LA COMTESSE DE CHATEALBRIANT
puisque {'Itinéraire des rois de France, dressé par le marquis d'Aubais , nous apprend que le roi alla dans cette ville en 1531 et en 1532, comme il y était allé déjà en 1521 : plusieurs ordonnances du roi sont datées de Châtcaubriant , où il passa les mois de mai et juin 1532.
Françoise de Foix, qui avait appris de son amant ù se plaire aux choses d’art , dirigeait clle-mômc , en Ï532, les constructions à la moderne qu’elle ajoutait à sa maison de Ghâteaubriant : de concert avec son mari, qui n’était pas moins curieux de bdtiments, elle fit bâtir, dit Hévin, u la belle et magnifique façade que l’on y voit, ornée, dans les entrefenêtres, de bustes de marbre blanc parfaitement achevés, représentant la maison royale.»
On croirait que la comtesse nourrissait encore un amour secret pour le roi, dont elle plaçait ainsi l’image au milieu de l’architecture de la Renaissance, que ce prince préférait au style gothique.
Brantôme assure que la comtesse de Ghâteaubriant était ù la cour en 1533, lors de l’entrevue de François 1” avec le pape Glément Vil à Marseille; il attribue à cette dame une facétie assez libre, que J. Bouchet avait racontée avant lui dans les Annales d’Aquitaine, sans nommer trois dames de la reine, vertueuses, chartes et dévotes, qui étaient, au dire de Brantôme, mesdames de Ghâteaubriant, de Ghâtillon et la baillie de Gaen.
Ges dames, étant de petite complexion et souvent malades, désiraient obtenir du pape la permission de manger de la chair les jours prohibés ; elles cbargè-
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rent le due d’Albanie de présenter leur requête, ('.elui-ci eut l’idée de donner passe-temps au pape et au roi; en conséquence, il avertit dénient VII que ces trois dames, veuves en âge de porter enfant, étaient encore tentées de la chair, et demandaient à pouvoir se contenter, hors mariage, à l’aide d’une dispense apostolique,
— Ce serait contre les commandements de IMea ! s’écria lé pape stupéfait.
IjCS dames s’approchèrent alors de Sa Sainteté :
— M. d’Albanie, dit l’une d’elles; vous a remontré nos âges, notre fragilité et nos petites complcxions ?
— Mes filles^ la requête n’est pas raisonnable, reprit le pape.
— Pèie saint, continua celle qui avait porté la parole , vous plaise nous donner ce congé trois fois la semaine, pour le moins en carême, et sans scandale.
— Comment! de vous permettre le péché de luxure? Je me damnerais, je ne le saurais faire!
Ces derniers mots amenèrent une explication qui lit rougir les dames et sourire le pape. Toute la cour sut cette comédie, qui fut trouvée bonne.
Telle est la curieuse circonstance où l’histoire met en scène la comtesse de Châteaubriant , sous la responsabilité de Brantôme. Cette dame parut encore au mariage de la fille de son frère Lautrcc, en 1535, et il n’y a plus ensuite que son épitaphe qui nous parle d’elle.
Voici cette épitaphe, copiée exactement par Héviii, en 1680 :