Revue Scientifique du 4 septembre
met masculin que le mot n’a même pas de féminin.
Sur le sens de l’odorat, enfin, des expériences intéressantes et concluantes ont été faites, aux États- Unis, par MM. Nichols et Bailey, qui en ont.rendu compte à l’Association américaine pour l'avancement des sciences.
Ces deux physiologistes avaient choisi un certain nombre de substances fortement odorantes, telles que l'essence de girofle, l'extrait d’ail, l'acide prussique #, le cyanure de potassium, etc.
Une quantité déterminée de chacune de ces substances ayant été diluée dans l’eau, une série de flacons était préparée de telle sorte que le premier contenant, par exemple, un centigramme d'extrait d'ail pour un litre d’eau, la seconde solution fut moitié moins forte que la première, la troisième moitié moins forte que la seconde, et ainsi de suite jusqu'à disparition complète de l’odeur alliacée dans la dernière dilution. La série une fois complète pour chaque odeur, les flacons, numérotés en dessous, étaient mêlés, et on invitait chaque sujet à les replacer dans l’ordre naturel, en se guidant uniquement par l’odorat. Ce dispositif, très simple, à d'abord fait constater de prodigieuses différences dans la sensibilité de l’odorat, selon les individus.
C'est ainsi que trois sujets masculins ont été reconnus Capables de reconnaître l'acide prussique dilué dans deux millions de fois son poids d'eau — proportion infinitésimale que l'analyse chimique la plus délicate ne révèle plus. D’autres, au contraire, ne
1. Ou acide cyanhydrique, l’un des plus violents poisons qui existent : deux gouttes — peut-être moins — suffisent à tuer un homme. C'est cet acide qui donne aux noyaux de pêches et d'abricots, ete., leur odeur caractéristique. Le cyanure de potassium est une combinaison d'acide prussique et de potassium : c'est aussi un poison des plus violents.
sentaient plus l'acide prussique à la troisième ou quatrième dilution.
Mais le résultat le plus curieux de ces expériences a été d'établir la grande différence qui existe entre les deux sexes pour la finesse de l’odorat. Elles ont porté sur 44 hommes et 58 femmes de toutes conditions, et permettent de conclure qu'en moyenne l’odorat des hommes est deux fois plus fin que celui des femmes.
L'acide prussique, par exemple, cessait d’être senti par toutes les femmes sans exception dans vingt mille fois son poids d’eau, tandis que la plupart des hommes la reconnaissaient dans cent mille fois ce poids. ;
L’essence de citron, sentie par les hommes dans deux cent mille fois son poids d’eau, n’était reconnue par les femmes que jusqu’à la dilution précédente, c’est-à-dire plus forte du double. Même résultat pour l'ail et pour les autres odeurs. Il y a évidemment là une loi générale, et cette loi va directement contre l'opinion, très répandue, qui attribue aux femmes une finesse particulière d’odorat, en se basant sur leur goût marqué pour les parfums.
Ce goût provient très vraisemblablement, au contraire, de ce qu’elles sentent moins que les hommes, et sont, par conséquent, moins sujettes à en être incommodées.
HENRY DE VARIGNY !
Quelques chiftres sur la durée de la vie des animaux.
La durée de la vie des différents animaux est très variable. — Les chiffres qui suivent le démontrent