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LA COMTESSE DE CHATEAUBRIAXT

Plusieurs (rails de celle descriplion doivent èlrc modifiés d’après les documenls plus cerlains qu’on peut emprunter aux épitaphes de Françoise de Foix, à des poésies inédites qui lui ont élé attribuées avec raison, et à un poeme, également inédit, de Franchis Sagon, sur la mort de cette dame.

Clément Marot, dans l’épitaphe qu’il fit pour elle, l’a dépeinte richement étoffée de grand’ beauté , de grâce qui attire, debonsavoir, d’ intelligence prompte; Xicolas Bourbon , dans une autre épitaphe latine , l’exalte comme la meilleure , la plus belle et la plus pieuse femme de France, à qui Dieu et la nature avaient départi toutes les perfections du corps et de l’esprit {dotes animigue corporisqxie) . Françoise de Foix avait le teint brun, puisqu’elle compare son teint, dans une épître, h celui de F rançois F’’, et qu’elle reproche à ce prince, qui la sacrifiait à mademoiselle Heilly, de préférer au noir le blanc qui n’apoint de durée. On est en droit de supposer que les vers, rhythmés par Clément Marot, à l’éloge de la couleur noire, symbole delà fermeté du cœur, regardent cette dame, dont il fut probablement le maître en poésie et le secrétaire intime.

Sagon , dans son poeme funèbre , célèbre surtout l’esprit de Françoise de Foix, qu’il met au rang des femmes les plus brillantes et les plus instruites de ce leraps-là ; il daigne à peine donner louange au corps, en décrivant /fl «laftèrc du’smiroir d’ honneur féminin :

Elle avait masse corporelle Où le Ciel mit esprit vital ,

Comme il engendre un beau cristal :

D’ëcuine ou d’eau de neige faite ,

Ainsi fut la dame parfaite ,

Qui eut le corps .humain plaisant.

Comme un cristalfin reluisant.

Si le miroir était de verre.

Son coVps était limon de terre.

L'un corruptible et l’autre aussi,

Comme la mort démontre ici.

Mais quel verre aura ce bonheur D’avoir comparaison d’honneur Au corps de cette noble dame!...

Sagon , qui poursuit pendant plus de quinze cents vers cette pénible allégorie du miroir d’honneur et de grâce, semble éviter de s’arrêter à la description physique de cette heaniè, parfaite , en présence d’un tonibeau ; mais il est moins avare de détails précis sur le mérite intellectuel de l’élève des poêles royaux :

Les deux avaient taillé

Son haut esprit , et aux humains baillé ,

Pour leur servir d’exemple bon à suivre. '

A celte époque, oii les dames de la cour s’occupaient de poésie , de littérature et même de science , l’rançoisc de Folx savait les langues étrangères , inventait des devises ingénieuses, écrivait des lettres agréablement tournées , faisait des vers et pariait de tout avec agrément et facilité.

Ces talents établirent entre elle et Marguerite, qui fut depuis l’illustrtf reine de Navarre, une communauté de goûts et de travau.x, une noble et ardente émulation , une estime et une amitié durables, •'

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