‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 5 sur 41 · LA COMTESSE DE CH ATE AUBRI ANT · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CH ATE AUBRI ANT

cliâtimcnt. Celte vieille croyance contraste avec les principes que la loi proclame au sujet du droit de vie et de mort attribué an mari sur sa femme : c’est le triomphe de l’adultère et la satire du mariage; car, en aucun temps , les époux malheureux n’ont su faire qu’on s’intéressât à leurs infortunes : ils sont partout odieux ou ridicules , selon leur caractère bénin ou jaloux.

Brantôme est lé premier historien qui ait parlé des amours de François I" et de madame de Châtcaubriant ; Varillas , le premier qui ait publié les circonstances secrètes de la mort violente de celte dame.

Depuis , la plupart des historiens ont regardé comme irrécusable l’autorité de Brantôme , qui écrivait sur la foi des contemporains et sous les yeux de la cour ; mais le récit de Varillas , il faut le dire , a semblé un roman peu digne de réfutation sérieuse.

Cependant un avocat de Rennes , nommé Hé vin, qui fut sans doute chargé , par les maisons de Laval et de Montmorency , de combattre et de détruire les allégations outrageantes de Varillas , essaya de prouver que noh-sculcment le comte de Châteaubriaiit n’avait q)oint attenté à la vie de sa femme , mais encore que celle-ci ne devait point être entachée du titre de maîtresse royale.

Quant à moi , qui n’ai pas d’autre intérêt que la vérité à produire et à constater, je veux montrer que la comtesse de Châteaubriant fut aimée de François I'/ avant la captivité de ce prince en Espagne , et que la vengeance du mari est au moins probable , quoique

PROCÈJS CÉLÈBRES. ■

la tradition soit à peu près la seule preuve qui ait été invoquée jusqu’à présent.

Voici comme Varillas rapporte les aventures de cette inalheureiise comtesse , dans le livre iv de {'Histoire de François I". Varillas prétend les avoir empruntées à un Mémoire tiré des archives de Châteauhriant, par le feu président Ferrand; mais Varillas, doué d’une imagination ardente et avide de merveilleux , prenait rarement le soin de v^érifier l’authenticité < des sources où il puisait: il n’eût pas même daigné citer les originaux sur lesquels il appuyait sa narration toujours légta’o et brillante , si ses dépréciateurs ne l’avaient accusé d’abord d'inventer l’iiistoirc. Néanmoins il grossissait ou diminuait l’importance des faits , d’après ses préoccupations personnelles , et il tombait parfois dans des fautes grossières , résultant de sa manière d’écrire, sans autre secours que celui de sa mémoire prodigieuse ; enfin Varillas n’est jamais un guide sûr en histoire, mais il sert du moins à mettre sur la voie d’une foule d’anecdotes singulières, qu’il avait déterrées dans les manuscrits ou recueillies dans les souvenirs des vieillards.

Varillas, après avoir conmiis une lourde bévue dans la généalogie de la comtesse de GliàtcaubriaUt, qu’il fait fille de P hœbus de Grailly , puîné de la maison de jF’o/a: , quoique la moindre recberebe lui eût appris (|ue Françoise de Foix avait pour père Jean de Foix, vicomte de Lautrec,' marié à Jeanne d’Aydie , fille et héritière d’Odel-d’Aydie , comte de Comminges , raconte que cette belle personne épousa, lorsqu elle n’avait pas encore douze ans , le comte

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