FF PEU DE TELLES
Sons ce tumbcan gist Fiunçoisb de Poix ,
^ De qui tout bien tout chacun souloit dire ,
2 Et , le disant , oncq une seule voix S Ne s'avancza d’y vouloir contredire.
U De bon sçavoir, d’intelli<jence prompte,
^ De biens , d’honneurs , et mieux que ne recompte , O Dieu étemel richemcul l'estoffa :
^ 0 Viateur, pour t’abréger le compte,
Cy gist ung rien là où tout triompha.
FF • ' Décédée le 16 octobre l’an 1537.
FF
Cette épitaphe, dont le dernier vers est sublime, fut composée par Clément Marot, mais on ne sait à quelle époque, puisque le tombeau n’a peut-être pas été érigé aussitôt après le décès de la comtesse.
Ce monument se voyait dans l’église de la Trinité, au couvent des Mathuriits, de Cliâtcaubriant , sous une arcade, dit Hévin , le piédestal élevé de quatre à cinq pieds jusqu à la table sur laquelle^ est couchée la figure de ronde-bosse. L’épitaphe était gravée audessous d’un écusson aux armes de Châteauhriant, de Foix, de Béarn et de Bigorre, peint sur la muraille au fond de l’arcade.
Ce ne fut pas la seule épitaphe élogicuse faite à la mémoire de Françoise de Foix. Nicolas Bourbon en publia une dans son recueil de poésies latines, en 1538 ; Bourbon était précepteur du (Us ainé de Lautrec, pupille du comte de Châteauhriant; quoiqu’il dût à ce comte une protection libérale, il évita de faire parler, dans cette épitaphe, les regrets du mari,
soit qu’il craignît de donner un démenti à l’opinion publique, soit qu’il crût offenser par là son bienfaiteur, soit qu’il regardât ces mensonges de tendresse conjugale comme désagréables au roi.
Cette épitaphe , dont le titre fait de la défunte une héroïne incomparable {/leroidis imomparahitis Tumuhs)y renferme à peu près la même pensée et les mêmes éloges que le dizain de Marot, mais elle SC termine par un vers du plus mauvais goût, si tant est qu’il signifie que le passant qui a lu l’inscription du tombeau doit en remercier ses yeux :
l'talor amicc, mullum oculis debcs luis!
François I", qui semble avoir toujours conservé beaucoup d’efstime et d’amitié pour son ancienne maîtresse, lui rendit un dernier hommage dans une épitaphe en rondeau, presque égale à celle que sou poêle royal avait faite pour celte femme illustre.
Ici dessous, ci gît, on peu d’espace,
De fermeté la montagne et la masse ,
En amitié seul chef-d’œuure parfait !
Elle a souffert qu’en son vivant l’aimasse :
O quel record , que le temps point n effacc ! L'amc est en haut ; du beau corps , c’en est fait , Ici dessous !
Ah ! triste pierre , ains as-tu tant d’audace De m’cmpécher cette tant belle face,
En me rendant malheureux et défait I Car tant digne œuvre en rien n’avait méfait.
Qu’on l’enfermât , avec sa bonne grâce ,
Ici dessous.