‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 12 sur 41 · LA COMTESSE DE CHATEAOBRIAMT · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CHATEAOBRIAMT

C'i$tait des femmes la lumière ,

Uuc dame d'un tel savoir.

Qu'on la vit ou uoblcsse avoir Tonte la science en la tète,

Que pourrait avoir dame honnête....

C'était une Cornélia,

Ou une docte Léiia ,

Pour ajouter, sans arrogance.

Au beau parler plus d'élégance ,

J'entens an français tant humain ,

Comme ces deux à leur romain ;

Encor je faux, vu qu'il me semble Qu'elle avait ces deux, joints ensemble ,

Un moyen langage latin A l'italien de Lacrtin ',

Et pour un tiers et beau langage ,

Parlait espagnol davantage ,

Que tant bien savait annoncer.

Qu’on n'eût su mieux le prononcer ;

De ces trois, quand bien je m'avise,

La dame avait mainte devise.

Qu'on loi vit si bien expliquer,

Qu'on ne savait que répliquer.

Je serai , par expérience ,

Témoin de sa haute science:

J'en puis bien dire, à mon avis.

Ce que j'en sais par son devis Auquel trouvai avec fortune ,

En son vivant, heure opportune.

Tant que j'ouïs, par plusieurs fois,

La dame Françoise de Foix Parler de plus haute pratique ,

Que Sapho, en l’art poétique....

Jean de Laval fut séduit par toutes ces qualités, qui faisaient de la demoiselle 3c Foix une femme

' Peut-être faut*il lire l'Arclin.

^ Entretien.

accomplie, et, quoiqu’elle n’eût pas d’autres biens que sa beauté et son esprit, il la demanda en mariage à ses frères.

La reine, qui avait une prédileclipn manifeste pour ses parents de la maison de Foix, ne voulut pas que la sœur des La u troc épousât sans dot un des plus riches seigneurs de Bretagne : elle lui lit don, en faveur de son mariage, d’une somme de 20,000 livres, qui furent payées en trois ans sur les revenus du duché de Bretagne.

Ce mariage eut lieu dans le cours de l’année 1506.

Los jeunes époux vécurent dans leurs terres, puisqu’on ne trouve pas le nom du comte de Plorhant et seigneur de Châteaubriant, comme se quanfiait alors Jean de Laval , dans les listes des gentilshommes qui . accompagnèrent Louis XII à la conquête de Gènes, en 1507, et à l’expédition contre les Vénitiens, en 1509.

On y voit seulement son beau-frère, Odet do Foix, qui fut blessé à la cuisse dans la première campagne. On ne rencontre le sire de Châteaubriant que dans les cérémonies du convoi d’Anne de Bretagne, où il figure tenant un des coins du poêle, comme représentant d’une des principales maisons de sa province.

Il ne réparait plus nominativement dans les cortèges du couronnement et de l’entrée de François I", ce qui permet de croire qu’il resta en sa seigneurie de Châteaubriant jusqu’à ce que le nouveau roi l’eût mandé à la cour lArec sa femme, qui devint dame d’honneur de la reine Claude de France , ainsi que Brantôme le fait entendre.

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