nom en 1023, suivant les titres de l’abbaye Saint-Martial de Limoges.
Quant au Noailles représenté apportant les plats sur la table, il n'y a rien là de contraire aux mœurs de la chevalerie; car les jeunes nobles étaient envoyés comme pages et varlets dans les châteaux, pour y apprendre le service des dames et le métier des armes : les Mémoires de Boucicault nous le montrent faisant un apprentissage semblable, et le roman du Petit Jehan de Saintré nous initie à ces usages domestiques de la vie privée d’autrefois. Mais Dulaure savait mieux que personne le véritable sens du vieux mot domestique, qui n'a jamais été pris dans une acception dégradante j)ar les anciens écrivains.
Quoi qu'il en soit, le duc de Noailles, avec ses deux fils, alla hors de France se mettre à l'abri de la proscription, sans pouvoir sauver sa belle-fille, la vicom-
tesse de Noailles, qui ensanglanta encore une page de la Liste des ci-devant Nobles.
< Les UDCs DE LA Meilleraie. Lcur vrai nom est La Porte Cliarles de La Porte, maréchal de La Meilleraie, père du feu duc de Mazarin, était fds d’un avocat au Parlement, dont le père était apothicaire en Poitou. »
Charles de La Porte, II* du nom, père du duc Mazarin mort en 1713, était fils de Charles de La Porte. '• 1** du nom, seigneur de la Lunardière et de la Meilleraye, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, et le père de celui-ci éLait François de La Porte, seigneur duBoissiet, de la Lunardière, de la Jobelinière, et de' Villeneufve, qui épousa en premières noces Claude Bochard, fille d'un conseiller au Parlement de Paris, et, en secondes noces, Madelène-Charles, fille du seigneur du Plessis-Picfjuet.
La duchesse de Mazarin, née d’Aumont, fut arrachée de l'abbaye de Longehamps, où elle s'était retirée pour se livrer à la vie ascétique, et elle resta" dans les prisons jusqu'à la mort de Robespierre.
« Le DEC d'Harcoi'rt sort d’un bâtard d’un évêque de Baveux. Jean d’Harcourt-Bcuvron était juge à Caen en 1545. »
Dulaure ne connaissait-il pas, au moins de réputation, l'admirable généalogie de la maison d'Harcourt, par André de la Roque, formant quatre volumes infolio? La maison d'Harcourt a pour auteur Turchetil, seigneur de Turqueville et de Turqueraye, vivant vers l'an 1001, et la branche d'Harcourt-Beuvron, d'où
HISTOIRE DE FRAPICE
sont sortis les ducs d'Hnrcourt, commence à Jacques d’Harcourt, seigneur et baron de Beuvron, second fils de Gérard d'Harcourt, baron de Bonneslâble. Où est le liAtard? où l’évêque de Bayeiix? Quant au Jean d’Har- eo\xc\.,juge à Caen en 1545, il faut bien le reconnaître dans un Jean d’Harcourt, seigneur de P'ontaine-le- Henri. lieutenant pour le Roi au bailliage de Caen et capitaine des nobles de ce bailliage en 1525, ou dans un autre Jean d’IIarcoiirt, seigneur de Croisanville, de Brieux et de Fresnay-la-Mère en 1540, ou dans un troisième 'Jean d'Harcourt, baron de Croisy et seigneur de Chaslignonville, etc. Au reste, il ne coûtait pas plus à Dulaure d’introduire un juge qu’un apothicaire parmi les nobles ancêtres du duc d’Harcourt .
« Les Pardaillax cl Montespax, siiirnnl le gént'alogisle Roiiillac, descendent d’nn bâtard d’un ehnnoine de Lcytoure en Gascogne. »
Le généalogiste Rouillac pouvait être un habile homme, mais il aurait dû le faire savoir p ir quelques recherches héraldiques. Dulaure cependant le cite avec autant de confiance que si c’était un d’Hozier, un la Roque, un Duchesne ou un Cherrin. Le généalogisli* Rouillac a eu le tort de ne pas mieux préciser sa découverte du bâtard d’un chanoine de Lectoure, ce qui nous expose à croire que ce chanoine |)eut être le pt‘re de Pons de Pardaillan, seigneur de Gondrin, qui vivait en 1070. Quand une noblesse remonte au onzième siècle, son origine est assez difficile à établir : mais, en revanche, il est plus aisé de la calomnier.
LA l,ISTE DES NOBLES DE DULAURE 317
« Les Ci.eiih(»t-Tu!«xkbrk n’étaient que conseillers du Dauphin de Viennois; les autres Clervost avaient été domestiques d’un Dolignae, dont un d’eux épousa la veuve. i>
Dulaure en a bientôt fini avec les plus nobles et les plus anciennes familles de France : on doit lui tenir coni|)te de n'avoir pas imaginé des calomnies plus diffamatoires. Le commencement de la maison de L’iermont en Dauphiné date du onzième siècle, où (iibaud ou Siboud, seigneur de Clermont et de Saint- Geoire, fut présent à un traité fait Fan 1094 entre le comte de Bourçt^ne^et l'archevêque de Vienne. 11 serait trop long de rechercher quels sont les autres Clermont que Dulaure signale comme ayant été les domestiques d’un Polignac; car les Clermont du Dauphiné ont formé beaucoup de branches, ainsi que les Clermont de Beauvoisis et les Clermont d'Anjou.
Le comte Stanislas de Clermont-Tonnerre, qui eut l’imprudence de devenir populaire à l'A.ssemblée nationale, sans avoir renoncé à sa noblesse et à ses prin. cipes d’affection, perdit bientôt ca;tte popularité, et fut assassiné dans la nuit du 10 août.
