‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 7 sur 41 · LA COMTESSE DE CHATE AL BRIANT · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CHATE AL BRIANT

Châlcaubriant n’avait plus d’appui : de ses trois frères, l’un était mort à Pavie, l’autre avait perdu la liberté en recouvrant la Navarre , le troisième était confiné en Guyenne. La comtesse revint donc à Châteaubriant se mettre à la merci de son époux outragé.

Ce dernier refusa de la voir et la fit enfermer avec sa fille, âgée de sept ans, dans une chambre dont tout le meuble était en noir : il ^bservait quelquefois les tristes caresses de la mère et de la fille, caché en un lieu où elles ne le voyaient pas.

Ce traitement rie dura qoe six mois : l’enfant mourut , et le comte amena un jour six hommes masqués et deux chirurgiens, qui saignèrent la comtesse aux bras et aux jambes, et la laissèrent mourir en cet état.

Le roi avait l’intention de faire une justice exemplaire des assassins ; mais une nouvelle maîtresse , Anne de Pisseleu , dite Heilly, avait déjà remplacé la comtesse de Châteaubriant, que François P** oublia de venger.

Le comte s’était réfugié en pays étranger, où il resta tant que la maison de Foix eut assez de pouvoir pour lui nuire. Quand le connétable de Montmorency, son parent, fut bien établi dans la faveur royale, le comte exilé eut recours à ce seigneur pour avoir des lettres d’^ibolition, et il lui proposa une donation entre-^ifs, pour qu'il le tirât d’affaire. Montmorency aima mieux acquérir la terre de Châleaubriant par cette voie que par celle de la confiscation,

qui l'aurait engagé à des démêlés éternels qvcc la maison de Laval.

L’erreur la plus patente de ce récit est la date de l’année 152G, que Varilias assigne à la mort de la comtesse, qui mourut le 16 octobre 1537, comme nous l’apprend l’épitaphe qu’on lisait sur son tombeau dans l’église du couvent des Matburius de Cbûteaubriant.

Il y a, en outre, beaucoup de vague et de romanesque dans cette narration , qui ne mentionne pas seulement les noms du comte et de sa femnie ; mais Varilias évitait de donner à l’histoire un caractère grave et aride : il ne cherchait qu’à plaire, sans s’inquiéter d’être e.vact et impartial.

L’épisode de la comtesse de Chàteaubriant donna une telle vogue à Y Histoire de François /", publiée in-4“ en 1685 , que plusieurs éditions de cet ouvrage p’épuisèrent pas l’intérêt et la pitié qui s’étaient attachés aux malheurs faux ou véritables de la maitresse de François I".

Ce fut en vain que le savant Pierre Hévin , dans une lettre à M. de Nointcl, maître des requêtes, envoyé en Bretagne depuis l’année 1679 (in-8° de 60 pages, imprinaé en 1686), réfuta d’une manière victorieuse certaines assertions de Varilias, que cet historien n’eùt pas mêtne pu défendre : Hévin réussit à prouver que la mort de la comtesse n’avait point eu lieu en 1526; mais il ne proqva nullement que cette mort, arrivée en 1537, fût naturelle, et il ne ponvainquit personne de la vertu conjugale de madame de Chàleaubriant , quoiqu’il eût à cœur de

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