‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 4 sur 41 · LA COMTESSE DE CUATKAIIUR1A\T · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CUATKAIIUR1A\T

à offrir eet aliment de curiosité aux voyageurs, eit qui, dans tous les cas, ne doit plus sa couleur équivoque à une mare de sang huuiaiu desséchée depuis trois cents ans.

Varilias ne savait pas que celte tache historique s’était conservée si longtcin|)s. « 11 paraissait encore, dit-il, des marques de sang de la malheureuse comtesse dans la chambre où elle avait été assassinée , lorsque le petit- itis et le dernier descendant du roi versa tout le sien dans celle de St-Cloud (en 1589). >'

Ne vous avises pas de mettre en doute la présence de ce sang sur le plancher : les habitants de la ville et des environs s’élèveraient tout d’une voix contre votre scepticisme , et lui opposeraient avec chaleur ' l’autorité de leurs ancêtres , également unanimes sur l’origine de la tache de sang. Chacun , dès son enfance, a ouï conter les détails invariables du meurtre de la dame de Chêteaubriant. 11 n’y a pas en Bretagne une tradition plus répandue ni mieux établie.’

Poussez plus loin l’enquête : informez-vous auprès des gens de la mairie , questionnez les commis et les valets qui logent dans l’intérieür de l’ancien château, oU'qui, par la nature de leurs fonctions, sont retenus souvent au greffe après la fin du jour; demandezleur, à ces crédules et superstitieux Bretons , s’ils ajoutent fol à ce qu’on rapporte de la mort tragique de madame de Châteaubriant : ils trembleront aussitôt de tous leurs membres , et regarderont autour d’eux avec inquiétude , se signeront dévotement , et vous répondront, en baissant la voix, que l’âme de

la comtesse revient toutes les nuits à l’endroit où elle ^ perdu la vie.

Beaucoup de témoins se présenteront pour affirmer qu’ils ont entendu mainte fois des cris déchirants et des plaintes étouffées sortir des murs vers minuit., heure à laquelle le comte de Châtcauhriant tua sa femme-; d’autres ont déclaré qu’à cette heure-là des esprits invisibles erraient dans les corridors , tantôt marchant , tantôt courant , tantôt frappant à coups redoublés, tantôt secouant des chaînes. Le lieutenant de gendarmerie dort à merveille cependant sur le théâtre de l’assassinat.

La nuit du 26 octobre , anniversaire de cette terrible vengeance d’un mari trompé , tous les acteurs du drame reparaissent , suivant l’opinion encore trèsaccréditéc, dans cette même salle, teinte du sang de la victime.

Mais les rôles sont changés : le comte de Châteauhriant porte une couronne de fer rouge qui lui brûle le crâne , un manteau de soufre qui s’attache à ses os , et des brodequins enflammés qui laissent une empreinte fumante et charbonnée à chacun de ses pas ; il marche fustigé par des démons qui ' lui montrent les cornes , tandis que François 1", revêtu de scs habits royaux , conduit par la main la comtesse habillée en reine, au milieu d’un cortège d’anges et de prêtres , qui n’éprouvent aucune répugnance à faire honneur aux amants , purifiés par le martyre de l’un d’eux.

Cette nuit du 26 octobre semble donc consacrée éternellement à la commémoration du crime .et à son

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