« Les MoRTRonERci. Le premier de celte maison était Boucliard le Barbu, célèbre voleur, que le roi Robert chassa de file Saint-Denis, où il avait une forteresse , parce qu’il allait chaque jour voler l'abhaye de Saint-Denb. »
Dulaure eût manqué son but, s'il n'avait pas outragé la plus ancie’nne maison de la Noblesse française. Bouchard, l" du nom, dit le Barbu, seigneur de Montmorency, que Dulaure appelle un célèbre voleur, était un des premiers seigneurs de la cour du roi Robert. Il eut
3d8 HISTOIRE DE FRANCE
un différend avec Vivien, abbé de Saint-Denis, à cause de la forteresse de Fontaine-Basset, qu’il tenait à hommage de l'abbé et des religieux de ce monastère ; mais ce différend fut terminé par l’intervention du roi et de son conseil. Ensuite Bouchard accompagna le roir son suzerain, au siège d’Avalon enBourgc^ne. Dulaure a l'air de n'avoir pas connu TUistoire généalogique de la maison de Montmorency, composée par André Duchesne, et, dans tous les cas, il ne se souvient pas de ce qu’étaient les guerres particulières des seigneurs, à l'époque de la féodalité.
Le vertueux Mathieu de Montmorency, qui avait voté la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en tête de la Constitution de 89, se vit obligé de passer en Suisse, pour ne point partager le sort de son frère, l’ablH; de Laval, qui périt sur l'échafaud, comme héritier du nom de ce célébré voleur Bouchard le Barbu.
a Les d’Eitiracces, en Languedoc, étalenl encore voleurs de grands chemins au commencement du siècle dernier. Les historiens du Languedoc parlent des nobles bandits qui ravageaient la province en î(>05. »
Au sortir des troubles de la Ligue, la Noblesse du I.angue(loc, en effet, resta encore armée et commit bien des excès, qui furent réprimés par le gouverneur de la province : il fallait des exemples de rigueur pour effrayer et contenir les masses. Les exécutions se succédèrent pendant plusieurs années, ‘comme on le voit dans VHist. du Languedoc, de dom Vie et dom Vaissette, t. V, p. 497. Parmi ces exécutions, celle des trois frères d’Entraigiies dut produire une vive inipres-
sion, mais on est forcé de la regarder comme le résultat de la réaction royaliste dans le Languedoc. Au reste, la maison d' Entraigues n'attachait pas elle-même, au dix-septième siècle, un haut prix à sa noblesse, puisque Jean d'Entraigues, sieur du Pin, au diocèse d'Uzès, se désista volontairement de sa qualité de noble, lors de la recherche des nobles faite en’ 1666 par M. de Bezons, intendant du Languedoc.
< Les La Marck, les Madlevrier , retirent leur origine d’un insigne brigand, fameux sous le nom de Guillcmin de Li Mardi, surnommé le Sanglier des Ardennes. »
Suivant VHisloire généal. de la Maison royale de France, les comtes de La Marck et les comtes de Maulevrier tirent leur origine des comtes d’Altene ou d'AItemberg, d’où sont sortis les ducs de Juliers et de Clèves, qui se sont alliés à toutes les maisons souveraines de l'Euro|)e. Quant au Sanglier des Ardennes, qui a fait la branche cadette des seigneurs de Lumain, il était sans doute plus cruel que les capitaines de son temps; mais sa férocité tenait beaucoup aux mœurs féroces de la guerre, à l’époque où il vivait. Son exécution capitale, en 1485, fut un acte de politique, et non de justice.
f Les MARyms de Sourches, dont le vrai nom est Tourzcl, descendent, ainsi que la maison d’Allègrc, de Morinot de Tourzcl, qui, au quatorzième siècle, était le vil complaisant du duc de berry... »
Morinot de Tourzel, conseiller du Roi Charles VI et chambellan de Jean, duc de Berry, est bien un ancêtre
des marquis d’Alègre-Tourzel (et non d'Allègre) ; mais les marquis de Sourches appartiennent à une famille toute différente, originaire du Maine, nommée Bouchet ou Bousdiet ; cette famille existait déjà au treizième siècle. Le (ils aîné île Louis du Bouchet, marquis de Sourches et du Bellay, comte de Montsoreau, etc., dans le dernier siècle, prit le titre de marquis de Tourzel, par donation de sa grand’tante maternelle, la comtesse de Rupelmonde.
« l e COMTE DE Merle, niaiédial de camp, descend d’un fameux brigand du temps de la l/igue, nommé Mathieu Merle, qui était fils d’un cardeur de laine de la ville d'Uzès, comme le dit M. de Ttiou. Du fruit de ses brigandages, il acquit la terre de Salvas et s’intitula baron de Salvas. »
De Thou a écrit, en effet, (|ue le capitaine Merle était fils d'un cardeur de laine d’Uzès ; mais le marquis d'Aubais, qui a publié les Mémoires de Merle dans le recueil des Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France, rapporte que, dans un acte du 2 mars 1555, Antoine Merle, père de Mathieu, se qualifie noble, et le Dictionnaire de la Noblesse cite un arrêt rendu au Parlement de Toulouse, le 27 février 1585, dans lequel le même Antoine est qualifié écuyer. Le capitaine Merle, quoique cruel et barbare, selon le témoignage des contemporains, se fit estimer comme chef de parti, et par son courage et par ses talents d’homme de guerre. Ce fut lui qui acheta la seigneurie de Sala' vas (et non Salvas), et la baronnie de la Gorce en Vivarais. Cette fortune n’avait pas sans doute une source plus pure que celle des capitaines protestants et catlio-
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