‹ Curiosites de l'histoire de France proces celebreChapitre 8 sur 41 · LA COMTESSE DE CH ATE AU B RIANT · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE CH ATE AU B RIANT

démontrer que François n'avait jamais entretenu des amours inceshieuses ni même un engagement illégitime !

La tradition , conservée en Bretagne et dans les anciennes familles de la cour, eut plus de poids que les raisonnements et les paradoxes de l’avocat Huvin : la comtesse prit rang parmi les maîtresses connues de François 1", et le comte passa généralement pour le meurtrier de sa femme.

Un écrivain breton, Pierre de Lescomcl, qui s’est essayé dans différents genres de littérature avec une égale obscurité, allongea en roman l’épisode historique et suivit pas à pas le récit de Varillas , en y faisant entrer des dialogues prétentieux et galants, é l’imitation de mademoiselle de Scudéry, que les critiques de Boileau n’avaient pas encore dépopularisée.

Lesconvel cependant avait pu recueillir en Bretagne quelques particularités que la tradition lui apprit, et qui sont en effet assez vraisembablcs pour qu’on y ajoute foi , d’autant plus que les preuves ne manquent pas h certains faits avancés par le romancier.

11 raconte que le comte de Châteaiibriant s’était lié d’amitié avec Lautrec, au convoi de la reine Anne de Bretagne, en 1514; qu’ils portaient l’un et l’autre les coins du poêle, et que cette amitié avait engagé le comte à épouser la sœur de Lautrec, la belle Françoise de Foix, qui n’apportait en dot que les qualités les plus rares du cœur et de l’esprit.

Lesconvel fait de cette dame un portrait qui répond à peu prés aux indications éparses que nous

avons rassemblées, et qui ne parait pas avoir été tracé en l’air, sans aucune connaissance de l’original : peut-être existait-il à Châteaubriant une vieille toile du Titien ou de Léonard de Vinci, sur laquelle revivait la gracieuse figure de Françoise de Foix ; en tout cas , sa statue de marbre blanc était encore dans l’église du couvent des Mathurins , où ■elle fut enterrée.

Lcsconvcl suit la marche lente de la passion de François P’’ pour la comtesse , que la retraite de son mari et l’éloignement de ses trois frères ont laissée sans défense contre lés séductions enivrantes d’un amant aimé, d’un roi jeune, bien fait, aimable, magnifique.

Mais le roi , étonné de la résistance qu’on lui oppose, s’imagine qu’un autre est plus favorisé, tandis que Françoise de Foix , qui n’est point insensible , en dépit de ses efforts de fidélité conjugale, se persuade en gémissant que mademoiselle d’Orval lui est pré- . féréc ; enfin les deux amants parviennent à se convaincre mutuellement de leur erreur et de leur amour.

Aloçs la mère de François 1", madame d’Angoulême , « qui n’ignorait pas le pouvoir qu’avait madame de Châteaub riant sur l’esprit du roi , cherchait toutes sortes d’occasions de la lui rendre suspecte, de peur que la comtesse ne partageât avec elle l’autorité et l’administration des affaires : elle crut qu’en empêchant ses frères de réussir, leur perte rejaillirait sur leur sœur. »

En conséquence, elle s’empara de 300,000 écus destinés à soutenir la guerre en Italie, et Lautrec,

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