‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 6 sur 41 · LA COMTESSE DE CH ATEAUBUIAXT · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CH ATEAUBUIAXT

dp Clidteaubriant, qui l’obtint, parce qu’il ne demandait rien pour sa dot. La cornlpsse donna bicntôt^ne , fille à son mari , et celui-ci aurait été complètement heureux, s’il avait pu cacher son bonheur au fond de la Bretagne.

François I", étant monté sur le trône , voulut mtroduire à la cour les dames qui n'y paraissaient auparavant que pour les grandes cérémonies. Le comte de Châteauhriant fut donc invité h faire venir sa femme , mais il s’en excusa longtemps sous différents prétextes.

Enlin , une affaire imprévue , dans laquelle il s’agissait de tout son bien , le força de quitter la Bretagne, et, avant son départ , il imagina de faire fabriquer deux bagues d’une invention bizarre, et pourtant si semblables qu’on ne les pouvait distinguer : il en garda une et remit l’autre à la comtesse, en l’avertissant de ne tenir aucun compte des lettres qu’il pourrait lui écrire à l’effet de l’appeler auprès de lui , à moins qu’elle ne reçût la seconde bague comme un gage de la réalité de cet ordre.

La comtesse répondit seulement qu’elle obéirait.

Le comte arriva seul à Paris ; le roi se plaignit que la comtesse fût restée en Bretagne, et ne témoigna que plus de curiosité de la voir. Le comte, rejetant tous les torts sur l’humeur sauvage de sa femme, offrit de lui écrire au nom de François I", qui la priait, dans cetfc lettre, de venir rejoindre M. de ChAtoaubriant. Mais la lettre, envoyée sans bague, fut inutile.

Un valet de chambre , qui avait la confiance du comte , découvrit l’usage au([uel devait servir la bague

que son maître conservait si soigneusement: ce valet, , à l’jnstigation des courtisans empressés à satisfaire les caprices du roi , s’empara de la bague mystérieuse, en fit faire une pareille tju’il mêla parmi les bijoux du comte et enferma la véritable dans une nouvelle lettre écrite à la dame de Cbûteaubriant par son mari , qui , ne soupçonnant pas la découverte de son secret , se prêtait à une feinte déférence pour les désirs de François I*''.

La comtesse arriva comme le lui mandait la lettre, et montra au comte les deux bagues pour expliquer ce voyage précipité. M. de Cliâteaubriant reconnut qu’il avait été trahi, et, accusant le ciel de sa propre faute, il partit sur-le-champ pour retourner en Bretagne, de peur d’être témoin de sa honte. La comtesse abandonnée résista quelque temps et céda enfin aux instances du roi; clic prit dès lors un empire absolu sur son amant , et elle employa son crédit pour ses trois frères, Lautrec , le seigneur de Lcscun et le sire d’Asparaut, qu’elle élevait et maintenait aux premières charges militaires , malgré leur malheur et leur mauvaise conduite.

Son mari aurait eu part aussi à ces faveurs, s’il eût préféré l’ambition à l'honneur , mais il refusa obstinément tout ce qui lui fut offert comme un dédommagement de l’adultère public de sa femme. Celle-ci continuait pourtant à lui demander pardon d’une faute qu’elle ne pouvait plus désormais s’empêcher de commettre.

Sur pes entrefaites, la bataille de Pavie eut lieu (1525) : le roi y firt fait prisonnier. La comtesse de

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