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Lecons à la Facullé des sciences, en

La fréquence de la respiration.

Les inspirations sont plus nombreuses chez les espèces inférieures que chez les espèces supérieures. À égalité de taille, le carnassier respire moins vite que chez l’herbivore. Le lapin, à taille égale, respire plus fréquemment que le chien (Paul Bert). Les petites espèces de poissons, d'oiseaux et de mammifères respirent plus fréquemment que les grandes. Un condor respire 6 fois par minute, et un moineau 90 fois. Un rhinocéros a 6 inspirations par minute, et un rat 210. Le nombre des mouvements respiratoires est en rapport inverse avec la taille, mais seulement dans un même groupe zoologique (P. Bert). Les animaux d’une

même classe ont une respiration d’autant plus active que leur taille est plus petite (Longet). Le nombre des respirations est en raison inverse de l’absorption d'oxygène; aussi les oiseaux respirent-ils plus lentement que les mammifères à taille égale. Un moineau respire 90 fois, et une souris plus de 200.

Voici quelques chiffres à l’appui des considérations qui précèdent : baleine, 4 à 5 inspirations par minute (Scoresby); rhinocéros, 6 (Bert); girafe, 8 à 10 (Colin); cheval, dromadaire, 10 (Colin); jaguar, 11; lion, 12 (Bert); panthère, 13; vautour, mouton, 15; bœuf, 15 ou 18; chien, 15; cerf, chacal, 17; homme, 18; Macaque, 19 (Bert); lama, alpaca, 20; antilope, 22; buffle de Valachie, 23; chat, 24; furet, poulpe, 28 (Bert) ; colombe, anguille, 30 (Bert) ; lapin, 55; perruche ondulée, 60; écureuil de Caroline, lamproie, 70; moineau franc, 99; serin, 200; rat, 210.

G. DELAUNAY ‘

1, Études de Bivlogie Comparée, 2° partie, 1879, p. 55. Lecrosnier.

Un homme qui ne peut aimer la musique.

L’anomalie désignée sous le nom de Daltonisme, ou cécité des couleurs, a depuis longtemps attiré l’attention des physiologistes; mais l’anomalie correspondante, affectant les organes de l’audition, n’a encore été l’objet d’aucune étude. Des observations détaillées de M. Grant Allen ont été faites sur un jeune homme qui présentait cette anomalie, désignée par l’auteur sous le nom de Vote deafness (surdité des notes) à un degré très prononcé. Le sujet est un jeune homme de trente ans, instruit, très apte à répondre à toutes les questions qui entrainent des considérations psychologiques et physiologiques.

Lorsqu'on fait rendre au piano deux notes voisines quelconques, il est incapable de percevoir entre elles aucune différence, même avec la plus grande attention, et les considère comme identiques. Si le piano rend en même temps deux notes qui se suivent, par exemple do et ré, il est incapable de distinguer le désaccord produit par cette union. Il ne peut même pas établir de distinction entre do et mi ou do et sol; il ne distingue que les notes différant d’une octave ou davantage. Lorsqu'on joue une gamme, il éprouve l'impression d’une série de tons se confondant les uns avec les autres et ne peut distinguer aucun d’eux.

On apprendra sans surprise que le sujet de ces expériences ayant essayé pendant son enfance d’apprendre la musique était considéré comme incorrigible. Ses dispositions actuelles pour cet art sont très singulières. Lorsqu'on peut le décider à chanter le

1. Ainsi désigné d’après le physicien anglais Dalton, atteint de cette singulière infirmité dans laquelle la distinction des différentes couleurs est imparfaite ou nulle.

God Save the Queen, il le fait à l’aide d’une série de notes qui ne répondent en rien à celles de l’art réel. Il n'est nullement dépourvu de la faculté ordinaire d’audition; il perçoit les sons élevés et bas comme tout le monde et son oreille jouit d’une sensibilité inusitée au bruit que fait une montre. Il est sensible au rythme, et reconnait beaucoup d’airs d'après la mesure seule, et cela même lorsqu'on les joue tout à fait en dehors du ton. Il éprouve même du plaisir à entendre certains airs purement rythmiques comme beaucoup d'opéras bouffes et de vieux chœurs anglais, mais ces airs lui plaisent également lorsqu'on leur applique des notes tout à fait étrangères à leur véritable composition. Il est susceptible de reconnaitre dans une certaine mesure l'expression générale d’un morceau de musique, la gaieté, la tendresse, la force ou la majesté, mais il est surtout guidé en cela par la rapidité relative de la mesure.

Dans les conditions ordinaires, il est tout à fait indifférent à la musique et n'en a même pas conscience ; il peut poursuivre un travail intellectuel sans être troublé par les chanteurs ambulants ou les orgues de Barbarie !; mais, s’il est obligé d’assister à un concert ou à un office avec chœurs, la musique lui devient absolument intolérable et lui cause un ennui insupportable.

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